Brokeback Mountain Forum @ ennisjack.com

The Movie & Story => News Coverage, Reviews & Awards => Topic started by: chameau on Jan 14, 2006, 05:08 PM

Title: French reviews
Post by: chameau on Jan 14, 2006, 05:08 PM
Brokeback Mountain got very good reviews here in Quebec.

After discussing this matter with Ethan, he agreed I shall add this new topic.  I will be posting some reviews in French and will look to the new ones after the release in Europe.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 14, 2006, 05:17 PM
Here we go, this is from Montreal's La Presse.  The most influent French newspaper in Canada.

Le samedi 17 décembre 2005

 
CINÉMA

Brokeback Mountain : magistral...

Marc-André Lussier

La Presse


Les deux protagonistes de Brokeback Mountain parlent peu. Ennis Del Mar (Heath Ledger) surtout. Quand il ouvre la bouche, c'est par pure nécessité. Et ça sort un peu tout croche, en marmonnant des mots qui, souvent, trébuchent avant même d'arriver à bon port. Dans le Wyoming profond du début des années 60, un cow-boy comme Ennis n'a pas le vocabulaire pour exprimer l'inexprimable, encore moins pour mettre des mots sur l'étrange pulsion- complètement inattendue- qui le ronge de l'intérieur. C'est cette impuissance, cette histoire d'amour sans nom qui est au coeur du film magistral que le cinéaste Ang Lee vient de tirer de la courte nouvelle d'Annie Proulx.

Écrit par Diana Ossana et Larry McMurtry, un grand spécialiste de la culture " western ", le scénario s'attarde à décrire les rapports particuliers qu'entretiendront Ennis et son ami Jack Twist (Jake Gyllenhaal) pendant une vingtaine d'années. Embauchés pour surveiller pendant toute une saison un troupeau de moutons dans un endroit retiré, nommé Brokeback Mountain, les deux jeunes hommes vaquent d'abord à leurs occupations de façon indépendante. Le patron (Randy Quaid) n'avait-il d'ailleurs pas exigé que l'un fasse le guet pendant que l'autre dort?

Puis, un soir, alors que la nuit est beaucoup trop froide pour rester à l'extérieur, les deux hommes se réchauffent et se rapprochent. Leur premier rapport sexuel est d'ailleurs plus le résultat d'une empoignade que d'une tentative de séduction. Ennis et Jack conviendront d'ailleurs rapidement de faire comme si ce " moment d'égarement " n'avait jamais eu lieu. Ils reprendront leur vie " normale " dès la saison terminée. Ennis mariera une brave fille, fondera une famille, et Jack en fera de même dans son lointain Texas.

Or, et c'est là où le récit dépasse la simple dimension sexuelle, le souvenir de ce qui s'est passé à Brokeback Mountain- et les sentiments inavouables qui y sont liés- rongera les deux hommes de l'intérieur. Ils ne pourront d'ailleurs faire autrement que de se donner ponctuellement rendez-vous au fil des ans- officiellement pour un " voyage de pêche "- au seul endroit où ils se sentent en sécurité: là où a commencé leur histoire commune.

L'idée qu'ils se font de leur liaison, pour peu qu'ils en discutent, n'est pourtant pas la même. Jack, le plus extraverti, se serait bien vu diriger un ranch en compagnie de son ami. Pour Ennis, qui est hanté par une histoire atroce que lui a racontée son père à propos de deux vieux cow-boys qui vivaient ensemble, il n'est absolument pas question de faire le moindre arrangement en ce sens. Ni de laisser planer le moindre soupçon en société.

La grande réussite de Ang Lee (The Ice Storm, Tigre et Dragon) est d'avoir su révéler l'aspect dramatique de cette histoire avec sobriété, intelligence et subtilité. La charge émotionnelle du récit se nourrit progressivement du sentiment de gâchis que recèle cette histoire. Qui fait non seulement écho au caractère étouffant d'un sentiment qui ne peut s'épanouir, mais aussi aux drames que vivent en parallèle les personnages périphériques. À cet égard, on soulignera ici les présences vibrantes de Michelle Williams et Anne Hathaway, de même que celle de Roberta Maxwell, fort émouvante dans le rôle de la mère de Jack.

Heath Ledger et Jake Gyllenhaal offrent évidemment de formidables prestations, mais il convient aussi de célébrer avant tout la remarquable réalisation de Ang Lee. Qui- fait très rare- enrichit de sa vision la courte nouvelle d'Annie Proulx, y ajoutant une dimension mythique qui donne au drame un caractère encore plus déchirant. Car Brokeback Mountain, c'est cela avant tout: une histoire d'amour bouleversante qui, en principe, devrait vous nouer la gorge. N'y a-t-il pas plus tragique en ce monde que de passer à côté de l'amour de sa vie?

_______________

****1/2
Brokeback Mountain

Drame de Ang Lee. Avec Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams, Anne Hathaway. 2 h 14.

Au Wyoming en 1963, deux jeunes hommes, embauchés pour surveiller un troupeau de moutons, développent une liaison amoureuse.

Une histoire d'amour déchirante, mise en images avec intelligence et subtilité.






Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 14, 2006, 05:20 PM
This one is from Voir an important free cultural hebdo:

 

15 décembre 2005
Brokeback Mountain

Mon bel amour, ma déchirure
Manon Dumais
 
Ang Lee: "Il est ironique que le film soit entouré d'une bonne rumeur dans un pays où l'homophobie est très forte... On verra bien si le film y changera quelque chose."
 
Étiqueté à tort "western gay", Brokeback Mountain raconte la bouleversante histoire d'amour entre un cow-boy introverti et un gars de rodéo romantique dans les décors paradisiaques du Wyoming. Tête-à-tête avec le brillant réalisateur Ang Lee, qui partage ses impressions sur l'Amérique, l'amour et l'homophobie.

Lauréat du Lion d'or à Venise et en lice pour sept Golden Globes, Brokeback Mountain d'Ang Lee séduit tout sur son passage. Et pour cause. Celui à qui certains ne pardonnent pas encore son flirt avec Hulk, est de retour avec une œuvre d'une grande force, du même calibre que The Ice Storm, dans laquelle s'illustre avec réalisme l'Amérique. En fait, une vision plus réaliste que l'on retrouve chez la plupart des cinéastes américains. Une vision toutefois dénuée de jugement de la part de Lee, qui vit aux États-Unis depuis 1978.
De confier le réalisateur taïwanais, rencontré lors d'un voyage de presse à New York: "C'est dur parfois de ne pas porter un jugement, parce que si c'était le cas, ça pourrait être sévère. Il est parfois difficile d'accepter la critique. (rire) Je crois que ce que l'on voit au cinéma américain est cliché; lorsque l'on vient de l'extérieur, on ressent une certaine pression, comme si on n'avait pas le choix de présenter une vision authentique de l'Amérique. Il faut donc être humble, faire ses recherches et s'assurer que tout ce que l'on présente respecte la réalité."

Respect de la réalité, mais respect de l'œuvre aussi, car au départ, Brokeback Mountain est une nouvelle d'Annie Proulx, publiée dans le New Yorker en 1997. Un texte descriptif, précis, un style dépouillé d'où émane en toute subtilité le sentiment amoureux qui torture Ennis Del Mar (Heath Ledger, excellent), cow-boy introverti ayant été témoin 
d'un crime homophobe durant sa jeunesse, envers Jack Twist (Jake Gyllenhaal, très solide), un gars de rodéo romantique qui tentera durant plus de 20 ans de le convaincre de vivre leur amour au grand jour.

Cette subtilité des émotions, nous la retrouvons d'abord grâce au formidable scénario de Larry McMurtry et Diana Ossana qui ont saisi l'essence de la nouvelle sans la trahir, allant jusqu'à étoffer avec bonheur les personnages féminins, dont Alma, malheureuse épouse d'Ennis que campe avec une sensibilité remarquable Michelle Williams. Vient ensuite la touche d'Ang Lee qui, en donnant vie à une histoire qui n'est pas sienne, signe une envoûtante œuvre personnelle dans laquelle se reconnaît la finesse d'observation du réalisateur de Sense and Sensibility.

Lee poursuit: "Je n'ai pas discuté avec Annie Proulx à propos des motivations des personnages; ce qui l'intéressait surtout, c'était de s'assurer comment allait être présentés le Wyoming et le fait d'y être gay. Pour moi, la nouvelle et le scénario en disaient déjà beaucoup, je ne ressentais donc pas le besoin d'analyser le récit avec les auteurs. J'avais envie de découvrir tout par moi-même. Évidemment, pour les acteurs, c'est différent, ils posent des questions. Je leur ai fait part de mes impressions, mais je ne voulais pas tout leur dévoiler parce que je voulais qu'ils trouvent par eux-mêmes et que leurs doutes servent aux personnages."

Beaucoup d'encre a coulé due au fait que deux acteurs hétéros incarnent un couple gay, mais peu ont relevé que Lee n'en était pas à son premier récit gay - rappelons-nous The Wedding Banquet. L'impact dans la carrière d'un réalisateur serait-il moins grand? Lui-même hétérosexuel, Lee avoue:

"Pour un acteur, il est évidemment risqué d'incarner un personnage gay, car son image et le jugement du public sont importants pour lui; pour un réalisateur, c'est différent puisqu'il est derrière la caméra, donc à l'abri des préjugés. En fait, un réalisateur n'a pas de problème d'image. Pour ma part, je ne pense pas avoir eu ce problème d'être catalogué gay parce que je n'ai pas que raconté des histoires gays. Il est vrai que j'ai dit que je tirais plus de jus d'une histoire gay parce que cela représentait un grand défi pour la société, mais au fond, ce qui m'intéresse, c'est de raconter des histoires et ce qui m'a touché dans Brokeback Mountain, c'est la force du sentiment amoureux."

Sans doute l'une des plus belles - et plus tristes - histoires d'amour à avoir vu le jour au grand écran, Brokeback Mountain n'est pas à proprement dit un western, mais grâce à la superbe photo de Rodrigo Pietro (Amores Perros) et à la musique aux accents mélancoliques de Gustavo Santaolalla (The Motorcycle Diaries), une certaine nostalgie de l'Ouest se fait sentir. Bien que porté par une excellente rumeur, certains hésitent encore à l'idée de voir deux cow-boys s'embrasser à bouche que veux-tu: "Il est ironique que le film soit entouré d'une bonne rumeur dans un pays où l'homophobie est très forte... On verra bien si le film y changera quelque chose." Souhaitons que plusieurs laissent leurs préjugés au vestiaire afin de se laisser emporter par l'un des plus grands films de l'année.

 
 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 14, 2006, 05:24 PM
Anyone could post their personal review on canoe.qc.ca:  this is the link: 

http://www2.canoe.com/cinema/fiche/film/101886.html

This is one of the best:

SOUVENIRS IMMORTELS - Les Souvenirs de Brokeback Mountain seront immortels dans la mémoire d'Ennis et dans celle de tous ceux qui auront vu ce chef-d'oeuvre qui se compare aux grandes tragédies grecques antiques et à celles du théâtre de Shakespeare, Corneille et Racine. La beauté des sentiments qu'éprouvent Jack et Ennis l'un pour l'autre n'a d'égal que la beauté insaisissable des paysages mise en valeur par une direction de la photographie exceptionnelle. La fin tragique de Jack n'est pas sans nous rappeler celle toute aussi tragique de Mathew Sheperd, survenue quelques années après l'écriture de la nouvelle d'Annie Proulx. Heath Ledger est un grand acteur qui nous transmet les émotions de son personnage par ses silences, son regard, ses gestes et les expressions de son visage. Sa nomination aux Golden Globes est amplement méritée et encore plus, il devrait être mis en nomination pour un Oscar qu'il mérite également. Bokeback Mountain m'a bouleversé et ému.
10/10
01-01-2006   - Denis Racine   - âge :(50+)
Title: French review + translation
Post by: *Froggy* on Jan 14, 2006, 05:26 PM
http://www.excessif.com/news.php?13109&detailsvotes=

Lion d'or au dernier festival de Venise, Brokeback Mountain d'Ang Lee conte l'histoire d'amour intense et torride entre deux cow-boys (Jake Gyllenhall et Heath Ledger) et capte la vie au-delà des mots. Incontestablement, on tient avec ce formidable film l'un des événements de début 2006.

(http://www.excessif.com/imagescrit/brokebackmountainpic01.jpg)

BROKEBACK MOUNTAIN
Un film d'Ang Lee
Avec Jake Gyllenhaal, Heath Ledger, Michelle Williams
Film américain.
Durée : 2h 14min.

L'histoire de deux hommes, un homme de main d'un ranch et un cowboy de rodéo, qui se rencontrent lors de l'été 1961 au Wyoming. Les deux hommes développeront une longue amitié qui se transformera en amour entrecoupée d'embrouilles, d'événements heureux et de tragédies. Une relation qui durera 20 ans dans une Amérique rurale et intolérante.

Sur le papier, "la passion vécue par deux hommes, un propriétaire de ranch et un spécialiste du rodéo, qui se rencontrent à l'été 1961 entre le Wyoming et le Texas". Hâtivement présenté comme un western gay, avec un synopsis qui peut à sa simple lecture susciter la moquerie bêtasse, Brokeback Mountain est en réalité un film extrêmement viscéral. L’impression qu’il provoque est d’autant plus forte que l'on ne s’attend pas à être autant bouleversé par une histoire d’amour, a priori anodine et qui en fait confine au sublime. Alors que pendant toute la première partie, on a l’impression que le scénario dynamite les us et coutumes d’un genre balisé (le western), on se rend compte très vite que la suite raconte une toute autre histoire : celle d’un amour qui ne s’est jamais fini, d'une caresse indicible qui a suscité de multiples charivaris intérieurs, de sentiments de lâcheté vis-à-vis de la morale bien pensante, d’étreintes violentes qui trahissent l’absence, l’attente ou le désir, et surtout le refoulement des pulsions. Au bout de ces bobines, on est floués. Floués par l’élégance suprême de cet empire des sens qui en dit long par le simple pouvoir de la suggestion, sans avoir le moindre recours à la pénible démonstration.

Premièrement, et c’est un immense atout, le film semble témoigner un mépris radical pour les étiquettes. D'où le pari casse-gueule : dans quel sens considérer ou prendre le film ? A cette question, Ang Lee, cinéaste définitivement surprenant (c’est peut-être son meilleur film), a le bon goût de ne pas répondre. Précisément, il recherche ici à travers une forme a priori obsolète un moyen de décortiquer une société phagocytée par les apparences et l’uniformité. Le seul film récent qui ait réussi cette même gageure est Loin du Paradis (Todd Haynes, 2003) qui scrutait sous les multiples sourires de son héroïne la détresse absolue des frustrations. En creux, Haynes donnait à réfléchir sur les diktats actuels en même temps qu’il filmait le plus beau et flamboyant des mélodrames à la sauce Douglas Sirk sans tomber dans le pastiche cynique. Brokeback Mountain appartient à cette lignée de films qui parviennent à dynamiter les conventions d'un genre tout en restant subtilement bouleversant. Sous son apparence romanesque, car le film est foncièrement romanesque et romantique, il dit des tonnes de choses fondamentales sur l’existence et balaie avec classe les clichés comme les préjugés. De manière plus pragmatique, le film peut se lire comme une démonstration de l’éclectisme filmique d’Ang Lee, capable d’enchaîner les projets hétéroclites comme pas grand monde avec la même virtuosité. Il aime à s’exprimer dans des registres aussi dissemblables que la comédie (Salé Sucré), le drame intimiste (Ice Storm), le block-buster malade (Hulk), le wu-xia-pian grand public (Tigre et dragon). Quelque part entre Garçon d'honneur, Chevauchée avec le diable et Ice Storm, Brokeback Mountain ressemble à une sorte de western audacieux qui se plaît à ne pas appliquer les bonnes règles et surtout à ne pas raconter la bonne histoire...

Je t'aime, moi non plus

Le film commence dans la nonchalance, la quiétude ambiante pour progressivement devenir le réceptacle des passions. Ang Lee s'attarde sur les prémisses d’une liaison entre deux hommes et dessine de manière remarquablement précise, sans chichis ni fioritures, une relation nouvelle avec son cortège d’œillades enflammées, de gestes maladroits et de détails infinitésimaux qui trahissent l'attirance électrique. C’est le produit d’une attirance réciproque facilitée par l’isolement. Seulement, ce qui aurait dû n’être qu’une passade se révèle très vite un besoin urgent et vital. Désir brûlant de revoir la personne aimée. Petit à petit, les deux hommes réalisent qu’un lien extrême naît entre eux mais que la barrière sociale du conformisme empêche cette relation et l’oblige à être vécue de manière cachée. Quitte à mener sa propre vie à côté, à fonder une famille, à garder le mensonge et à vivre avec ce joug. Histoire de ne pas admettre ce qu'on est intérieurement. La forme joliment illustrée (des paysages sublimement photographiés) ne cache point un cheminement fictionnel classique - même si de classicisme, il en est question ici. En profondeur, tout ce que le réalisateur raconte s’avère d’une intelligence inouïe.

Le soin apporté à la psychologie des personnages (la rudesse animale de Ennis-Heath Ledger ; la sensibilité latente de Jack-Jake Gyllenhall) permet au film d’éviter les pires écueils. Alors que dans d’autres mains (Gus Van Sant et Joel Schumacher étaient paraît-il intéressés par le sujet), le projet aurait certainement été un prétexte pour filmer des éphèbes paumés dans la nature avec de lourdes connotations salaces, Ang Lee impose sa sensibilité à chaque plan, insiste sur l’idée de paradis édénique, à la fois havre de paix et refuge intérieur voire mental pour les personnages, en mettant en résonance deux mondes bien distincts (Jack et Ennis, isolés, perdus dans les immenses paysages rocheux du Wyoming et encerclés par une nature bienveillante ; les deux hommes séparés confrontés aux autres et aux contingences de la vie) et rappelle accessoirement que sensibilité ne rime pas avec sensiblerie.

La preuve, il y a une foultitude de beaux, de très beaux passages. Les regards subrepticement échangés entre les deux hommes lors de leur première rencontre chez le fermier. Cette première fois où Jack propose à Ennis de venir le rejoindre. Ce baiser fougueux lorsque les deux hommes se retrouvent après quatre ans de séparation ardue. Ce moment de soudaine et bouleversante lucidité lorsque Ennis comprend la vérité au sujet de son camarade. Tout est affaire de regards inquiets, amoureux, souvent tristes, de personnages prisonniers de leur condition. Tout est affaire de silences, aussi ; parce qu’on communique mal ou alors on refuse de se parler, de peur de dire ce qu’on pense ou ressent. Les personnages ne voient pas le temps passer (et les ravages que cela peut causer), observent leurs enfants grandir sans savoir l’âge qu’ils ont et surtout se sacrifient sans pouvoir accéder à ce qui restera comme un idéal.

Avec deux acteurs en état de grâce (Jake Gyllenhall et Heath Ledger), choix inattendus et pourtant gagnants, le cinéaste capte l’amour au-delà des mots et met en scène une sublime histoire qui n’autorise pas les larmes de crocodile ni même l’ombre d’une quelconque facilité. Lee exploite toutes les vertus du non-dit et préfère un regard expressif au moindre bavardage. Logique des dispositifs mis en place : il en résulte une œuvre d’une beauté trouble et inouïe qui choisit de se taire pour faire exploser à l’écran le vécu de chacun. Peu importe la sexualité tant le film parle avant tout à tous ceux qui ont connu l'amour et surtout une histoire d'amour qui ne s'est jamais finie. Là où le désir le plus secret le dispute au songe le plus désenchanté. C’est tragique et universel, comme dans le plus beau des westerns.

Romain Le Vern




My translation:

This year’s Golden Lion at the Venice Film Festival, Ang Lee’s Brokeback Mountain tells an intense and torrid love story between two cowboys
(Jake Gyllenhall and Heath Ledger) and describes life beyond words. Undeniably this amazing movie is 2006’s cinematographic event.

BROKEBACK MOUNTAIN
Directed by Ang Lee
With Jake Gyllenhaal, Heath Ledger, Michelle Williams … Anne Hathaway
2h 14min.

The story of two men, a rancher and a rodeo cowboy, who meet during the summer of 1961 in Wyoming. The two men will develop a long friendship which will grow into love intersected with muddles, happy events and tragedies. A relationship which will last 20 years in rural and intolerant America.

On paper, "the passion lived by two men, a ranch owner and a rodeo specialist, who meet in 1961 between Wyoming and Texas". Hastily presented like a gay western, this simple synopsis can be at the origin of stupid mockery, Brokeback Mountain is actually an extremely visceral film. The impression (impact) it causes is all the more powerful as no one expects to be so moved by a love story, apparently light and who in fact turns out to be a magnificent (sublime) one. While the first part of the movie gives the impression that the scenario shatters the habits and customs of a well known genre (westerns), one quickly realizes that the second part tells a very different story: the story of a love which never really ended, of an inexpressible caress which caused multiple interior tumult, of feelings of cowardice towards the “proper” moral obligations, of violent pressures which betray the absence, the waiting or the desire, and especially the repression of impulses. In the end, we are simply captivated. Captivated by the supreme elegance of the direction, that tells more with simple suggestions, than the need to refer to painful demonstration.

Firstly, and it is an immense asset, the film seems to testify a radical contempt for labels. Hence the unlikely bet: which direction should one contemplate or take film? With this question, Ang Lee, a definitively surprising director (it is perhaps his best film), has the good taste not to answer. Precisely, he seeks here, through a form apparently obsolete, a means to decorticate a society depicted by appearances and standardization. The only recent film that achieved to raise the challenge is Far from Heaven (Todd Haynes, 2003) which examined, under the multiple smiles of its heroin, the absolute distress of frustrations. Haynes gave food for thoughts on current diktats at the same time as he filmed most beautiful and flamboyant melodramas in the style of Douglas Sirk, but without falling into a cynical pastiche. Brokeback Mountain belongs to this category of films that manage to dynamite conventions of genre, while in the mean time remaining subtly upsetting. Under its romantic appearances, because the film IS fundamentally romantic and romantic, he tells tons of fundamental things about existence and sweeps, with class, the stereotypes such as prejudices.
In a more pragmatic way, the film can be read as a demonstration of Ang Lee’s cinematic eclecticism, with the ability to carry out heteroclite projects with virtuosity like no one else can. He likes to express himself in registers ranging from comedy (Yin shi nan nu), to drama (Ice Storm), to blockbuster (Hulk), to wu-xia-pian (Crouching Tiger, Hidden Dragon). Somewhere between these movies, Brokeback Mountain seems to be some sort of a daring western, which takes pleasure in not following rules and not telling the good story...

I love you, me either

The film starts in some sort of nonchalance, a quiet atmosphere that gradually becomes the receptacle of passions. Ang Lee lingers on the beginning of a relationship between two men and remarkably draws in a precise way, without fuss nor ornaments, this new relationship which is ignited by burning glances, awkward gestures and small details which betray electric attraction. It is the product of a reciprocal attraction, facilitated by insolation. Only what should have been a passing fancy appears turns quickly into an urgent and vital need. Burning desire to see the loved one again. Gradually, the two men realize that an amazing bond is created between them but that the social barrier of conformity prevents their relationship and forces them to hide it. Even if it means that they have to carry on their own lives on the side, to create a family, to keep lying and to live with this burden. In order to hide what they really are inside. The nicely illustrated form (by the superb photography) does not hide a classic development of fiction - even if classic, it is in question here. In-depth, everything the director portrays proves to be of an astounding intelligence.


The care taken to describe the characters ( the animal roughness of Ennis-Heath Ledger; the latent sensitivity of Jack-Jake Gyllenhall) allows the movie to avoid the worst pitfalls. Whereas on the other hand (Gus Van Sant and Joel Schumacher were apparently interested by the script), the project would certainly have been a pretext to film beautiful young men lost in the nature with heavy ‘dirty’ connotations, Ang Lee imposes his sensitivity to each scene, insists on the idea of hedonistic paradise, at the same time haven of peace and even mental refuge for the characters, by putting in resonance two quite distincts’ worlds (Jack and Ennis, isolated, lost in the vast landscapes of Wyoming and surrounded by a benevolent nature; the two separated men, confronted to others and the eventuality of life) and incidentally points out that sensitivity does not rhyme with sentimentality.
The proof, there is a lot of beauty, very beautiful scenes. Glances quickly exchanged between the two men as they first met. This first time Jack proposes to Ennis to come and join him. This impetuous kiss exchanged as the two men meet again after four years of difficult separation. The moment of sudden and upsetting lucidity when Ennis realises the truth about Jack. All is a matter of anxious glances, in love, often sad, characters captive of their condition. All is a matter of silences, too; because one can communicates badly or then refuses to talk, for fear of saying what one thinks or feels. The characters do not see time pass (and the devastations that it can cause), they observe their children grow, unable to say how old they are and scarifying themselves without being able to reach something that should stay an ideal.
With two actors in a state of grace (Jake Gyllenhall and Heath Ledger), unexpected choices and yet winning ones, the director captures love beyond words and films a sublime story that does not authorize the crocodile tears nor even the shade of an unspecified facility. Lee exploits all the virtues of the unsaid and prefers an expressive glance with less talking. Logic of the strategy: results in a masterpiece of a disturbing and yet astonishing beauty, which chooses to keep silent to convey more life on the screen. The sexuality does not matter so much, since the movie initially talks about those that have known love and especially a love story that never finished. Where the most secret desire disputes the more disenchanted dream. It is tragic and universal, as in the most beautiful western.

Froggy’s translation of Romain Le Vern's article
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 14, 2006, 05:26 PM
This is mine, the one I posted on Canoe.

Brillant, sensible, tragique. Du cinéma très intelligent, déjà pour moi un classique du 7e art. Bravo Ang Lee! De cet excellent scénario dont personne ne voulait, il en a tiré un pur bijou. Bravo à toute l'équipe. Les acteurs sont tous excellents (Heat Ledger est miraculeux), la photographie géniale, la trame sonore simple et très belle. Ce film et sa musique me hantent depuis que je l'ai vu. En passant, çà m'a réconcilié avec la musique country... faut le faire! Le jour où je l'ai vu, miracle... la salle était des plus receuillie et silencieuse, c'est bon signe. Enfin, c'est très réducteur de qualifier ce film de "western gay", allez le voir les yeux et le coeur grand ouverts, à mon humble avis, un grand chef d'oeuvre du cinéma de ce 21e siècle. J'irai le revoir.
10/10
28-12-2005   - Pierre   - âge :(36-49)
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Jan 14, 2006, 05:31 PM
This is mine, the one I posted on Canoe.

Brillant, sensible, tragique. Du cinéma très intelligent, déjà pour moi un classique du 7e art. Bravo Ang Lee! De cet excellent scénario dont personne ne voulait, il en a tiré un pur bijou. Bravo à toute l'équipe. Les acteurs sont tous excellents (Heat Ledger est miraculeux), la photographie géniale, la trame sonore simple et très belle. Ce film et sa musique me hantent depuis que je l'ai vu. En passant, çà m'a réconcilié avec la musique country... faut le faire! Le jour où je l'ai vu, miracle... la salle était des plus receuillie et silencieuse, c'est bon signe. Enfin, c'est très réducteur de qualifier ce film de "western gay", allez le voir les yeux et le coeur grand ouverts, à mon humble avis, un grand chef d'oeuvre du cinéma de ce 21e siècle. J'irai le revoir.
10/10
28-12-2005   - Pierre   - âge :(36-49)

It is indeed a great masterpiece, Ang Lee's I guess...but all thankx to Annie Proulx and the work done to the script!
Thankx for sharing all this Pierre

 :-*
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 14, 2006, 05:32 PM
This one is from "Le Soleil" (The Sun) Quebec City's newspaper:

Le vendredi 23 décembre 2005

 
« BROKEBACK MOUNTAIN »

La conquête de l’Ouest

Gilles Carignan

Le Soleil

C’est ce qui s’appelle rebondir avec grâce. Loin des élucubrations de Hulk, Ang Lee tire son cinéma vers le très haut avec Brokeback Mountain, une romance interdite entre deux cow-boys, dans un Ouest américain aussi vaste qu’étroit. Aussi rare que prodigieux.

Rare, le nouveau Ang Lee l’est par la matière qu’il adresse (une histoire d’amour au masculin), ainsi que le cadre dans lequel il la fait évoluer (l’Ouest mythique des westerns virils). Prodigieux, le film l’est dans sa manière de traiter cette matière, manière à la fois sobre, pudique, suggestive, profonde. Brokeback Mountain est un diamant brut, d’une richesse inouïe.

S’il entraîne le cinéma grand public sur un nouveau terrain, le film n’est pas totalement étranger à certaines œuvres précédentes d’Ang Lee, que ce soit Garçon d’honneur, histoire d’un jeune immigrant qui mène une double vie pour cacher son homosexualité à sa famille, ou d’Ice Storm, autre tragédie contemporaine pénétrante, celle-là sur la banlieue libérale des années 70, cadre opposé à celui de Brokeback Mountain, qui offre un tout autre visage de l’Amérique à une époque similaire.

Le motif central de Brokeback... est le double. Deux hommes, deux temps, deux espaces, deux vies. Les hommes : Jake et Enes (Jake Gyllenhaal et Heath Ledger), jeunes cow-boys sans domicile fixe, engagés un été pour garder les moutons dans un sommet du Wyoming. Premier temps, premier espace : celui de la rencontre, de l’expérience amoureuse, dans le décor à la fois sauvage et bucolique de cette montagne, que les protagonistes ne quitteront jamais tout à fait.

Minutie d’un documentaliste

Ang Lee prend tout son temps pour planter le paysage, une sorte de paradis perdu isolé où deux hommes vont se trouver, loin du regard de la civilisation, qu’ils savent désapprobateur. Ang Lee filme cette idylle au sommet avec la minutie d’un documentariste désirant saisir l’essence d’un lieu. Intelligent, le cinéaste manie aussi fort bien le symbole, et brosse en une scène forte – Jake qui tente de prendre Enes au lasso – toute la nature du drame qui les attend.

Deuxième temps, deuxième espace : la vie après l’amour. C’est lorsque Jake et Enes regagnent le plancher des vaches, après l’idylle, que le film s’ouvre pleinement, en même temps que l’environnement se referme sur les amants et leur secret. L’Ouest de Brokeback Mountain n’est pas le terrain d’un ordre à établir, comme dans le western traditionnel, mais d’un ordre moral puritain à préserver. Dans ce décor conservateur, rigide, homophobe, physiquement si ouvert mais moralement si fermé, l’idylle entre Jake et Enes n’a pas d’avenir. Le second le sait mieux que quiconque. Enfant, il a été témoin du sort que les gardiens de l’« ordre » (en l’occurrence son père) font subir aux hommes qui préfèrent les hommes.

Rompus au destin tracé pour eux, ils se plient donc aux conventions. Jake et Enes prennent femmes, fondent familles, s’établissent. Jusqu’au jour où ils devront se rendre à l’évidence : impossible pour eux de vivre en occultant l’idylle au sommet sans renier ce qu’ils sont.

Brokeback Mountain est donc l’histoire de deux cow-boys qui devront mener une double vie, entre l’obligation d’obéir aux règles conservatrices de leur coin de pays et l’impossibilité de réprimer le sentiment vrai qui les anime. Brokeback Mountain est l’histoire d’un secret, motif cher à Ang Lee.

Si, dans Raison et Sentiments, le cinéaste montrait bien que les mots peuvent être un formidable paravent devant la vérité des émotions, il livre cette fois une œuvre dont la force se décuple dans le non-dit. Dans Brokeback Mountain, se taire est une cruelle nécessité, refuser de voir une manière de sauver les apparences. Que ce soit pour chacun des cow-boys, pris avec un sentiment qui les dépasse, ou pour le monde qui les entoure.

Car il y a plus dans le film que la peinture d’un amour interdit, filmé avec nuance et subtilité, admirablement servi par deux acteurs qui sans un mot parviennent parfaitement à faire sentir le trouble qui les consume (Heath Ledger est suprême). En fait, chaque avenue qu’emprunte Ang Lee ajoute à la richesse de la toile, que ce soit le rapport d’Enes avec son épouse qui a découvert son secret (superbe Michelle Williams), la difficulté de Jake d’assumer son rôle de chef de famille devant son beau-père, le lien qu’Enes développe avec sa fille aînée... La seconde partie du film est une succession de fameux moments de cinéma.

Film de suggestion, de sentiments refoulés, de connivences muettes, de tragédie silencieuse, Brokeback Mountain est l’œuvre d’un cinéaste parvenu à un raffinement sublime dans l’art de peindre en peu de traits des paysages intérieurs riches. Rien de gratuit, d’inutile, de racoleur, de spectaculaire chez Ang Lee. Pas de héros non plus dans cette histoire. Que des hommes qui souffrent de vivre dans un monde trop petit pour eux.

Jake et Enes ne pourront jamais oublier leur montagne. Nous non plus.

Au générique

- TITRE : Souvenirs de Brokeback Mountain (v.f. de Brokeback Mountain)
- GENRE : drame
- RÉALISATEUR : Ang Lee
- ACTEURS : Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams, Anne Hathaway
- SALLES : Beauport, Clap, Sainte-Foy
- CLASSEMENT : 13 ans
- DURÉE : 2 h 15
- COTE : *****

- On aime : la réalisation d’Ang Lee, la performance contenue de Ledger

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 14, 2006, 05:40 PM
Quote
It is indeed a great masterpiece, Ang Lee's I guess...but all thankx to Annie Proulx and the work done to the script!
Thankx for sharing all this Pierre

You're welcome my dearest froggy.  I might take a brake now, got very watery eyes at re-readind the reviews and listening to the CD in the meantime.   :'(

There are some reviews I cannot find, will have to surf the Net to retrieve them
Title: Re: French reviews
Post by: brokebackmountain on Jan 14, 2006, 05:46 PM
Although I don't read French :(, thanks to chameau for providing these reviews and froggy for the useful translation. It definitely helps.  :D
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 14, 2006, 05:53 PM
Quote
Although I don't read French

Believe me these are great reviews, very respectful of Ang Lee's, and all the team that were involved in the making of BBM.  Now The Wings are playing on the CD player.  Cannot help it, i cry!  :'(
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 15, 2006, 09:42 PM
This one is from Radio-Canada (French Canadian Broadcasting Corporation)

Société-nouveauté

Brokeback Mountain
Une critique de Michel Coulombe

L'amour entre deux hommes. Pour certains, le sujet demeure tabou. Pas exactement le style d'Hollywood en tout cas. Qui plus est s'il s'agit de cow-boys. Les cow-boys n'aiment-ils pas que leurs chevaux ?

Aussi cette adaptation d'une nouvelle d'Annie Proulx constitue-t-elle à sa façon une aventure audacieuse. Pas sulfureuse, toutefois. Le cinéaste Ang Lee, pudique, économe, n'a rien d'un Fassbinder.

Sujet universel, traitement original
Dans Brokeback Mountain, deux hommes se rencontrent et se découvrent au cours des longues semaines qu'ils passent seuls au milieu d'un gigantesque troupeau de moutons. Un bonheur partagé qui demeurera leur secret tout au long de leur vie. Un état de grâce qu'ils recréeront de manière épisodique à l'occasion de prétendus voyages de pêche. On fera beaucoup de cas du sexe des deux amants de cette histoire chaque fois qu'on parlera de ce film. Normal. Pourtant le sujet, peu importe qu'il s'agisse de deux hommes, est universel. Les amours impossibles. Ce thème a inspiré bien cinéastes depuis des lunes.

Sujet récurrent
Brokeback Mountain est réalisé par l'insaisissable Ang Lee. On le croit abonné aux sujets asiatiques (The Wedding Banquet), il adapte Jane Austen (Sense and Sensibility). On conclut qu'il fera son nid du côté du film historique (Ride with the Devil), il surprend avec de splendides ballets aériens chinois (Crouching Tiger, Hidden Dragon). On désespère de le voir gâcher son talent au service d'un ridicule superhéros (Hulk), il émeut avec Brokeback Mountain. Si sa polyvalence ne fait pas de doute, reste que des années après The Wedding Banquet, le cinéaste s'intéresse de nouveau l'homosexualité masculine.

Réprobation sociale
Le film de Lee est construit autour du contraste entre la ville et la nature. Entre la vie domestiquée, sans joie, conforme aux attentes de la société, et la liberté, associée à la montagne, à la rivière, au plein air. Entre ces deux mondes, il y a le poids du silence et la menace, l'épée de Damoclès, que représente la réprobation sociale. Aussi, les deux cow-boys interprétés par Jake Gyllenhaal et Heath Ledger, impeccables, apprennent-ils à dissimuler leurs regards derrière leurs Stetson.

Un avenir incertain, une valeur sûre
Brokeback Moutain a remporté Le Lion d'or à Venise. Deviendra-t-il, comme C.R.A.Z.Y. au Québec, un film populaire ou sera-t-il confiné à un public confidentiel ? Difficile de prévoir. Deux choses semblent assurées. Ce film sera dans la course aux Oscars en février prochain. Et il ira droit au coeur de tous ceux qui iront le voir.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 15, 2006, 10:14 PM
Ah!  This is the one I have been looking for.  Very good review from a straight soul.


Des amours interdites
par Stéphanie Nolin 

Brokeback Mountain
vf: Souvenirs de Brokeback Mountain



Brokeback Mountain est un film audacieux dans sa manière de dépeindre le sentiment amoureux comme jamais auparavant. Cette œuvre bouleversante du cinéaste Ang Lee raconte l’amour avec sincérité et sonde les replis mystérieux et inexplorés de l’âme humaine. On y narre l’histoire d’amour singulière, à résonance universelle, de deux hommes dans l'Amérique rurale des années 60 et 70.

Deux cowboys sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain en 1963. À l’abri des regards, sur les flancs de la montagne, leur complicité se mue lentement en un amour aussi passionnel qu’inattendu. Quand vient la fin de la saison, les deux hommes doivent se quitter et faire leur vie. Ennis se marie avec sa fiancée Alma (Michelle Williams), tandis que Jack épouse Lureen (Anne Hathaway). Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour les embraser. Ces deux hommes devront alors vivre avec ce sentiment si beau qui les habite, dans une société qui le condamne.

Cette adaptation cinématographique d’une nouvelle écrite par Annie Proulx en 1997 a mis pas moins de huit ans avant de voir le jour et, indéniablement, la persévérance de ses artisans pour mettre ce film au monde en valait la peine. Brokeback Mountain frappe en plein cœur, chavire, émeut et ouvre les yeux, tout à la fois.

Réalisé avec intelligence et honnêteté par l'éclectique Ang Lee, cette œuvre lyrique est gorgée d’émotions et saura toucher quiconque a connu l’amour. Le talent du réalisateur se matérialise dans chacune des scènes, dans chacun des gestes de ses acteurs : un regard, un silence, une larme. Lee refuse de cantonner ses personnages dans des stéréotypes, tout comme il s’abstient de montrer une société manichéiste. Il ose également dire et montrer, parfois crûment, ce qu’on dissimule habituellement.

La mise en scène épurée laisse toute la place aux acteurs, les non-dits se font plus éloquents que les paroles. Les majestueux paysages rocailleux de l’Alberta accolés aux vastes étendues poussiéreuses du Wyoming et du Texas font échos aux états d’âme des personnages. Lee joue habillement avec les contrastes, notamment entre la liberté que procure chacun des moments passés à Brokeback Mountain opposée à l’inconfort de la vie au sein d’une société répressive.

Brokeback Mountain met en scène deux interprètes prodigieux, au sommet de leur art et éblouissants de justesse et de sensibilité. Impeccablement dirigés, ceux-ci offrent plusieurs moments fort touchants. Heath Ledger, particulièrement, incarne avec une surprenante retenue un personnage sibyllin, tourmenté par le désir qui le hante. Jake Gyllenhaal et Michelle Williams sont également troublants de vérité.

Si la démarche peut sembler audacieuse et le sujet scabreux, Brokeback Mountain met avant tout en lumière un thème universel, celui de l’amour impossible. Le réalisateur prend à contre-pied les clichés et les préjugés pour nous offrir ce récit épique renversant, à la charge émotive explosive, campé dans des paysages d'une rare beauté. Un film, tout en poésie, qui mérite certainement toute notre attention et qui ne laissera personne de glace. Une bonne occasion de mettre ses préjugés de côté...


 lecinema.ca a aimé :
Cette oeuvre magistrale en entier, campée dans des paysages majestueux et portée par une distribution exemplaire
Le brillant scénario de Larry McMurtry et Diana Ossana
La direction-photo, lyrique, de Rodrigo Pietro 
 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 16, 2006, 05:27 PM
Reviews from France are starting to come out.  At first glance these are stellar reviews.  Stay tuned. I will add them when they become available.
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Jan 17, 2006, 02:36 PM
"Le Secret de Brokeback Mountain" : à l'Ouest, un amour impossible
LE MONDE | 17.01.06
[/u]

On peut aller voir le film Brokeback Mountain avec, à l'esprit, cette étiquette collée bien avant sa sortie : un western gay. Mais il vaut mieux regarder l'affiche et le titre qu'a choisi le distributeur français, pour une fois plutôt inspiré : chez nous, Brokeback Mountain — qui désigne un coin du Wyoming — est précédé des mots : Le Secret. Un secret ce peut être un mystère, mais ici les spectateurs en sont les détenteurs dès les premières séquences.

C'est surtout un fardeau, et le beau film d'Ang Lee est tout entier consacré à ce poids que doivent porter Jack Twist (Jake Gyllenhaal) et Ennis Del Mar (Heath Ledger), toute une vie durant. Ils sont âgés de 20 ans quand ils se rencontrent dans une ville de l'Ouest américain, faite de quelques maisons au croisement de deux routes, en 1963. Ennis est arrivé en stop, Jack dans un pick-up prêt à rendre l'âme. Sur le parking, devant un bureau fermé, ils s'observent, ils sont là dans l'espoir d'être embauchés pour garder les moutons qui iront paître sur les terres du parc national voisin. Le récit de cet estivage (le terme est à prendre avec précaution, puisque la saison sera marquée par une tempête de neige) est à la fois le paroxysme du film et son prélude.

Sur le parking, Ang Lee a filmé les deux jeunes gens avec attention, détachant les regards subreptices, les interrogations muettes, esquissant les deux caractères : Jack Twist extraverti, sûr de son charme, Ennis Del Mar mutique, tentant à toute force de ne rien laisser transparaître de ses désirs et de sa séduction. Une fois arrivés dans la montagne, Ang Lee compose un poème à la gloire de l'amour qui naît entre les deux bergers, ce qui correspond très exactement à la définition que le dictionnaire donne de l'"idylle". Du moment où Jack détourne par un effort surhumain de volonté son regard du corps d'Ennis qui se lave devant lui à la première nuit d'amour, Ang Lee égrène des moments avec une solennité un peu sentimentale, magnifiée par la splendeur naturelle qui entoure les deux jeunes gens.

LA VOIE DE LA DÉNÉGATION

Cette recherche de la belle image peut agacer un temps, mais cette accumulation primitive de beauté prendra un sens de plus en plus poignant au fur et à mesure que le film avancera. C'est que le secret de Brokeback Mountain n'en est pas vraiment un. Le rancher qui a embauché les deux jeunes gens a surpris leurs ébats et les congédie plus vite que prévu ; et la saison d'après, il refuse de les reprendre. On en est à peu près au tiers du film, et c'est à ce moment qu'il commence vraiment : ce sera le récit de deux vies qui ressemblent à des agonies, vécues dans le souvenir et le regret que ravivent périodiquement les retrouvailles entre Jack et Ennis. Chacun de son côté les deux hommes se marient, ont des enfants.

Délicatement et précisément utilisés par le metteur en scène, le maquillage des acteurs, la transformation des intérieurs (les télévisions prennent des couleurs, les voitures changent d'apparence) marquent le passage du temps. Mais ces indications ne sont que les accessoires du formidable travail des deux acteurs. Jake Gyllenhaal fait de son personnage un rebelle toujours au bord du geste décisif et remettant sans cesse le moment où il faudra l'accomplir.

Après avoir quitté Ennis, il gagne chichement sa vie dans les rodéos, et épouse la fille (Anne Hathaway, surprenante) d'un riche homme d'affaires de la région. Méprisé par son beau-père, ignoré par sa femme, c'est probablement dans ces dernières séquences, alors qu'il incarne un quadragénaire, qu'il est le plus touchant. Heath Ledger est peut-être encore plus impressionnant : dès les premières séquences, Ennis emprunte la voie de la dénégation : "Je ne suis pas pédé" (I ain't no queer), dit-il après la première nuit d'amour. C'est lui qui s'attache le plus consciencieusement — avec les conséquences les plus tragiques — à construire un foyer (dans le rôle de son épouse, Michelle Williams tirerait des larmes à une pierre), c'est lui qui oppose aux rêves de Jack les raisons de la réalité.

Ang Lee se tient à la juste distance pour ne pas se précipiter dans la dénonciation : il ne cache rien de la violence homophobe qui entoure ses deux personnages ; mais Jack et Ennis sont comme tous les amants, et cette histoire d'amour finira mal comme toutes les autres parce qu'elle porte en elle les germes de sa destruction. Et c'est dans cette universalité que l'on trouvera une éventuelle portée sociale et politique à ce qui est d'abord un beau film, grave et déchirant.

NB:

Interdiction. Aux Etats-Unis, Brokeback Mountain a reçu la classification "R", qui l'interdit aux mineurs de 17 ans non accompagnés pour "sexualité, nudité, langage et quelques scènes de violence". C'est la même classification que le Munich, de Steven Spielberg, ou Match Point, de Woody Allen. Depuis la sortie du film aux Etats-Unis, le 16 décembre 2005, seul un cinéma, à Salt Lake City (Utah), a refusé de le projeter.

Box office. A ce jour, Brokeback Mountain a rapporté 30,8 millions de dollars (pour un budget estimé à 14 millions de dollars). La publication professionnelle Variety note, dans un article du 15 janvier, que le film progresse vigoureusement dans des villes moyennes comme Columbia dans le Missouri, Shreveport en Louisiane ou Sioux Falls dans le Dakota du Sud, démontrant ainsi qu'il n'a pas besoin de la présence d'une importante communauté gay pour rencontrer un public. La suite de sa carrière dépend maintenant de sa réussite dans la course aux Oscars.

will translate soon
Title: Re: French reviews
Post by: Toadily on Jan 17, 2006, 03:31 PM
Yes please translate!!!
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 17, 2006, 05:17 PM
From avoir-alire.com

 Discutez de LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN sur les forums
Le film de toutes les surprises qui allie intelligence du script, brio des comédiens et beauté des paysages. Chapeau bas.

L’argument : La passion vécue par deux hommes, un propriétaire de ranch et un spécialiste du rodéo, qui se rencontrent à l’été 1961 entre le Wyoming et le Texas.

Notre avis : Présenté comme un western gay, Brokeback Mountain est en réalité un film extrêmement viscéral. L’impression qu’il provoque est d’autant plus forte qu’on ne s’attend pas à être autant bouleversé par une histoire d’amour qu’on pourrait croire anodine et qui en fait tutoie le sublime. Alors que pendant toute la première partie, on a l’impression que le scénario dynamite les us et coutumes d’un genre balisé (le western), on se rend compte très vite que la suite raconte une autre histoire : celle d’un amour sans limite qui ne s’est jamais fini, de sentiments de lâcheté vis-à-vis de la morale bien-pensante, d’étreintes sensuelles et violentes qui trahissent l’absence comme l’attente et surtout du refoulement de pulsions.
Le film semble témoigner d’un mépris radical pour les étiquettes. Ang Lee, cinéaste définitivement surprenant, recherche ici dans une forme a priori obsolète et balisée (le western) un moyen de décortiquer une société phagocytée par les apparences et l’uniformité. Le scénario commence dans la nonchalance d’une relation nouvelle, d’un amour qui commence à se faire, avec son cortège d’œillades enflammées et de gestes maladroits, et dessine les prémisses d’une liaison entre deux hommes. C’est le produit d’une attirance réciproque facilitée par l’isolement.
Seulement, ce qui aurait dû n’être qu’une passade se révèle très vite un besoin urgent et vital. Petit à petit, les deux hommes réalisent qu’un lien extrême naît entre eux mais que la barrière sociale du conformisme empêche cette relation et l’oblige à être vécue de manière cachée. Quitte à mener sa propre vie à côté, à fonder une famille, à garder le mensonge et à vivre avec ce joug. Acteurs en état de grâce ; intelligence suprême du scénario ; complexité des sentiments ; somptuosité formelle. Pas de doute possible : Le secret de Brokeback Mountain est une œuvre d’une beauté infinie qui fait exploser à l’écran le vécu de chacun.
 
Romain Le Vern
 

 
Title: Re: French reviews
Post by: jimnick on Jan 17, 2006, 06:16 PM
From to have-alire. com

Discuss THE SECRET OF BROKEBACK MOUNTAIN on the forums The film of all the surprises that allies intelligence of the script, brio of the actors and beauty of the landscapes.  Low hat. 

The argument: The passion lived by two men, a ranch owner and a specialist of the rodéo, that meet at the summer 1961 between the Wyoming and the Texas. 

Our opinion: Presented as a western gay, Brokeback Mountain is in reality an extremely visceral film.  The impression that it provokes is all the more strong one since one does not expect as much to be overturned by a love history than one could believe harmless and that some does addresses familiarly the sublimates.  While during all the first party, one has the impression that the scenario destroys the us and customs of a marked kind (the western), one goes counts very quickly that the continuation relates another history: the one of a love without limit that did not never finish itself, of cowardice feelings with respect to the moral well thinking, of sensual and violent embraces that betray the absence as.  The film seems to indicate a radical contempt for the labels.  Ang It, film director definitively surprising, research here in a form has priori obsolète and marked (the western) a means to peel a corporation swallowed up by the appearances and uniformity.  The scenario begins in the nonchalance of a new relation, of a love that begins being done, with his procession d' œburning illades and of clumsy gestures, and draws the premises of a liaison between two men.  This the is produced of a reciprocal attirance facilitated by the isolation.  Only, this that should have been only a passade reveals itself very quickly an urgent and vital need.  Little by little, the two men realize that an extreme link is born between them but that the social barrier of conformity prevents this relation and the obliges to be lived in a hidden way.  Leave to take his own life side issue, to be founded a family, to keep the lie and to live with this joug.  Actors in condition to grace; supreme intelligence of the scenario; complexity of the feelings; definite somptuosité.  Not any possible doubt: The secret of Brokeback Mountain a œuvre of an infinite beauty that did to explode to the screen it lived of each. 

Roman The Vern
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 17, 2006, 06:26 PM
You understand, read, write and speak French?  :P

Or this was done using some software? 

Software... indeed  ;)

Quote
Roman The Vern

The name should not have been traduced.   ;)

Bonsoir Jim,

Bisous de Montréal!

Pierre
Title: Re: French reviews
Post by: jimnick on Jan 17, 2006, 07:07 PM
Alas!  The translation was done with the software.  I am found out!  I wanded to know what it said.  Excuse me?

Jim
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 17, 2006, 07:22 PM
No excuses are needed.   ;)

Did it made some sense at least?  I found it awkward.  ???
Title: Re: French reviews
Post by: jimnick on Jan 17, 2006, 07:29 PM
Vaguely, although I must confess that it made more sense to me in English than it did in French.

Jim
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 17, 2006, 07:40 PM
So you understand a bit French then?
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 17, 2006, 07:41 PM
Quote
"Le Secret de Brokeback Mountain" : à l'Ouest, un amour impossible
LE MONDE | 17.01.06

Sob!  :-\

Very moving review.

Thanks for the translation to come froggy.
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Jan 18, 2006, 12:57 PM
Quote
"Le Secret de Brokeback Mountain" : à l'Ouest, un amour impossible
LE MONDE | 17.01.06

Sob!  :-\

Very moving review.

Thanks for the translation to come froggy.

Am working on it..it's such a great article...and from an important French newspaper too!!!
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 18, 2006, 06:50 PM
This is from Liberation (Paris)

Very  intello franco/français... The review is going nowhere.  The critic, obviously, just loved to read himself. At least we could compare with others.

froggy, let me knonw, just send me a PM.

A l'affiche Avec «le Secret de Brokeback Mountain», Ang Lee transforme un western viril en love story imparable : mélodrame homo sur fond de paysages majestueux.

Epris au lasso

par Gérard LEFORT
QUOTIDIEN : mercredi 18 janvier 2006


«Le Secret de Brokeback Mountain»
d'Ang Lee avec Jake Gyllenhaal, Heath Ledger. 2 h 14

     
Entre Wyoming et Texas, pendant près de vingt ans, deux cow-boys s'aimèrent d'amour tendre. S'il est possible de résumer le Secret de Brokeback Mountain à la façon d'une fable, c'est que le film le permet, qui proclame qu'il vaut mieux être tolérant que le contraire. Bien que les combats pour la liberté d'autrui ne soient jamais gagnés, cette édification ne vaudrait pas mieux que le «courage» de certains gîtes ruraux qui se proclament gay friendly histoire d'augmenter leur chiffre d'affaires. Un soupçon de cette sorte pourrait planer sur Ang Lee qui a dû remarquer qu'au box-office du cinéma mondial, le motif de l'homosexualité aboie hors la niche commerciale d'un public strictement pédé. Par ailleurs, sans vouloir voir le mâle partout, on notera que l'homosexualité latente de bons nombres de westerns classiques (cf. la Rivière rouge de Howard Hawks où Monty Clift se déclare très impressionné par le gros calibre de son camarade) a inspiré, au point d'en faire un standard, une longue saga de pornos gays où, l'un dans l'autre, Butch Cassidy encule le Kid. Bref, l'idée d'un cow-boy Marlboro qui ne fumerait pas que des cigarettes est a priori aussi inédite et palpitante que l'annonce d'une réduction des tarifs SNCF pour les couples «modernes». Mais à l'écran, le film vaut heureusement beaucoup mieux que sa morale.

Sur le même sujet
Gyllenhaal et Ledger, acteurs à la hausse
Deux golden globes et favori aux oscars
Adam et Yves. Avec cette adaptation d'une nouvelle d'Annie Proulx (1), Ang Lee empoigne deux mythes cofondateurs du cinéma hollywoodien : le western (école Anthony Mann) et le mélo (tendance Sirk). Et un nouveau genre donc, censé les bouleverser : le drame à pédés. Ce qui serait beaucoup pour un seul film si son point de vue était celui du recyclage roublard. Certes Jack (Jake Gyllenhaal) et Ennis (Heath Ledger), tout en jean et chapeau Stetson, sont deux jeunes cow-boys réglos. Mais en fait, plutôt gardiens de moutons que garçons vachers. Mais en réalité, plus ouvriers saisonniers dans l'Amérique des années 60, que pistoleros d'une nouvelle conquête de l'Ouest.

Tout au long de sa lente exposition, ce western fané est surtout un quasi-documentaire sur deux bourrins à cheval, prolos à peine articulés, misfits façon Huston, mendiant l'embauche auprès d'un régisseur sadique. Cette part de reportage (on y apprend l'âpreté des transhumances) ne faiblira pas sur la durée quand, élargissant son cadre, le film descend de sa montagne magique, Eden pour Adam et Yves, pour habiter le monde moins idyllique de quelques bleds country où la grégarité fait rage. Gardiens de moutons, Jack et Ennis deviennent de gentils agneaux qui se marient comme il faut et auront quelques enfants. Sans cesser de se revoir en pointillé pour des parties de campagne de moins en moins sexuelles et de plus en plus mélancoliques. Mais bien loin d'accabler les personnages «normaux» dans le rôle des vilains ou des imbéciles, Ang Lee leur donne sans cesse leur chance. Ainsi des épouses, Alma et Lureen, qui feignent l'innocence par crainte d'inquiéter leur posture étouffante de gentille ménagère. Comme dans un bon Fassbinder, la mortification sociale répond à la mortification sexuelle. Ce qui tendrait à prouver que l'homosexualité qui empoigne nos jeunes gaillards et les tiendra en alerte le temps d'une vie peu commune, n'est qu'un motif brodé parmi d'autres sur un canevas plus singulier. Comme si Ang Lee n'appuyait sur la pédale, sauf votre respect, que pour mieux envoyer valser son bolide dans un décor inédit. A l'image du paysage, qui, à tout bout de plan, est l'acteur principal de ce film contemplatif. Prairies et montagnes en hypercinémascope, exagérés en somme. N'était que la majesté du décor se délite sur la fin en une vieille carte postale, icône fripée d'une passion défunte, ultime pavane punaisée sur la cloison d'une caravane misérable.

Déni, et alors ? Capturé au lasso de l'identification et du frisson sexuel à dégagement méditatif (Montaigne et La Boétie font du rodéo), on verse quelques larmes de compassion au spectacle de cette haine de soi. Mais elles sèchent vite au profit d'une intrigue autrement excitante. Au sortir de leur première nuit d'amour, filmée à la façon d'un pugilat, voire d'une tentative de meurtre, les deux jeunes gens se parlent. Le premier pour confier qu'il n'est pas pédé, le second pour avouer qu'il n'est pas pédé non plus. On peut sourire à ce déni. On peut aussi l'entendre autrement. Et si c'était vrai ? Et si c'était ça le secret caché dans la montagne ? Qu'on peut être amoureux, être dans cet état monstrueux, sans pour autant obtempérer à l'obligation rabat-joie de lui donner un sens unique.

(1) Rééditée chez Grasset dans une traduction d'Anne Damour.


 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 18, 2006, 10:31 PM
This one is from l'Express (could we compare to Time, the U.S. magazine? froggy???)  Good review by the way.

L'Express du 19/01/2006
Le Secret de Brokeback Mountain
Regarde les hommes s'aimer

par Eric Libiot




Pas plus tard qu'au moment d'écrire cette chronique, je me demandais comment expliquer ce souvenir apaisant qu'avait laissé dans l'air le beau film d'Ang Lee Le Secret de Brokeback Mountain. La simplicité de l'intrigue ne suffisant pas à tout dire - sur vingt ans, l'histoire d'amour épisodique entre deux cow-boys dans le Grand Ouest américain du XXe siècle - je suis retourné à la source. Elle s'appelle Annie Proulx, romancière, nouvelliste et Prix Pulitzer, auteur de ce court texte impressionniste et impressionnant qui raconte, d'un trait, la passion entre Ennis del Mar et Jack Twist, hommes mariés dans un pays où la tradition familiale s'accroche à la terre, mais attirés l'un vers l'autre sans qu'ils puissent, ni ne veuillent, l'expliquer.


Tout est là. Les faits et les gestes. Le regard à distance exacte. Ni empathique ni détaché. Le temps qui glisse entre les phrases. L'ordinaire et l'exceptionnel qui se mêlent pour n'être plus qu'un moment de vie. Le scénario de Larry McMurtry et de Diana Ossana suivant fidèlement le récit, restait donc au réalisateur à reprendre, à son compte de cinéaste, cette nouvelle fluide et claire comme l'eau de roche du Wyoming.


Il le fait à la manière d'un Howard Hawks. Le réalisateur de La Captive aux yeux clairs, de La Rivière rouge ou de Rio Bravo (le plus beau film du monde, faut-il le rappeler?), qui n'aimait rien tant que regarder les couples se promener en dehors des clous sociaux de l'époque, années 1930-1950 - femme à culotte, mari-enfant et amitiés fortement masculines - filmait ces histoires à hauteur d'homme. Ang Lee est sur ce même terrain, qui regarde ces personnages comme le spectateur regarderait n'importe quel quidam et s'en approcherait, ou non, par le seul désir de le connaître, ou pas.


Cela dit, et on y reviendra sûrement, il faudra être attentif à l'égard du cinéma américain dans les mois qui viennent, car il semble bien que l'on assiste à un retour du classicisme. Une façon, ici et ailleurs, de remettre les choses en évidence pour y voir plus clair.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 18, 2006, 10:36 PM
From Le Figaro, a bit of a review and an interview with Ang Lee

Une chevauchée entre passion et l'interdit 
Jake Gyllenhaal (à gauche) et Heath Ledger (à droite) : deux caractères opposés qui n'empêcheront pas ces êtres de se rapprocher.
 
(DR)
Emmanuèle Frois
[18 janvier 2006]

On pourrait croire Ang Lee d'humeur versatile simplement parce qu'il aborde dans chacun de ses films un genre cinématographique différent. Mais on ferait fausse route. Ang Lee, réalisateur de Tigre et Dragon, de Raison et sentiments, de Hulk, se penche toujours avec la même et intense obstination sur le conflit qui existe entre l'envie de liberté personnelle de ses héros et le poids des conventions sociales, sur la passion romantique face à la soumission aux codes. «Mes personnages sont, comme moi, à la recherche d'un équilibre», confie-t-il. Le Secret de Brokeback Mountain, son nouveau long-métrage récompensé par le lion d'or au dernier Festival de Venise, et qui est, dit-on, très bien placé dans la course aux oscars, n'échappe pas à la règle.

Adaptation d'une nouvelle d'Annie Proulx, Brockeback Mountain (lire en page 30) est l'histoire d'un amour impossible entre deux cow-boys, sur une période de vingt ans, des années 60 aux années 80. Ennis (Heath Ledger) et Jack (Jake Gyllenhaal) ont été engagés pour garder un troupeau de moutons dans l'immensité des grands espaces du Wyoming. Leur complicité se transforme bientôt en une irrésistible attirance... «Ils n'ont pas les mots pour comprendre ce qui se passe en eux, pour analyser ce désir qui les traverse. Ils vont devoir garder le secret de cet amour interdit et le cacher au cœur des montagnes de Brokeback. Leur relation va en définitive se construire sur une illusion de l'amour, sur le manque, sur l'absence, sur l'attente.»

A-t-il éprouvé des difficultés à s'approprier cette histoire? «Je me suis retrouvé en terre étrangère», reconnaît le cinéaste d'origine taïwanaise, installé à New York depuis 1978 et qui avait pour ambition de créer «un western réaliste qui n'ait rien à voir avec les films classiques de western. Le récit débute alors que les jours glorieux de l'Ouest se sont éteints. Ce coin de terre a généré des légendes, a créé un genre cinématographique mais la vraie vie est autre. C'est une terre rude, sauvage et désolée, travaillée par des survivants qui parlent peu... Et qui ne sont pas dans la lignée des John Wayne et des Clint Eastwood.»

Certains qualifieront son film de «western gay», il le sait. Et peu lui importe. «Cela ne m'empêchera pas de continuer à tourner! A mes yeux Brokeback Mountain est avant tout et surtout une histoire d'amour, une élégie, un chant du deuil, lyrique et poétique.» Ang Lee, qui avait déjà sondé le cœur de l'Amérique à travers Ice Storm, Chevauchée avec le diable et la superproduction Hulk, éprouve à propos de la société américaine un sentiment ambivalent. «L'Amérique a deux visages. L'un est ouvert, libéral, l'autre se radicalise, devient plus conservateur. Ces deux facettes je les retrouve à travers mes deux personnages principaux. Jack et Ennis ont des caractères opposés. Jack est l'archétype du héros américain. Il est positif, romantique et pense que la vie peut changer, prendre un autre tournant si on en a envie. Ennis est son contraire, conservateur, renfermé sur lui-même, il n'arrive à s'exprimer qu'à travers la violence.»

En Asie, considère-t-il qu'il existe une plus grande ouverture d'esprit? «A Taïwan et à Hongkong, je n'ai jamais entendu parler de répression envers les homosexuels. Peut-être parce qu'il n'y a pas de religion dominante. Nous ne sommes pas éduqués dans l'idée du péché. Lorsque j'avais présenté là-bas Garçon d'honneur, personne n'avait été choqué.» A Taïwan, Ang Lee a pourtant été élevé dans la foi chrétienne. «Ma mère m'obligeait à aller à l'église tous les dimanches. Mon père en revanche est athée, il forçait ma mère à idolâtrer nos ancêtres! Je suis le fruit de ce curieux mélange. Et j'ai arrêté de croire à l'âge de 14 ans.»

Ang Lee a, malgré tout, conservé «un très fort sens moral et un fond conservateur. Dans ma vie personnelle comme dans ma vie artistique, j'ai une fâcheuse tendance à me sentir opprimé. Pour lutter contre ça, je m'applique à faire exploser les genres cinématographiques, les conventions théâtrales. Je veux aller au plus près de la vérité. Par exemple dans Tigre et Dragon je pense avoir rendu justice au film d'art martial tout en l'offensant car j'y injectais des éléments dramatiques nouveaux que l'on n'avait encore jamais vus. Ce n'était plus de la série B mais un véritable opéra!»


 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 18, 2006, 10:43 PM
This one is from Chronic'art, good review.

Ang Lee est un drôle d’auteur. On ne peut pas dire que son cinéma soit d’une grande puissance expressive. Il n’est pas davantage reconnaissable à des effets de signature. Dès qu’il se colle au spectaculaire, l’entreprise vire même à l’échec (cf. le balourd Hulk ou le surestimé Tigre et dragon). Pourtant, il existe bien une petite musique Ang Lee : quelque chose qui a trait à la discrétion, à la sourdine, à un effacement de mise en scène, une façon de placer l’acteur au centre du cadre afin d’y puiser l’énergie du plan qui donne une cinglante épaisseur sentimentale à son cinéma. A ce titre, Brokeback mountain est sans doute son meilleur film depuis The Ice storm.

Cette histoire de deux cow-boys homosexuels épris l’un de l’autre, et dont l’amour est contrarié par les conventions, s’épanouit ainsi lentement jusqu’à son bouleversant finale, sans que jamais le mélodrame ait pris les couleurs du lyrisme ou de la démesure. Au contraire, plus le film avance et plus il est sec, et plus il est sec plus il déborde de toute part, paradoxe dont l’une des séquences finales (la visite aux parents de Jack Twist) est la plus belle illustration : le silence des émotions, la rétention des gestes et des mots, tout contribue à décupler l’intense désespoir des personnages. A l’inverse, sa manière d’aborder la mythologie des cow-boys dans le premier tiers du film, la transhumance des bêtes, le panthéisme lyrique sont autant de motifs qui peinent à trouver écho dans un vrai point de vue de cinéaste. Le cinéma d’Ang Lee a souvent fonctionné sur cette ambivalence qui voit la force des personnages et des émotions sertis dans un écrin académique. Dès qu’il doit faire avec le genre (ici le film de cow-boy), c’est tout de suite pour convoquer une cohorte de chromos un peu fades, de figures imposées pas très éloignées de la publicité, sans jamais créer une réelle tension entre les clichés et la vérité des êtres, le décor et le corps des acteurs.

Les acteurs, c’est peut-être là que le film emporte le morceau, dès que le drame et le bonheur se nouent, qu’on en a fini avec le décorum pour parvenir jusqu’au cœur des êtres. A la limite, le vrai décor chez Ang Lee c’est la vie sociale, les autres (parents, femmes, enfants), un décor cruel et pétri de conventions. De ce point de vue on n’est jamais très loin d’une peinture acide, de la galerie de personnages secondaires parfois au bord de la caricature, qui tranchent souvent avec ce subtil traité des émotions qui est sa marque de fabrique. Là-dessus le film est assez impérial : ainsi de ses deux acteurs stars dont l’assurance tranquille donne à Brokeback mountain toute sa plénitude. Si Heath Ledger s’encombre parfois de tics tout droits sortis de l’Actors Studio, Jake Gyllenhaal à l’air d’être là sans jamais en imposer. Une présence au monde et au cadre qui l’inscrit directement dans la tradition de ces acteurs qui, à l’instar d’Eastwood, sont débarrassés de toute graisse, de tout forçage des émotions, de tout pathos.

Jean-Sébastien Chauvin
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 18, 2006, 10:51 PM
Another one, from Ouest France

Le secret de Brokeback Mountain
de Ang Lee (E.U 2004 - 2h14 )
avec Michelle Williams, Heath Ledger, Jake Gyllenhaal
Deux cow-boys s'aimaient d'amour tendre. Une délicate chronique d'Ange Lee pour défendre la tolérance et la liberté.
Été 1961. Deux rudes cow-boys du Wyoming, l'un propriétaire de ranch, l'autre spécialiste du rodéo, se découvrent une attirance mutuelle qui se transforme rapidement en relation passionnelle. Histoire d'un amour interdit.

Avis : La rédaction :    Les internautes : 
 


Ang Lee est en train de tourner un western gay. Présenté dans ce raccourci, il y a deux ans, le projet avait surpris, intrigué ou choqu  :   Quand même, s'indigna Kevin Costner au moment où lui-même faisait la promotion de son très viril Open range, ça ''est pas comme ça que je vois le monde des cow-boys »

Il se sera rassuré depuis, Ang Lee ne le voit pas comme ça lui non plus. ''est-à-dire pas avec ''oeil de la caricature ou de la provocation, mais plutôt avec celui de la tendresse, de la sincérité, du naturel. De ''amour. Et ce regard a été partagé par les jurés du festival de Venise qui au mois de septembre ont couronné ''un Lion ''Or cette chronique toute en délicatesse et en subtilité

''Ouest, le vrai, mais le tout récent. Nous sommes en 1963 dans le Wyoming. Jack et Ennis sont engagés pour garder durant ''été un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Ils se découvrent attirés ''un par ''autre, mais une fois leur mission accomplie, ils retournent à la vie qui leur était promise. Elle prend le cérémonial ''un mariage. Régulièrement pourtant, au fil des années, ils se retrouvent afin de ''offrir des escapades amoureuses sous le couvert ''une double vie

Décidément Ang Lee est habile à ''exprimer dans tous les genres, lui qui est passé de Garçon ''honneur à Hulk avec détours par Raison et sentiments ou Tigre et dragon notamment. Ici il tire toute la force de cette belle histoire ''amour, de tolérance et de liberté du cadre dans lequel il la situe. Un monde de durs et de machos qui met à mal ''innocence spontanée de ce couple inhabituel. A ''image des touchants Jake Gyllenhaal et Heath Ledger, épatants de fraîcheur passionnée et de timidité gênée, il fait frémir sa romance ''émotions et ''élans délicatement exprimés



L'avis des internautes :
christian, thionville
dejà le film de l'année
« Ne cherchez pas plus loin, c'est d'ores et déjà le film de l'année. C'est bien le chef-d'oeuvre annoncé tout en délicatesse et en tendresse, jamais racoleur ni vulgaire. En plus tourné en décors natutels dans une montagne magnifique. Annoncé, terme très réducteur, comme un western "gay" c'est avant tout un grand film d'amour et de liberté. », (18/01/2006)
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 19, 2006, 04:55 PM
Veru good review from L'Humanité

culture
L’amour vache de deux cow-boys
Western . Le lion d’or de la dernière Mostra de Venise sort aujourd’hui, film élégiaque sur le temps qui passe et les passions contrariées.

Le Secret de Brokeback Mountain,

d’Ang Lee.

États-Unis. 2 h 14.

Cela fait longtemps que, comme celle du communisme, on prédit la mort du western, qui ne cesse pas pour autant de renaître de ses cendres. Après les diverses époques de l’âge classique, il y eut le coup de sang apporté par Peckinpah et Hellman. Puis vinrent Eastwood et tous ceux qui s’emparèrent du genre pour procéder au travail du deuil d’une Amérique disparue. Avec Ang Lee, c’est encore différent, peut-être parce que le talentueux Taïwanais n’est somme toute qu’un immigré récent dont l’imaginaire a longtemps été oriental. Ici, plus que dans le deuil, nous sommes dans l’actualité si l’on peut dire, l’action commençant dans les années soixante du siècle qui vient de se clore pour se poursuivre jusqu’à la fin des années soixante-dix. C’est d’abord un quasi-documentaire social qui nous est proposé sur ce que sont les cow-boys devenus. Ennis Del Mar (Heath Ledger) et Jack Twist (Jake Gyllenhall) sont de pauvres hères prolétarisés, aux ordres d’un patron âpre au gain (Randy Quaid) qui les exploite comme la piétaille qu’ils incarnent, soumis à la rigueur du climat et des éléments sur les pentes escarpées du Wyoming où ils font paître des moutons, soit loin de la mythologie des grands espaces texans et de leurs immenses troupeaux de bovidés. Les paysages sont majestueux - trouvés en fait en Alberta - mais les conditions de vie rudes. Souvent incapables de faire face à une circonstance imprévue comme l’arrivée d’un ours, cavaliers que l’on imagine mal dans un rodéo, encore que Jack s’y soit essayé, ils en chient, et, en plus, ils sont seuls.

De là à se rapprocher, il n’y a qu’un pas, franchi nuitamment sous la tente. Pour les deux, c’est une première fois, entre garçons s’entend. Le film devient alors, au bout d’environ une demi-heure, une touchante histoire d’amours contrariées entre deux belles gueules qui ne sauraient afficher publiquement leur penchant, ils vont se marier chacun de son côté et procréer l’un et l’autre, la vie les séparant. Ils parviendront néanmoins, à l’occasion, à se retrouver secrètement, au cours de soi-disant parties de pêche entre potes. On comprend que les grands studios aient, malgré la notoriété de l’auteur, laissé passer un tel sujet, traité de façon si crue, malgré une réserve et un tact constant, qu’il envoie aux oubliettes les sous-entendus hawksiens de Rio Bravo comme les audaces, pour l’époque, du Gaucher, d’Arthur Penn. C’est donc des producteurs indépendants qui ont pris le risque de laisser porter à l’écran la courte nouvelle d’Anne Proulx, publiée en 1997 dans le New Yorker. N’en déplaise aux confrères sceptiques (Positif et les Cahiers du cinéma sont pour une fois d’accord dans leur rejet), il s’agit d’un beau film ample et généreux qui n’a pas usurpé son lion d’or, même si d’autres titres pouvaient y prétendre.

Jean Roy

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 20, 2006, 05:11 PM
This one is not a review but an interesting article:

Brokeback Mountain contribuera-t-il à rompre le tabou de l'homosexualité?

Marc Lavine

Agence France-Presse

Los Angeles


Forts de plusieurs récompenses aux Golden Globes et anticipant le même succès aux Oscars, les milieux gais américains espèrent que le western Brokeback Mountain contribuera à rompre le tabou de l'homosexualité à Hollywood.

Le film du Taïwanais Ang Lee, déjà récompensé du Lion d'Or du meilleur film au 62e Festival de Venise en septembre et par l'American Film Institute, est sorti vainqueur des Golden Globes décernés par la presse étrangère à Hollywood, avec quatre prix. Il est le grand favori des Oscars décernés le 5 mars dans plusieurs catégories.

Le film, basé sur un roman d'Annie Proulx, évoque les amours interdites et passionnées de deux cow-boys dans l'Amérique profonde des années 60-70.







Deux autres films récompensés également aux Golden Globes, Transamerica, une histoire de transsexuels et Capote narrant la vie de l'écrivain Truman Capote mettent aussi en scène des personnages homosexuels.

Philip Seymour Hoffman a été sacré meilleur acteur de film dramatique pour son rôle dans Capote et Felicity Huffman a remporté le Golden Globe 2006 de la meilleure actrice de film dramatique, pour son rôle de transsexuel, dans Transamerica.

Les associations gaies américaines, qui se plaignent fréquemment de l'absence de personnages homosexuels au cinéma, espèrent que le succès de ces films aidera à une plus grande diversité à l'écran.

«Je pense que ce qui est en train de se passer est que nous pouvons enfin voir des films qui dressent un portrait plus juste d'une société dans sa pluralité. Hollywood est finalement en train de se rattraper», estime Jim Key, porte-parole du Gay and Lesbian center de Los Angeles.

L'influente association Gay and Lesbian Alliance against Defamation (GLAAD) a salué également les succès commerciaux de films où les personnages principaux sont homosexuels.

«Ce sont vraiment des films qui peuvent ouvrir le coeur et l'esprit», indique le président de GLAAD, Neil Giuliano. «En mettant en scène ces histoires, ces films permettent au public une meilleure compréhension de qui nous sommes et ces films contiennent une authenticité d'émotions que peuvent partager les spectateurs gays et hétérosexuels», ajoute-t-il.

Cette série de films sur des thèmes homosexuels intervient 12 ans après la sortie de Philadephia avec Tom Hanks qui interprétait un malade du sida.

Depuis, la télévision américaine a également mis en scène des personnages homosexuels notamment avec des feuilletons comme Ellen ou Will and Grace. Mais des spécialistes de l'industrie du cinéma estiment que la récente floraison de films gais n'est qu'une coïncidence.

«Je ne crois pas que tout à coup Hollywood veuille se pencher sur des sujets gais», indique ainsi Marty Grove, éditorialiste du Hollywood Reporter.com. «Il ne s'agit que de deux ou trois films qui sont sur le marché cette saison traitant de personnages homosexuels et qui ont été qualifiés de bon films», dit-il.

Larry Gross, professeur à l'École de communications de l'Université de Southern California, remarque pour sa part qu'il est intéressant de noter que pas un seul des acteurs des films récompensés n'est lui-même homosexuel et que leur image d'hétérosexuel est solidement établie dans l'opinion publique.

Il ajoute que peu de stars d'Hollywood affichent ouvertement leur homosexualité par crainte de compromettre leurs carrières et considère que les acteurs hétérosexuels qui «osent» jouer des personnages homosexuels font l'objet d'un peu trop de louanges.

«Les acteurs américains homosexuels dans leur ensemble sont encore enfermés dans le placard d'Hollywood en raison de leur préférence, surtout s'ils sont séduisants, à vouloir jouer les héros romantiques ou d'action».








Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 24, 2006, 10:29 PM
Another good review, this one from ecranlarge.com

Par Vanessa Aubert. 
 
 
 
À l’heure des résultats des Golden Globes, le dernier film d'Ang Lee semble ne pas voler ses critiques dithyrambiques. Meilleur film dramatique, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure chanson originale lors d’une cérémonie dite annonciatrice des Oscars.

Souvent maladroitement résumé par les termes de « western gay », Le Secret de Brokeback Moutain est le genre de film qui s’inscrit discrètement mais profondément dans votre propre histoire cinématographique. Deux cow-boys découvrant leur attirance lors d’une garde de bétails dans le Wyoming pouvait être le synopsis d’un film purement basé sur cette tendance sexuelle. Ang Lee parvient à mettre en images la nouvelle d’Annie Proulx en une histoire d’amour. Qu’elle soit celle de Shakespeare ou de Roméo et Roméo, les thèmes sont les mêmes et le gâchis aussi palpable.
C’est avec beaucoup de finesse qu’Ang Lee suggère d’abord une progression des sentiments, de la rencontre professionnelle de Jack Twist (Jake Gyllenhaal) et d’Ennis Del Mar (Heath Ledger) en sympathie amicale pour conduire à une découverte moins évidente. La réalisation polie offre des plans nets évitant toute fioriture. Les (quelques) scènes de corps à corps sont filmées avec un respect interdisant voyeurisme et indécence. Tout, des paysages aux gros plans sont mis au service d’une histoire portée par des comédiens étonnants de vérité.

Autour de Jack et Ennis gravitent des personnages secondaires interprétés par des figures de séries américaines. Échappée de son rôle culte de Jen dans Dawson, Michelle Williams s’affirme en mère de famille et épouse conciliante. Infirmière dans Urgences, Linda Cardellini délaisse ses penchants pour le docteur Kovac au profit d’un touchant rôle de serveuse. Choix de casting original et gagnant pour Ang Lee qui place ces femmes de talent autour de deux hommes qui le sont tout autant. Jake Gyllenhall et Heath Ledger touchent tour à tour par la force de leur jeu exprimée dans des palettes différentes. La conviction de Jack face à la raison d’Ennis, la résignation de l’un face à la colère de l’autre s’expriment au fil des années que le cinéaste dépeint en 2h15.

 Deux vies en plus de deux heures qu’Ang Lee aurait pu écourter un peu sans porter atteinte au sujet. La lenteur des plans figurant le temps qui passe, la multitude des scènes du quotidien pour matérialiser des existences vides de sens paraissent légitimes mais non essentielles. L’essence du film reste ce couple. Ces mains, ces regards et ces acteurs qui semblent se révéler sous nos yeux. Des acteurs qui prennent de l’âge avec leur personnage et qui font du film ce qu’il est. Une histoire qui touche et qui transporta déjà la moitié de l’équipe du film à la lecture de la nouvelle. De là à dire que le génie revient à Annie Proulx. Et à espérer que les Oscars, au contraire des Golden Globes, n’oublieront pas les vraies révélations du film : Jake Gyllenhall et Heath Ledger. Poor lonesome cow-boys. 
 
Critique rédigée le 17/01/2006
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 27, 2006, 12:37 AM
This one is from Figaroscope (Le Figaro)

«Le Secret de Brokeback Mountain» d’Ang Lee

Par Françoise MAUPIN, mercredi 18 janvier 2006

Été 1963. Dans le Wyoming, deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Isolés dans la splendeur de la nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu’inattendue. La saison de transhumance terminée, ils se séparent et retournent à leur vie quotidienne. Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que Jack épouse Lureen, une maîtresse femme texane, « excellente comptable ». Mais quand les deux hommes se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver leur amour. Leur histoire se poursuivra une vingtaine d’années, frustrante et douloureuse, ponctuée de rendez-vous secrets.

CRITIQUE. Loin de l’homosexualité provocante d’un Fassbinder, Ang Lee est plutôt le chantre des relations entre messieurs où le sentiment prime sur le sexe. C’était déjà le cas dans Garçon d’honneur. Ici, c’est l’histoire d’une passion contrariée par la pression sociale, dans une société pas forcément permissive - le monde des cow-boys et des rodéos où il est difficile de passer outre le conformisme ambiant. Cet amour qui ne s’épanouira jamais, n’est pas sans faire penser au bouleversant Brève Rencontre de David Lean avec ses mouvements du coeur qui n’aboutissent à rien. Ang Lee raconte avec pudeur cette relation née dans la somptuosité et la magnificence des montagnes du Wyoming qui s’effilochera dans la médiocrité de la vie quotidienne et au fil des rendez-vous clandestins. Le cinéaste sait émouvoir sans jamais tomber dans le pathos, captant tous les frémissements, les instants de doute, les moments de rage, les élans de violence. Avec deux acteurs formidables - Jacke Gyllenhaal et Heath Ledger - sur un sujet difficile, le cinéaste signe là un film sincère et original.
 
 
 
 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 27, 2006, 12:50 AM
Good review from cinoche.com (Quebec)

Souvenirs de Brokeback Mountain
Version originale en anglais avec sous-tritres en francais 
v.f. : Souvenirs de Brokeback Mountain 
 

 
 
Classement
 
13 ans +
 
 
Genre
 
Drame
 
 
Pays d'origine
 
États-Unis
 
 
Durée
 
2h14
 
 
Date de sortie
 
16 décembre 2005
 
 
Réalisateur
 
Ang Lee
 
 
Acteurs
 
Heath Ledger, Jake Gyllenhall, Michelle Williams, Anne Hathaway, Randy Quaid, Linda Cardellini, Anna Faris, Scott Michael Campbell
 
 
Studio de production
 
Focus Features, Paramount Pictures
 
 
Distribution
 
Alliance Atlantis Vivafilm
 
 
Synopsis
 
La passion vécue par deux hommes, un propriétaire de ranch et un spécialiste du rodéo, qui se rencontrent à l'été 1961 entre le Wyoming et le Texas.
 
 
Par Karl Filion
 
On y revient toujours
 
 
Un très beau film sur l'amour. Probablement même plus rigoureux et crédible que plusieurs films romantiques conventionnels. Grâce à la réalisation patiente d'Ang Lee, mais surtout grâce aux deux acteurs principaux qui se donnent une réplique…plus qu'intime.

Souvenirs de Brokeback Mountain s'attaque à un sujet d'envergure : deux cow-boys qui vivent une passion homosexuelle alors qu'ils sont tous les deux assignés à la garde de moutons sur Brokeback Mountain, en 1963. Près de quatre ans plus tard, sans s'être revus, ils s'aperçoivent que la passion est toujours présente même s'ils sont tous les deux mariés et pères. Et, comme ça, plus ou moins régulièrement, les deux vont se revoir et quitter leur femmes pour quelques jours afin de se rappeler comment c'était, et qu'est-ce que c'est que l'amour. Le même amour que dans les films romantiques habituels, cet amour lyrique qui est si difficile à trouver et à garder. Sauf que Souvenirs de Brokeback Mountain n'est certainement pas un film comme les autres, on l'aura deviné, parce que le traitement est plus réaliste qu'à l'habitude, plus simple aussi, et donc drôlement plus convaincant. La réalisation, bien sentie et posée, transporte tout simplement l'émotion à travers l'écran.

Souvenirs de Brokeback Mountain est d'abord un film silencieux. Plusieurs minutes s'écoulent avant que l'on entende un premier mot. Peut-être pour réduire un peu le malaise, peut-être seulement parce qu'il n'y a rien à dire, en tout cas c'est captivant. Plus tard aussi, dans l'immensité des paysages, qui sont évidemment grandioses, c'est le silence qui primera. Les personnages sont laconiques dans leurs paroles, mais éloquents dans leurs gestes. Et leur évolution sur deux décennies en deux heures est impressionnante. Le réalisateur prend surtout de bonnes décisions dramatiques, en créant des attentes qui se renouvellent régulièrement, tandis que les personnages évoluent et vieillissent, tandis qu'ils développent une vie familiale « normale ». Les images sont merveilleusement bien construites et particulièrement profondes, les arrière-plans s'accumulent pour donner cette impression de grandeur que l'on soupçonnait à Brokeback Mountain, le film et la montagne.

Le réalisateur a le courage de le montrer, un peu, cet amour atypique, mais on retiendra surtout la passion qui se dégage de la relation entre Jack Twist et Ennis Del Mar. Toujours très crédible, leur complicité se développe lentement, crée des bases solides, demeure consciente du risque et de la nécessité de montrer les choses telles qu'elles sont, et dont on ne peut que saluer la rigueur et l'efficacité. Et la finale déclenche tout le drame que l'on présumait de cette histoire ingrate, comme toutes les autres histoires d'amour. C'est beau, c'est prenant. Un moment très fort, encore une fois de peu de mots.

Jake Gyllenhaal et Heath Ledger se donnent une réplique très vivante et apparemment franche. L'abandon est total, leur complicité palpable – et il le fallait. Étonnant comme les regards sont plus volubiles que des déclarations d'amour prolixes dans un film d'amour. Un drame où l'amour doit être caché, à cause des autres, de la violence et du mépris. Ce qui explique peut-être le peu de mots. M'enfin.

Espérons seulement qu'on verra les fabuleuses qualités de Souvenirs de Brokeback Mountain avant sa polémique, parce qu'il ne faut vraiment pas manquer ce film.

Vu en version originale anglaise. 
 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 27, 2006, 12:53 AM
This one is from France 2

  Critiques 
 
 
Le secret de Brokeback Mountain 
 


Jack et Ennis au coeur de Brokeback Mountain 
De Ang Lee (Etats Unis) avec Jack Gyllenhaal, Heath Leger, Linda Cardellini, Anna Faris - Durée: 2h14


Le Secret de Brokeback Mountain, dernier film de Ang Lee qui s'est fait connaître du grand public avec Tigre et dragon (quatre oscars en 2000) arrive dans les salles françaises auréolé de son Lion d'or à la Mostra de Venise et de ses quatre prix aux Golden Globe (récompenses de la presse étrangère à Hollywood) dont celui du meilleur film dramatique

L'histoire débute durant l'été 1963, dans le Wyoming. Deux jeunes cow boys, Jack et Ennis, font connaissance cette année là. Tous deux, à la recherche de travail, sont engagés pour garder un troupeau de moutons à Brokeback Mountain, une région totalement sauvage.

Des rapports de camaderie se nouent entre Ennis, le taciturne, et Jack, plus expansif. Peu à peu cette complicité se transforme en une attirance aussi irrésistible qu'inattendue. L'amour s'installe entre eux.

Mais la saison de la transhumance s'achève. Redescendus dans la vallée, Jack et Ennis doivent se séparer et poursuivre leur vie comme si rien n'était arrivé.

Ennis rentre chez lui, épouse sa fiancée Alma et continue sa vie de cowboy. De son côté, Jack fait la connaissance, lors d'un rodéo, de Lureen, une riche héritère et finit par l'épouser.

Quelques années plus tard, lorsqu'ils se retrouvent, ils doivent admettre que le temps n'a pas éteint leur amour bien au contraire.

Alors que Jack est prêt à affronter la société et la morale en clamant son amour pour un autre homme, Ennis refuse de l'assumer et lui impose un deal: ils se retrouveront chaque année pour une expédition de quelques jours dans les montagnes de Brokeback.Durant une vingtaine d'années, les deux hommes vont se retrouver régulièrement tout en continuant à vivre comme si de rien n'était.

En fait, la femme d'Ennis a compris ce qui se passait et finit par demander le divorce, alors que Jack va mener de plus en plus une vie en marge...

Le Secret de Brokeback Mountain que beaucoup de commentateurs présentent comme le premier "western gay" n'a rien d'un western, il s'agit tout simplement d'un beau mélo (adapté du roman éponyme d'Annie Proulx) qui se déroule dans les grands espaces du Wyoming: une histoire d'amour interdite mais passionnée entre deux hommes.

Ang Lee réalise en fait un film sur la frustration, sur les sentiment refoulés: Ennis et Jack passent leur existence à vivre comme tout le monde (ils se marient, ont des enfants, vaquent à leurs occupations), mais en même temps, ils doivent supporter  l'insupportable, à savoir l'absence de l'autre, et accepter de laisser libre cours à leur passion une fois de temps en temps.

La force du film d'Ang Lee et peut-être ses limites c'est qu'il  demeure très ascétique, hormis la découverte de leur amour et les retrouvailles, tout est en non dit aucune flamboyance, aucune sentimentalité.

Jack Gyllenhaal (Jarhead, la fin de l'innocence), le plus fragile et celui qui serait prêt à vivre au grand jour leur amour, et Heath Leger (Les frères Grimm), le plus rétif et qui semble s'accommoder de cette façon de vivre, incarnent ces deus héros avec grand talent et apportent beaucoup au film.
 
 
 
 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 27, 2006, 12:59 AM
Just found that one from an internaut interesting:

(10/10) Le culte du souvenir heureux
 

 
Ils venaient d’avoir 19 ans, ils étaient beaux comme des enfants, forts comme des hommes… Lorsqu’Ennis Del Mar rencontre Jack Twist et que la solitude de la montagne leur permet de laisser libre cours à leurs pulsions amoureuses, il naît pour eux un idéal de l’amour interdit, protégé par l’œil indulgent et complice de la nature. Ils le cultiveront des années durant, s’accrochant à lui pour lutter jour après jour contre une vie mensongère, habitée par un alcoolisme plus ou moins modéré, de frustrations et de haine contre eux-mêmes ou ces principes d’hétérosexualité bibliques qui les enchaînent dans une situation qui les étouffe peu à peu. Par cet amour qui s’impose à eux s’affrontera le gay moderne qui tente de s’affranchir des contraintes et d’exprimer sa sexualité et celui du passé qui se réprime aux limites du supportable. « Cela ne regarde que nous… Ce pourrait être ainsi pour toujours. » dira Jack. Ce à quoi répondra Ennis : « Si cette chose s’empare de nous où il faut pas, quand il faut pas… On est morts. » Ennis aura très bien compris les règles du jeu. Mais la question demeure : aurait-ce été mieux que cette lente agonie qui enfermera Ennis en lui-même, dans sa crainte et sa honte, et Jack dans une longue et décevante attente qui finira par le lasser?
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 27, 2006, 01:01 AM
From critikat.com, interesting!

--------------------------------------------------------------------------------
 
   DE LA HONTE D’AIMER
Le Secret de Brokeback Mountain
Réalisé par Ang Lee
Deux hommes attendent ensemble un emploi, l’obtiennent tous deux et vont logiquement vivre une expérience digne d’être racontée : leur grande histoire d’amour. Seulement, l’Amérique des années 1960 n’est pas précisément un havre de tolérance, et ne produit que peu d’esprits libres et libérés. Jack et Ennis vont donc s’aimer de façon interdite, honteuse et s’interdire tous deux une relation qui ne pouvait être qu’un moment d’égarement. Le secret n’est cependant pas l’oubli et empêchera les deux égarés d’atteindre une sensation, si petite soit-elle, de bonheur. Loin du rythme effréné de Garçon d’honneur ou de Tigre et Dragon, Ang Lee signe un beau mélo, parfois emprunté de pesanteur esthétique, mais fort d’une émotion certaine.


Un travail saisonnier en poche, Ennis et Jack montent tous deux vers le ciel, sur les cimes de Brokeback Mountain, pour vivre un amour aussi inattendu (pour eux) que passionnel. Le symbole, un peu usé, est pourtant fort : la hauteur, celle de l’altitude comme celle des sentiments, s’allie naturellement avec l’Eden que constitue la cadre montagneux. Le ciel est bleu, comme les yeux d’Ennis et la chemise de Jack, les rivières paisibles contribuent également à faire de ce paradis terrestre un décor parfait pour le retour des deux hommes à leur nature. L’un est taiseux, l’autre démonstratif. L’un accepte son désir, l’autre le refoule, le porte comme un fardeau, sans pouvoir néanmoins l’éradiquer. Vivre cet amour reviendrait alors à se retirer dans ce lieu, à vivre en dehors de la sphère sociale. Déjà leur amour est perturbé par la violence de cette même nature végétale disproportionnée, qui les a accueillis et enfermés : un ours attaque l’un, la neige glace l’autre. La nature humaine, voilà un ennemi encore plus radical : dès qu’ils repartent dans le monde dit civilisé, le désir devient annexe face à l’obligation de remplir un contrat social, celui du mariage, des enfants, du renoncement dans le repentir.

Il y a dans cette histoire un pesant mélange d’amour et de honte : si Jack ne craint pas le regard d’autrui sur son homosexualité et tente de suivre son désir jusqu’à l’acceptation de celui-ci, Ennis ne peut imaginer d’en faire un mode de vie. La saison des pâturages terminée, il partira, laissant Jack reprendre le volant, et se laissant lui-même derrière, définitivement, comme en retrait. Le secret de Brokeback Mountain, plus qu’une histoire d’amour, est l’histoire d’un ratage, d’une impossibilité psychologique. Si le désir existe, il n’est pas montrable pour Ennis. Il l’est pour Ang Lee, et d’une façon fort émouvante : les scènes d’amour physique entre les deux hommes sont filmées avec une rare sensualité. Souvent tournées en gros plan, elles transforment la violence parfois existante entre les deux hommes en grâce, à peine touchée par la lumière, mettant en relief chaque mouvement. La caméra, dans ces instants, frôle les visages, caresse les personnages, parviennent à transmettre une force qui n’a rien d’empruntée.

Cette même caméra s’attarde pourtant de temps à autre à la facilité esthétique : les longs panoramas sur la montagne enneigée, ensoleillée, verte ou regorgeant de moutons venus trouver un bonheur annuel, deviennent vite redondants, trop appuyés, trop lisses. Ang Lee excelle dans la peinture, visuelle et psychologique, des personnages, mais alourdit, en s’attardant sur les couchers de soleil et le caractère grandiose du paysage, son propos intime. On préfère les scènes de bar, de foules et de famille, où l’image, ni immobile, ni trépidante, reflète l’âme tremblante de ces héros. Ces derniers sont par ailleurs incarnés par deux acteurs formidables. Gardant toujours une sobriété, une élégance certaine, Heath Ledger et Jake Gyllenhaal ne versent jamais dans la caricature du « poor lonesome cowboy ». Ils ont le talent de se fondre dans le décor (parfois envahissant), d’attraper par une expression la lumière, de rendre le propos, qui frôle parfois l’histoire à l’eau de rose, juste et sincère. C’est sans doute la plus grande force de ce film qui réussit à narrer un échec sans complaisance ni misérabilisme.

Ariane Beauvillard
 
 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 27, 2006, 01:07 AM
Not the best review, just to compare, from cinema.krinein.com

Titre original : Brokeback Mountain
Réalisation : Ang Lee
Production : Alberta Filmworks Inc., Focus Features, Good Machine, Paramount Pictures, River Road Entertainment, This Is That Productions
Scénario : Larry McMurtry, adapté de la nouvelle de E. Annie Proulx
Acteurs : Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Randy Quaid, Anne Hathaway, Michelle Williams...
Distribution : Focus Features
Durée : 2h14
Date de sortie : 18 janvier 2006

Secret de Brokeback Mountain (Le)
 6
Back Side
> Lire les commentaires de l'équipeLa note des internautes
9 (52 votes)> Lire les commentaires des internautesA l'été 1963 dans l'Etat du Wyoming, deux jeunes cow-boys, Jack Twist (Jake Gyllenhaal) et Ennis Del Mar (Heath Ledger), sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Seuls au milieu d'une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance inattendue...


Ang Lee est imprévisible. Difficile en effet de pressentir qu'après les « blockbuster » Hulk et Tigre et Dragon, il allait s'attaquer au tournage du premier western gay, passé précédemment dans les mains de Gus Van Sant et Joel Schumacher. Un thème à la mode donc, des acteurs montants et une superbe réalisation pour un film qui fera date. D'une part par la polémique qu'il déclenche dans le monde, comme par exemple dans certains états américains où il est interdit de diffusion. D'autre part par la rafle de prix qu'il a obtenu à Venise (Lion d'or) et aux Golden Globes (meilleur film dramatique, meilleur scénario, meilleur réalisateur et meilleure chanson).


Le Secret de Brokeback Mountain est la rencontre de deux hommes qui vont transformer une amitié en amour. L'homosexualité qui se révèle à eux est loin d'être évidente. Totalement perdus, il n'arrivent pas à assumer leurs infidélités et leurs mensonges. Avec intimité et lenteur (les dernières vingt minutes étant carrément interminables), le réalisateur taïwanais filme les deux amants perturbés par leurs doutes. L'un est prêt à assumer l'homosexualité et ses conséquences : le regard et le rejet des autres mais aussi l'optique d'un engagement débridé. L'autre a le désir d'assurer une présence pour ses enfants et n'ose pas affronter les dangers extérieurs d'une adhésion totale à ses sentiments.


En tête d'affiche, le couple Heath Ledger (10 Bonnes Raisons de te Larguer, Les frères Grimm) et Jake Gyllenhaal (Donnie Darko, Jarhead) fonctionne à merveille. La direction rigoureuse d'Ang Lee se sent à chaque plan. Chaque expression, regard et dialogue semble millimétré, donnant un résultat presque aussi parfait que dans The Ice Storm. Pour les seconds rôles, Michelle Williams (Dawson) est déchirante en femme trompée et Anne Hathaway (Princesse Malgré Elle) absolument charmante malgré des perruques du plus mauvais effet. Le tableau original que dresse sur une vingtaine d'années le réalisateur manque parfois de cohérence. On déplore ainsi l'absence de marquage du vieillissement des deux héros et le manque de descriptions de la vie conjugale du personnage de Jack Twist.


Ang Lee montre brillamment le désespoir et la désorientation de deux hommes gays dans les années 1960. Néanmoins, le film est long et l'émotion varie en fonction des orientations spirituelles de chacun.


Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 27, 2006, 01:11 AM
From telerama.fr, another good one
 
Le Secret de Brokeback Mountain
 
Une grande et belle romance à l'ancienne… entre deux cow-boys. Ang Lee a osé, il a bien fait.

 
 Non seulement les histoires d'amour finissent mal, mais désormais, elles donnent du fil à retordre aux cinéastes. Il faut voir le traitement que Hollywood inflige à ses love stories : des comédies romantiques « énormes » (et souvent drôles d'ailleurs), à la sauce trash, pour mettre à distance la romance et éviter d'ennuyer les foules avec les sentiments, ces vieilles choses. Depuis Sur la route de Madison (1995), de Clint Eastwood, un seul film a soufflé avec succès sur les braises du mélo d'amour immémorial. Il venait d'Extrême-Orient : In the mood for love. Cet exploit signé Wong Kar-wai était d'abord une affaire de style : forme déconstruite, tournoiement de signes fétichisés.

Le Secret de Brokeback Mountain, hollywoodien mais réalisé par un autre Asiatique mondialement connu, Ang Lee (Tigre et Dragon, Hulk), est au contraire d'un classicisme total. Pourtant, il parvient à une prouesse analogue : redonner toute sa vigueur au film d'amour. Cette réussite tient d'abord à un récit, grande spécialité américaine. La nouvelle d'Annie Proulx (Brokeback Mountain tout court) publiée pour la première fois dans le New Yorker en 1999, aujourd'hui rééditée en France (chez Grasset), est fulgurante. En moins d'une centaine de pages, toute l'ivresse et le malheur d'une passion mutuelle et impossible entre deux gardiens de bétail du Wyoming, de 1963 au début des années 80. L'idée d'en faire un film vint très vite, le projet resta longtemps entre les mains de Gus Van Sant et effraya plus d'un acteur (dont Brad Pitt et Leonardo DiCaprio). C'est à croire que tout a changé en quelques années : aujourd'hui, Brokeback Mountain est, outre-Atlantique, le film le plus prisé par la critique et les gens de cinéma. Il a aussi obtenu le Lion d'or au dernier festival de Venise.

Quand Jack le brun et Ennis le blond sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons, pendant la saison de transhumance, ils ont 20 ans, ne se connaissent pas. On apprend au détour de leurs conversations rudimentaires qu'ils viennent tous les deux de familles modestes, évidemment rurales, et qu'Ennis, de loin le plus fruste, a perdu ses parents encore môme. La première partie du film dévide les semaines passées à deux en pleine nature, selon le protocole voulu par le propriétaire du troupeau : l'un dort en altitude, près des moutons, l'autre, un peu plus bas, au camp… Ils partagent des boîtes de haricots le soir auprès du feu. Amicalement. Jusqu'à la nuit où, moitié à cause du froid et du whisky, moitié parce que Jack le veut, ils couchent ensemble.

L'homosexualité entre cow-boys, oui, mais le film ne se veut pas pour autant une « relecture » du western antique, à la lumière d'une (relative) décontraction des mœurs contemporaines. Les années 60, où s'inscrit Brokeback Mountain, sont d'ailleurs marquées par le déclin de l'Ouest mythique et celui du western. Au fond, Ang Lee n'emprunte à ce genre que ses paysages et ses costumes, pas du tout ses structures narratives ni son esprit – aucun éloge du labeur des cow-boys, montré ici sous un jour fastidieux au possible. Brokeback Mountain est avant tout un intense mélodrame, une histoire d'empêchement. Quand les deux garçons terminent leur job saisonnier, finie aussi la lune de miel. L'Amérique profonde, archaïque (celle-là même qui perdure toujours), rappelle à l'ordre les amants. Ennis en a intégré tous les interdits, Jack en subira les conséquences.

Ce sont donc des acteurs peu connus (pour plus de détails, se reporter au numéro précédent) qui « osent » jouer les pédés dans ce film qui restera une première dans l'histoire de Hollywood. On peut préférer la fine sobriété de Jake Gyllenhaal (Jack) à la composition très payante de Heath Ledger, avec accent péquenot à tailler au couteau. Mais tous deux réussissent le plus difficile : exprimer de l'intérieur le passage des années et les regrets creusés, alors que leur maquillage de vieillissement se fait un peu trop voyant. Et s'il manque parfois, à la réalisation, le génie spécial d'un… Wong Kar-wai pour dire le lent et vain écoulement de l'énergie vitale loin de l'être aimé, deux personnages bouleversants s'incarnent bel et bien. Jack qui dit oui à tout en restant fixé sur un seul objet d'amour ; Ennis qui, au fil du temps, dit non à tous (sa femme, son amant, sa maîtresse, sa fille), incapable de vivre ni selon son cœur ni autrement.

Le film – comme la nouvelle – séduit aussi par sa manière, très inactuelle, de prôner une sorte de religion du souvenir. On voit à plusieurs reprises les deux cow-boys s'évader en pleine nature lors de leurs rares moments partagés, une fois qu'ils sont englués dans leurs destins respectifs. On peut d'abord penser qu'il s'agit d'échapper aux regards d'autrui, à la norme sociale, etc. Mais, peu à peu, il apparaît que leurs escapades sont autant de pèlerinages. Sans jamais oser retourner à Brokeback Mountain, ils reconstituent tacitement, invariablement, les conditions de leur première fois. Comme s'il n'y avait qu'un seul instant d'éternité dans toute une vie et, ensuite, des décennies vouées, en solitaire ou à deux, au culte de cet instant.

 
Louis Guichard



 
(Brokeback Mountain). Américain (2h14). Réalisation : Ang Lee. Scénario : Larry McMurtry & Diana Ossana. Avec : Heath Ledger (Ennis), Jake Gyllenhaal (Jack), Michelle Williams (Alma).

 

 
 
 

 
 
 
 
 
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Feb 16, 2006, 01:48 PM
The March issue of the French gay men's magazine Têtu has some things to say about BBM. Here is the editorial, which I found worth the read. My own translation into English, I take responsibility for errors.

The Magic Mountain, by Thomas Doustaly (editorial in Têtu, March 2006)

« I ain't no queer, » says Ennis. « Me neither. A one-shot thing. It's nobody's business but ours, » Jack replies. Even before the Oscar awards on March 5th for which it has been nominated 8 times, Ang Lee's film Brokeback Mountain has already inaugurated a new era in the way Hollywood brings homosexuality to the screen. But what exactly has changed, thanks to the planet-wide success of the passion that unites two farmhands, Ennis Del Mar and Jack Twist, from their meeting in 1963 to Jack's death twenty years later ? The film's promoters have focused entirely on the idea that the film tells a simple « universal » love story, a story that cannot be reduced to its homosexual dimension. Undoubtedly. But that isn't the whole story. The press has spread the promoters' view widely, with few exceptions. But who can believe that the millions of spectators who acclaim this film have only just now discovered that love is universal, that it defies time and genres ? What if the film's originality were somewhere else ?

What's new in Brokeback Mountain isn't that it's a homosexual love story - Hollywood has already done that a hundred times – it's the almost total absence of identifiable references to what the masses consider as gay codes. For the last thirty years, Hollywood's homosexual was gay, i.e., he was more than just his sex life (often rather limited), he was first and foremost a way of life, a vocabulary, a look, all the things that speak for him, an ensemble of signs that were so many labels. These « standard » gays, like Tom Hanks and Antonio Banderas in Philadelphia (1993) have become successful television series characters in « Queer As Folk » or « Six Feet Under. » And to be frank, they've succeeded in boring everybody, homos and heteros, their presence is so predictable. In taking Annie Proulx's short story, published in 1999, Ang Lee has gone against the trend : since they aren't queers, his heroes are « merely » but completely Americans. An « American » is neither a New Yorker nor a California surf-king. An American is also, and perhaps above all, a country hick from Wyoming, 44th state of the United States, 500,000 inhabitants, a lot of plain and high mountains greater than the United Kingdom including Northern Ireland, and a hundred times less populated. « It's nobody's business but ours, » says Jack. With that, millions of spectators rediscover the pleasure of seeing homosexuals that don't want to be seen, the satisfaction of observing them from afar, behind a pair of binoculars, like their bad-guy employer Joe Aguirre. What do you see from 500 metres, when you can barely make out a face ? Love ? No, you see sex. Sure, Ang Lee is careful to do it as quickly as the two heroes. But the sodomy scene is raw. It says it all : Jack and Ennis's secret is sex, whatever the clever publicity folk might say. Annie Proulx's dry prose says it better than the adaptation, notably when she describes the lovers' reunion after four years of forced separation : « The room stank of semen and smoke and sweat and whiskey, of old carpet and sour hay, saddle-leather, shit and cheap soap. » Ang Lee's talent is to allow the spectators the freedom to imagine the odour of stale tobacco, old carpet, whiskey and cheap soap without bleaching out the sad heroes' secretions. Eternal paradox of melodrama : the love between Jack and Ennis lies in what they miss, what makes them suffer horribly, but which is always there, forever. Sex is what they succeed at getting, what makes them weep for pleasure (« You sent me up to seventh heaven, now make it last, » says Jack to his man), but which they rarely get after the summer they spend together on Brokeback Mountain. Summer ends quickly in Wyoming's mountains : « The first snow came early, on August thirteenth, piling up a foot [...]. »

So, love and sex and tragedy. Keeping it secret wasn't a matter of personal taste for two young men who discover their homosexuality in rural America in the 60's. It was a matter of life or death. To understand that, one has only to read Will Fellows' admirable book (unfortunately not translated into French), Farm Boys – Lives of Gay Men from the Rural Midwest, a book of about thirty interviews of homosexuals whose lives mirror those of Jack and Ennis. Longing, frustration, marriage maybe, children sometimes, but always, inevitably, a secret. Stunning and occasionally drole, these first-person narratives all have in common the fear of being discovered. A permanent, terrible fear, rarely unjustified.

(If you haven't seen the film, don't read what follows.) Why is Jack, at 39, murdered on a road-side with a tire iron ? The reason is simple : like others before him, like Matthew Shepard, tortured to death on October 6 1998 in Laramie, Jack wanted to come out of the closet in a state (Wyoming) where one simply could not do that. Of the two lovers, he's the one who suffers more from the secrecy, who believes he can be free of it because for him, homosexuality isn't a scandal. But in revealing himself, Jack endangers himself, and dies. The assassins don't eliminate him because he reveals that he loves Ennis, but because he plans to live with another man, someone else that he probably loves less. F**k : yes, be open about it : no.

This drama ought to silence all those who wanted to use the film as a weapon against gay visibility. The Gay Pride marches, the specialised homo shopping and gay parties do certainly tend to succumb to the pathetic, but that there are gay country hicks (let's call it what it is in fact) comes as a surprise only to those who still believe in the myth of the consubstantial refinement of homosexuals. Ang Lee isn't encouraging us to stay hidden. He has produced an artist's film in the sense that it tells more about himself than about the Midwest, a film that states the dignity of homosexuals who, despite love and despite pleasure, cannot be free of the shame that has been instilled into them.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 16, 2006, 03:03 PM
Merci beaucoup Stephan!
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Feb 17, 2006, 08:34 AM
Bonjour,
for all the native French speakers, here's the editorial from my previous post, version originale.

(editorial de Têtu, mars 2006)

La Montagne Magique
Thomas Doustaly

«Je suis pas un pédé», dit Ennis. «Moi non plus. C'est parti comme un boulet. Regarde personne que nous», répond Jack. Avant même la cérémonie des oscars, le 5 mars, pour lesquels il est nommé huit fois, le film d'Ang Lee, Le Secret de Brokeback Mountain, a déjà marqué une nouvelle ère dans la représentation de l'homosexualité dans le cinéma hollywoodien. Mais qu'est-ce qui change, exactement, grâce au succès planétaire de l'histoire passionnelle qui unit Ennis del Mar et Jack Twist, deux garçons de ferme, entre leur rencontre en 1963 et la mort de Jack vingt ans plus tard ? La promotion du film a été entièrement construite sur l'idée qu'il s'agit d'une simple histoire d'amour, universelle comme on dit aujourd'hui, sous-entendu non réductible à sa dimension homosexuelle. Incontestable, mais un peu court. La presse a très largement repris ce discours, à de rares exceptions près. Mais qui peut croire que les millions de spectateurs qui ont fait un triomphe au film ignoraient encore le caractère universel de l'amour, au-delà des âges, des genres, des sexes? Et si la grande nouveauté était ailleurs?

Ce qu'il y a de neuf dans Brokeback Mountain, ce n'est pas l'histoire d'amour homosexuelle, Hollywood en a mis en scène des centaines, c'est l'absence presque totale de références repérables par le grand public aux codes gay. Depuis trente ans, l'homo hollywoodien est gay, c'est-à-dire qu'il est plus que sa sexualité (souvent assez réduite par ailleurs), il est avant tout un mode de vie, un vocabulaire, une allure, toutes choses qui parlent pour lui, un ensemble de signes qui sont son étiquette. Ces gays standardisés, ceux qu'incarnaient par exemple Tom Hanks et Antonio Banderas dans Philadelphia, en 1993, sont devenus des personnages de séries télévisées à succès, dans «Queer as Folk» ou dans «Six Feet Under». Et, avouons-le, ils ont fini par fatiguer tout le monde, homos ou hétéros, tant leur présence est prévisible. En adaptant la nouvelle d'Annie Proulx, publiée en 1999, Ang Lee prend le contre-pied : puisqu'ils ne sont pas des pédés, ses héros seront «seulement» mais totalement des Américains. Et un Américain, ce n'est ni un New-Yorkais ni un surfeur californien. Un Américain, c'est aussi, et d'une certaine façon surtout, un plouc du Wyoming, 44e État des États-Unis, 500000 habitants, un territoire de plaines (beaucoup) et de montagnes (hautes) plus vaste que la Grande-Bretagne, Irlande du Nord comprise, mais cent fois moins peuplé. «Regarde personne que nous», dit Jack, et des millions de spectateurs retrouvent le plaisir de voir des homosexuels qui ne veulent pas être vus, la satisfaction de les observer de loin, comme Joe Aguirre, leur méchant patron, à la jumelle. Mais voit-on l'amour à cinq cents mètres, quand on peine à distinguer un visage ? Non, on voit du sexe. Certes, Ang Lee a pris le soin de faire ça aussi vite que ses héros. Mais la scène de sodomie est crue. Elle dit tout: ce qui doit rester secret, entre Jack et Ennis, c'est bien le sexe, quoi qu'en disent les publicitaires malins. La prose sèche d'Annie Proulx en témoigne encore mieux que son adaptation, notamment quand elle décrit les retrouvailles des deux amants après quatre ans de séparation forcée : «La chambre empestait le sperme, la fumée, la sueur et le whisky, la vieille moquette et le foin aigre, le cuir de selle, la merde et le savon bon marché.» Le talent d'Ang Lee, c'est de laisser aux spectateurs la liberté de ne percevoir que l'odeur de tabac froid, de vieille moquette, de whisky et de savon bon marché, sans pour autant javelliser les sécrétions de ses tristes héros. Paradoxe éternel du mélo : l'amour entre Jack et Ennis, c'est ce qu'ils ratent, ce qui les fait horriblement souffrir, mais qui est toujours, éternellement, là. Le sexe, c'est ce qu'ils réussissent, ce qui leur donne un plaisir à pleurer («Tu m'as expédié au septième ciel, fais quelque chose pour que ça continue», dit Jack à son homme), mais qui n'a presque jamais lieu après l'été passé ensemble à Brokeback Mountain. L'été finit vite dans les montagnes du Wyoming : «La première neige tomba tôt, le 13 août, trente centimètres [...].»

Amour et sexe, donc, mais aussi tragédie. Le secret n'était pas une affaire de goût pour des jeunes hommes qui découvraient leur homosexualité dans l'Amérique profonde des années 60. C'était une question de vie ou de mort. Il suffit pour s'en convaincre de lire le livre admirable de Will Fellows, qui n'est malheureusement pas traduit en français, Farm Boys - Lives of Gay Men from thé Rural Midwest («Garçons de ferme - Histoires de gays originaires de la campagne du Middle West»), qui rassemble une trentaine d'entretiens avec des homos dont la vie ressemble beaucoup à celles de Jack et d'Ennis. Des désirs, des frustrations, un mariage peut-être, des enfants parfois, mais toujours, systématiquement, le secret. Bouleversants, parfois très drôles, ces récits à la première personne ont tous en commun la peur d'être découvert. Une peur permanente, terrible, mais rarement injustifiée. (Si vous n'avez pas encore vu le film, ne lisez pas la suite.) Pourquoi Jack finit-il assassiné au bord d'une route, à 39 ans, à coups de démonte-pneu ? Pour une raison simple: comme d'autres avant lui, comme Matthew Shepard, torturé à mort le 6 octobre 1998 à Laramie, Jack a voulu sortir du placard dans un État, le Wyoming, où on ne peut tout simplement pas le faire. Il est celui des deux amants qui souffre le plus du secret, qui croit pouvoir s'en affranchir parce que le scandale de l'homosexualité n'existe pas pour lui. Mais, en se dévoilant, Jack se met en danger, et il meurt. Mais ce n'est pas la révélation de son amour pour Ennis qui conduit ses assassins à l'exterminer, c'est son projet de vivre avec un homme, un autre, qu'il aime probablement moins. Niquer oui, s'afficher non. Ce drame devrait faire taire ceux qui ont voulu se servir du film comme d'une arme contre la visibilité gay. Certes, les gay pride, les commerces homos spécialisés et les festivités gay en tout genre sombrent de plus en plus souvent dans le ridicule, mais la plouquerie gay (puisqu'il faut l'appeler par son nom) n'étonne que ceux qui croient encore au mythe du raffinement consubstantiel des homos. Ang Lee ne nous encourage pas à nous cacher. Il livre un film d'auteur, au sens où son œuvre parle sans doute plus de lui que du Middle West, un film qui veut dire toute la dignité des homos qui ne peuvent pas, malgré l'amour, malgré le plaisir, s'affranchir de la honte qu'on a mise dans leur tête.
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Feb 17, 2006, 08:36 AM
And here is the front cover of the magazine in question.

(http://i36.photobucket.com/albums/e43/stephbrokeback/tetumars.jpg)
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Feb 17, 2006, 08:46 AM
Thankx Stephan!

btw...very nice Cover! ;D
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 17, 2006, 01:29 PM
Thankx Stephan!

btw...very nice Cover! ;D

Ditto!

Rrrrrrrrrrr!  :P
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Feb 19, 2006, 02:45 PM
Here below is the inside article from the March issue of Têtu - in French. Translation in progress.
IMHO, it's mostly gossip.

L'EFFET « BROKEBACK MOUNTAIN » : HOLLYWOOD VOIT ROSE
AVEC HUIT NOMINATIONS AUX OSCARS, UN SUCCÈS PUBLIC MONDIAL ET 51 MILLIONS DE DOLLARS DE RECETTES
AU BOX-OFFICE AMÉRICAIN EN FÉVRIER, LE « WESTERN GAY » D'ANG LEE EST EN TRAIN DE CHANGER LA FACE D'HOLLYWOOD.
CE SUCCÈS ANNONCE-T-IL UNE NOUVELLE ÈRE POUR LES PERSONNAGES HOMOS AU CINÉMA?

Les médias américains ne se posent même plus la question ; il y aura définitivement un avant et un après Brokeback Mountain à Hollywood (en France, le film a déjà fait plus de 500000 entrées [sic] en quinze jours). Les grands studios US ont toujours été réticents à monter des projets ambitieux à partir d'un scénario mettant en scène l'homosexualité. À part Philadelphie (il y a treize ans!), peu de projets de ce type ont bénéficié d'une distribution et d'une campagne de promotion grand public. Jusqu'à aujourd'hui, l'homosexualité à Hollywood était synonyme de cinéma indépendant avec une distribution ne dépassant pas New York, San Francisco, Los Angeles et quelques festivals. Le film d'Ang Lee s'est également installé au cœur du débat politique. George W. Bush, qui aime toujours se présenter comme un cow-boy, n'a pu éviter la question d'un étudiant d'une université du Kansas : «Avez-vous vu Brokeback Mountain ?» John Tully, qui était dans la salle, raconte: «Le président est devenu blême, les étudiants ont beaucoup ri à la question! Bush n'a pu que répondre qu'il avait entendu parler du film et qu'il adorait les histoires qui tournent autour des ranchs.» De nombreux commentateurs politiques américains ont pris en exemple cet événement démontrant que le président reste coupé de la réalité quotidienne américaine (et notamment celle des minorités), alors que son taux de popularité s'effondre. Le magazine People a rappelé également que le film était un hit au Texas, notamment dans le multiplex le plus proche du ranch de la famille Bush...

Au-delà d'Hollywood et du monde politique, le show-biz réagit, pour le moment, avec prudence aux huit nominations de Brokeback Mountain - dont celle d'Heath Ledger (ci-dessus) dans la catégorie «meilleur acteur» - pour les oscars qui auront lieu le 5 mars. La responsable d'un cabinet d'analyse des médias à Los Angeles confie: "Entre nous, je sais que la chaîne ABC, qui va retransmettre les oscars, est inquiète pour le taux d'audience de la cérémonie. Le résultat le plus faible avait été obtenu avec Chicago [six oscars en 2003]. Les dirigeants de la chaîne ont peur de l'effet Brokeback Mountain. Ils ne le diront jamais dans les médias, mais ils n'auraient sûrement pas voté pour Ang Lee. Pour eux, rien ne vaut un bon Titanic. Le film d'Ang Lee est trop subtil." D'autre part, The Hollywood Reporter rapporte que le film a mis des années avant d'être produit. La difficulté principale aura été le casting. De nombreux acteurs étaient plus qu'enthousiastes à l'idée de faire le film, mais leurs agents ont fait pression pour qu'ils refusent. À Hollywood, dans les dîners, tout le monde parle de Brad Pitt, qui rêve d'un oscar depuis des années et qui, au cours d'une mémorable engueulade, aurait dit à son agent : «C'était un des meilleurs scénarios jamais écrits, le film était parfait et, en t'écoutant, avec tes réticences stupides, j'ai peut-être raté un des rôles de ma vie. » Les médias américains expliquent que l'acteur cherche absolument à trouver un rôle de gay dans une autre très belle histoire d'amour. Cette volonté de Brad Pitt est confirmée par de nombreuses sources à Hollywood, et les studios cherchent dans leurs tiroirs tous les projets estampillés gay qui pourraient plaire à l'acteur. Brad Pitt a toutefois émis la condition que le film puisse, comme Brokeback Mountain, plaire à tous les publics. Il est vrai que le long métrage a dépassé toutes les espérances des observateurs de l'industrie du cinéma en touchant un vaste public outre-Atlantique. La campagne menée par l'extrême droite religieuse pour faire interdire le film a été vite oubliée, et il n'y a eu que de très rares incidents (quelques déprogrammations). Ce western atypique est un succès dans les États les plus conservateurs du pays et les médias locaux racontent tous les jours des histoires de famille parlant enfin de l'homosexualité de l'un des leurs après la projection. La force de celui-ci a désarçonné la droite religieuse américaine. Quand une chanteuse montre un bout de sein à la télé, le terrain d'attaque est plus facile. La finesse du film d'Ang Lee touche è l'universel, au-delà même de l'histoire d'amour homosexuelle. La droite s'est retrouvée, cette fois-ci, désarmée. La suite de l'histoire du film s'écrira le soir de la cérémonie des oscars, où le Tout-Hollywood pourra s'afficher plus gay-friendly que jamais sur le fameux tapis rouge de la montée des marches. Nicolas Jan
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Feb 19, 2006, 03:22 PM
very good one Stephan..thankx for posting!!!

Quote
La finesse du film d'Ang Lee touche è l'universel, au-delà même de l'histoire d'amour homosexuelle. La droite s'est retrouvée, cette fois-ci, désarmée. La suite de l'histoire du film s'écrira le soir de la cérémonie des oscars, où le Tout-Hollywood pourra s'afficher plus gay-friendly que jamais sur le fameux tapis rouge de la montée des marches.
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Feb 21, 2006, 03:55 PM
Finally, the English translation of my previous post - inside article in Têtu, March issue.

The Brokeback Mountain Effect: Hollywood Sees Pink

With eight Oscar nominations, a world-wide public hit and US box-office receipts of 51 million dollars in February, Ang Lee's « gay Western » is changing the face of Hollywood. Does this success herald a new era for gay characters in the movies?

For the American media, there is no more doubt: there will definitely be a before and after Brokeback Mountain in Hollywood (in France, the film has already seen more than 500 000 entries [sic] in two weeks). Major studios in the US have always hesitated to go ahead with ambitious projects that put homosexuality on the screen. Apart from Philadelphia (13 years ago!), few such projects have succeeded in getting a campaign aimed at the general public. Until now, homosexuality in Hollywood was synonymous with independent cinema and a distribution limited to New York, San Francisco, Los Angeles and a few festivals. Ang Lee's film has also ensconced itself in political debate. George W. Bush, who still loves to present himself as a cowboy, couldn't avoid a Kansas University student's question: « Did you see Brokeback Mountain? » John Tully, who was present, tells us: « The President went pale, the students laughed a lot at the question! Bush could only reply that he had heard about the film and that he loved stories that involved ranches. » A number of American political commentators have latched onto the event to show that the President remains cut off from every-day American reality (of the minorities in particular) even as his popularity spirals downward. People magazine has also reminded us that the film is a hit in Texas, notably in the multiplex closest to the Bush family's ranch...

Outside Hollywood and political circles, the show-biz world's reaction to Brokeback's eight Oscar nominations (including Heath Ledger for « best actor ») has been prudent for the time being – the ceremony is March 5. From a team of media analysts in Los Angeles, one person confides: Just between you and me, « I know that ABC, who'll be transmitting the Oscars, is worried about its audience rating for the ceremony. The weakest score was obtained with Chicago [6 Oscars in 2003]. The network's directors are afraid of a Brokeback Mountain effect. They'll never say so to the media, but they would never have voted for Ang Lee's film. For them, there's no match for a good Titanic. Ang Lee's film is too subtle. » Further, the Hollywood Reporter says that it was years before the film could be produced. The principal difficulty was casting. A number of actors were enthusiastic at the thought of doing the film, but their agents pressured them to refuse. At Hollywood dinner tables, everyone's talking about Brad Pitt who's been dreaming for years of an Oscar and who's said to have said to his agent in a memorable fight: « It was one of the best scenarios ever written, the movie was perfect, and by listening to you and your stupid reticence, I've no doubt missed one of the roles of my life. » American media explain that the actor is looking desperately for a gay rôle in a beautiful love story. Brad Pitt's determination is confirmed by several Hollywood sources, and the studios are searching in their desks for any story marked « gay » that might meet the actor's approval. Brad Pitt has however made one condition: that the film be for the general public, like Brokeback Mountain.
 
The movie has certainly outdistanced all hopes of the movie industry by appealing to a large audience outside the US. The religious right-wing's campaign to have the film banned was quickly forgotten, and there were only a few incidents (a few deprogrammisations). This untypical Western is a hit in the most conservative States of the country and local media are reporting every day stories about people who are at last talking about homosexuality in their own families after seeing the film. Its force has taken the steam out of the American religious right-wing. When a singer shows one of her breasts on television, attack is much easier. The finesse of Ang Lee's movie touches a universal nerve; it's more than just a homosexual love story. The right-wing found itself disarmed. The sequel to this movie will be seen the night of the Oscars, where all of Hollywood can show itself more gay-friendly than ever before on the steps of the famous red carpet. Nicolas Jan.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 23, 2006, 02:14 AM
Something interesting from AFP, Agence France Presse:

Le mercredi 22 février 2006

Capote, consacré à l'affaire criminelle ayant conduit l'écrivain Truman Capote à rédiger son chef-d'oeuvre, le roman De sang-froid, jette un regard sans complaisance sur la morale dans le journalisme.

Des films graves, consacrés à des sujets de société, dominent les Oscars

Marc Lavine

Agence France-Presse

Los Angeles


Racisme, terrorisme, liberté d'expression, tolérance envers les minorités: à des lieues des films à grand spectacle ou des comédies, ce sont des longs métrages graves, abordant les questions morales et de société, qui dominent la course aux Oscars 2006.

«Il est inhabituel de voir autant de films sérieux dans une seule cuvée des Oscars», remarque Marty Grove, éditorialiste au quotidien spécialisé Hollywood Reporter.

«Il y a quelques années, les films sérieux auraient été l'exception, mais en ce moment, ils sont davantage pris en considération par ceux qui remettent les récompenses, tandis que le public accueille mieux les films graves, qu'il s'agisse de documentaires ou de fiction», affirme-t-il à l'AFP.

Capote, consacré à l'affaire criminelle ayant conduit l'écrivain Truman Capote à rédiger son chef-d'oeuvre, le roman De sang-froid, jette un regard sans complaisance sur la morale dans le journalisme.

Good Night, and Good Luck de George Clooney raconte l'affrontement entre un journaliste de télévision et le sénateur anticommuniste américain Joseph McCarthy dans les années 1950, sur le sujet toujours d'actualité du contre-pouvoir des médias face aux dérives des politiques.

De son côté, le drame Crash de Paul Haggis, qui aborde la cérémonie du 5 mars avec six nominations, narre les avatars de quatre personnes issues de différentes classes sociales de Los Angeles dont les préjugés sont mis à l'épreuve.

Même un maître des films à grand spectacle, Steven Spielberg, concourt cette année aux Oscars avec un film grave, Munich, récit des représailles israéliennes contre les commanditaires de la prise d'otages des jeux Olympiques de 1972 et évocation en filigrane des assassinats ciblés actuels de l'État hébreu.

Quant au grand favori des Oscars avec huit nominations, Brokeback Mountain, il évoque l'histoire douloureuse de deux jeunes hommes qui tombent amoureux l'un de l'autre dans l'Amérique profonde et conservatrice des années 1960 et 1970.

Cette prééminence de sujets graves dépasse la catégorie du meilleur film et du meilleur réalisateur: The Constant Gardener, adapté du roman de John Le Carré, décrit les manoeuvres sans scrupules d'une multinationale pharmaceutique en Afrique noire. Un autre thriller, Syriana, étudie quant à lui les complexes réseaux de l'ombre autour de la manne pétrolière au Moyen-Orient.

«Tous ces films reflètent les inquiétudes des cinéastes face à l'évolution de notre société», assure M. Grove. «Dans le monde de l'après 11 septembre, la moralité des médias, des politiques ou des grandes entreprises est un sujet d'inquiétude, et cela donne du grain à moudre aux metteurs en scène», ajoute-t-il.

La guerre menée depuis trois ans par les États-Unis en Irak, plusieurs scandales financiers et l'incapacité présumée des médias à jouer leur rôle de contre-pouvoir ont joué sur l'état d'esprit des spectateurs, renchérit le professeur Leo Braudy, spécialiste de la culture populaire à l'Université de Californie du Sud.

«J'ai tendance à voir (ce phénomène) comme le côté obscur de James Bond, des films dans lesquels le héros triomphe contre un seul ennemi mégalomane», explique-t-il. «De nos jours, le modèle du James Bond est trop facile. La vie n'est plus aussi simple», constate-t-il, exemple de Syriana à l'appui.

La force des films nommés cette année est toutefois de ne pas avoir oublié d'être distrayants malgré tout, souligne M. Grove: «À une époque comme la nôtre, il est logique de voir des oeuvres consacrées aux inquiétudes, mais les films restent divertissants et c'est vraiment une réussite», fait-il remarquer.






Title: Re: French reviews
Post by: frenchcda on Feb 23, 2006, 02:41 AM
You guy's have really got me crying after reading all the articles written in French, it touched home, after all my first language is French. You have done this forum a great honor in posting these articles. Thank You, now I need to blow my nose and wipe my tears off my faces
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 23, 2006, 12:19 PM
You guy's have really got me crying after reading all the articles written in French, it touched home, after all my first language is French. You have done this forum a great honor in posting these articles. Thank You, now I need to blow my nose and wipe my tears off my faces

1st you're welcome!

2nd here's my virtual shoulder to spread tears on.

Warm hugs!  :-*
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Feb 23, 2006, 03:29 PM
You guy's have really got me crying after reading all the articles written in French, it touched home, after all my first language is French. You have done this forum a great honor in posting these articles. Thank You, now I need to blow my nose and wipe my tears off my faces

Cher ami, we are a family ! We share !  ;)
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 24, 2006, 09:24 PM
Another intersting article from AFP (Agence France Presse)

Les films indépendants éclipsent ceux des grands studios aux Oscars

Marc Lavine

AFP

Los Angeles


La quasi totalité des films concourant dans les catégories les plus prestigieuses des Oscars 2006 sont des oeuvres à petit budget et soutenues par des producteurs indépendants, les longs métrages des grands studios se retrouvant marginalisés.

«Il est très inhabituel de voir quatre longs métrages indépendants sur les cinq nommés pour le meilleur film, c'était plutôt le contraire dans le passé», a remarqué Marty Grove, éditorialiste au quotidien spécialisé Hollywood Reporter.

«Si (ces films) ne sont pas vraiment réalisés de façon indépendante, ils sont au moins produits par les filiales spécialisées dans les productions indépendantes des grands studios», a-t-il déclaré à l'AFP.

Seule exception cette année, le film Munich de Steven Spielberg, avec un budget de quelque 75 millions de dollars, produit par DreamWorks et distribué par Universal.

Les quatre autres finalistes, Brokeback Mountain, Crash, Good Night, and Good Luck et Capote étaient dotés de budgets modestes, financés par des investisseurs privés.

Brokeback Mountain, qui met en scène deux cow-boys homosexuels et part favori avec huit nominations, n'a coûté que 14 millions de dollars, financés par Sony Independent Pictures et le copropriétaire d'une équipe de baseball du Minnesota.

George Clooney a bouclé le budget de 7,5 millions de dollars de son film sur le maccarthysme Good Night, and Good Luck, avec l'aide du propriétaire d'un club de basket de Dallas et celle de la maison de production de Jeff Skoll, l'un des fondateurs du site d'enchères en ligne eBay.

Le budget du film Crash, nommé lui aussi six fois, ne dépasse par les 6,5 millions de dollars, malgré la présence de Matt Dillon et de Sandra Bullock au générique; Paul Haggis n'avait aucune assurance de voir le film sortir lorsqu'il a commencé à le tourner et c'est un entrepreneur immobilier qui l'a financé.

Capote, avec 7 millions de dollars de budget, est pour sa part co-financé par une société indépendante canadienne. Des films nommés dans d'autres catégories, comme Hustle and Flow, Syriana et Transamerica ont eux aussi été tournés avec peu de moyens.

Les seules grosses productions rescapées aux Oscars sont, outre Munich (cinq nominations), Memoirs of a Geisha, qui a coûté 85 millions de dollars et obtenu six nominations techniques, Walk the Line (29 millions de dollars, cinq sélections), The Constant Gardener (25 millions de dollars, quatre nominations).

Quant à King Kong, le sixième film le plus cher de l'histoire de Hollywood avec 207 millions de dollars, il n'a obtenu que quatre nominations, essentiellement techniques.

«Les organisations qui remettent les récompenses à Hollywood ne portent plus au pinacle les mêmes choses qu'il y a quelques années. Elles ont tendance à honorer des films sérieux, davantage que des oeuvres à grand spectacle», a affirmé M. Grove.

En outre, de nombreux cinéastes et acteurs comme George Clooney, peu satisfaits des rôles qui leur étaient offerts par les grands studios, ont fondé leurs propres maisons de production, s'en servant pour lancer des projets qui leur tenaient à coeur.

Toutefois, lorsqu'il s'agit des recettes en salles, ce sont toujours les grosses machines hollywoodiennes qui règnent: la comédie sans ambition intellectuelle Big Mamma a raflé 62 millions de dollars dans les 10 jours suivant sa sortie en Amérique du Nord, tandis que Brokeback Mountain en est à 67 millions en trois mois d'exploitation.

Crash a obtenu neuf millions de dollars de recettes en salles, tandis que Good Night, and Good Luck en est à 28 millions de dollars, un peu plus que Capote, à 20 millions de dollars.

«Ils ont été bien reçus par la critique (...), mais finalement, ils n'ont pas été vus par beaucoup de spectateurs», remarque le professeur Leo Braudy, spécialiste de la culture populaire à l'Université de Californie du Sud.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 24, 2006, 09:41 PM
Something  I found on wikipedia.org.
Interesting but, they made a little mistake about the release dates, BBM was released at the same time in USA and Canada.
They provide a lot of information about the locations where the movie was filmed and a nice review of all the awards received.


Synopsis
Adapté d'une nouvelle d'Annie Proulx, prix Pulitzer (¹), le film raconte la passion secrète vécue pendant vingt ans par deux hommes, Ennis del Mar et Jack Twist qui « avaient grandi dans deux misérables petits ranchs aux deux extrémités de l'État [du Wyoming] ». Ces deux cow-boys se rencontrent au printemps 1963, employés par le Farm and Ranch Employment, l'un comme berger, l'autre comme responsable de camp, assignés au même élevage de moutons au nord de Signal, dans un alpage situé sur la Brokeback Mountain, « ils n'avaient pas vingt ans ». Malgré cette première rencontre, suivie par une seconde seulement quatre ans après, ils font leur vie chacun de leur côté, se marient, ont des enfants, et se rencontrent épisodiquement entre le Wyoming et le Texas, avant que Jack Twist ne soit tué dans des circonstances douteuses, laissant Ennis seul avec ses souvenirs.

¹ publiée dans The New Yorker en octobre 1997, puis en français dans le recueil Les Pieds dans la boue, Rivages poche / Bibliothèque étrangère, Payot 2001, puis extraite du recueil par Grasset, 2006, à l'occasion de la sortie du film.


Commentaire et critique
La difficulté d'être gay, que ce soit vis-à-vis de soi-même ou vis-à-vis de la société, est au cœur de ce film qui emprunte au genre western tout en s'en démarquant. « Brokeback est une grande histoire d'amour épique qui représente le rêve d'une complicité totale et honnête avec une autre personne », résume son auteur Ang Lee. Une réplique de la nouvelle d'Annie Proulx a particulièrement marqué le réalisateur ("Tout ce que nous avons, c'est Brokeback Mountain"). « C'est-à-dire un endroit hors du temps, hors du monde, où, en toute innocence, ils se sont aimés, où ils ont cru pouvoir s'aimer. […] C'est ce qui m'intéressait : faire un film sur l'illusion de l'amour. Pas sur le véritable amour. On ne sait pas ce que c'est. ».

Télérama remarque que « s'il manque parfois à la réalisation, le génie spécial d'un… Wong Kar-wai pour dire le lent et vain écoulement de l'énergie vitale loin de l'être aimé, deux personnages bouleversants s'incarnent bel et bien. […] Comme s'il n'y avait qu'un seul instant d'éternité dans toute une vie et, ensuite, des décennies vouées, en solitaire ou à deux, au culte de cet instant. » (Télérama n° 2923, Louis Guichard). Le Monde, quant à lui souligne que « c'est dans cette universalité que l'on trouvera une éventuelle portée sociale et politique à ce qui est d'abord un beau film, grave et déchirant. » (Le Monde, 18 janvier 2006, Thomas Sotinel, « À l'Ouest, un amour impossible »).

Deux principales voix dissonnantes, dans un concert de louanges qui vont de l'Humanité au Figaro. Les Cahiers du cinéma tout en reconnaissant au cinéaste Ang Lee d'être « décidément aussi passionnant qu'inégal », regrettent que le film « bloque toute effusion et condamne au surplace de la belle image, hormis quelques forts passages de montagne et le court éblouissement d'un soir de fête foraine » (n° 608, janvier 2006). La revue française Positif (n° 539, janvier 2006) est encore plus sévère en considérant qu'Ang Lee a tiré de la nouvelle «un film académique et longuet qui collectionne les cartes postales. […] L'ensemble sombre assez vite dans le mélodrame lourdaud où tout est surligné et dans la guimauve ».

Ce film risquait fort d'être contesté lors du 62e festival du film à Venise où il a été présenté pour la première fois dans la grande salle du Lido le jeudi 4 septembre 2005. « Mais c'est un surprenant tonnerre d'applaudissements qui a conclu la projection de ce qu'il faut bien appeler le premier western homosexuel épique et hollywoodien » (Libération, 5/09/2005) et le film a remporté le Lion d'or, après avoir été un des pics d'émotion du festival.

« Spécialisé dans ce registre de la vie gay en milieu hétéro (Garçon d'honneur), l'Américain Ang Lee récidive avec la mise en images grandioses de l'un des plus tenaces fantasmes homo : le western pédé, l'amour entre cow-boys (en l'espèce, on pourrait dire «co-boys»), sur fond de paysages magnifiques, de feux de camp et de baignades nues dans les rivières édéniques du Wyoming. De ce motif, on connaissait déjà la version avant-garde mutique d'Andy Warhol (Lonesome Cow-boys), d'innombrables versions pornos ou même le point de vue lesbien développé par Gus Van Sant dans Even Cow-girls Get the Blues. Mais il manquait la version hollywoodienne et grand public, panoramique et classique, qu'Ang Lee vient de signer avec une belle audace, après le succès mondial de Tigre et Dragon. Le plus réussi dans cette passion déployée sur plus de vingt ans entre deux très beaux cow-boys hétéros et mariés (Heath Ledger et Jake Gyllenhaal : on prend les deux), c'est justement que leur amour ne s'explique pas : il s'impose, et d'abord à eux-mêmes » (Libération).

Drôle de mélange entre les conventions du western canonique, pratiquement toutes respectées, et l'incongruité d'un thème à la fois sentimental et viril, Brokeback Mountain, qui peine peut-être un peu à s'installer dans ses premières séquences, atteint de vrais pics d'émotion dans sa seconde partie, plus âpre et finalement tragique. Ce n'est sans doute pas du John Ford ou du Nicholas Ray, mais c'est un bel hommage au genre western et à ses maîtres, même si ceux-ci, possiblement, s'en seraient étranglés.

« J'étais au Texas avec Larry McMurtry et des amis. L'un d'eux m'a donné le New Yorker en me recommandant d'y lire la nouvelle d'Annie Proulx. Aux deux tiers, j'avais déjà les larmes aux yeux. Je me suis levée le lendemain matin et l'ai relue, parce que je voulais voir si elle me faisait autant d'effet que la veille. Elle m'a touché encore davantage et j'ai demandé à Larry de la lire. Larry a trouvé que c'était la meilleure nouvelle qu'il ait jamais lue dans le New Yorker et nous avons décidé d'écrire à Annie Proulx pour lui faire part de notre souhait d'écrire un scénario à partir de cette histoire. », Diana Ossana, scénariste et productrice du film, Notes de production, « Dossier de presse ».


Succès commercial
Le film a d'ores et déjà rapporté plus de 110 millions de dollars de recettes au box-office (dont 40 % à l'étranger), ce qui en fait le film produit par Focus Features le plus rentable (il n'aurait coûté que 14 millions de dollars, sans les coûts de promotion). En France, au bout de la 5e semaine d'exploitation, il approche le million de spectateurs et reste toujours diffusé dans plus de 230 salles.


Originalité
Outre le fait que le scénario est inspiré d'une nouvelle, la thématique du film est moins originale qu'il n'y paraît. Il semble nécessaire de pondérer l'idée retenue par le public d'un sujet "original" et "atypique", le western ayant été de très nombreuses fois utilisé comme support d'analyse de la condition homosexuelle dans le cinéma indépendant américain, ce depuis le début des années 90. Ce qui, bien entendu, n'enlève rien aux qualités esthétiques du film ou au talent de son réalisateur.


Fiche technique
Titre : Le Secret de Brokeback Mountain (au Canada, Souvenirs de Brokeback Mountain)
Titre original : Brokeback Mountain
Réalisation : Ang Lee
Scénario : Larry McMurtry et Diana Ossana, d'après la nouvelle éponyme d'Annie Proulx
Production : Diana Ossana et James Schamus, Scott Ferguson (co-producteur), Michael Costigan, Tom Cox, Michael Hausman, Larry McMurtry et William Pohlad, Murray Ord et Alberta Film Entertainment sont également crédités.
Société de production : Focus Features (une société indépendante, du groupe Universal Pictures)
Budget : 14 millions de dollars
Musique : Gustavo Santaolalla et Marcelo Zarvos
Photographie : Rodrigo Prieto
Montage : Geraldine Peroni et Dylan Tichenor
Décors : Judy Becker
Pays d'origine : États-Unis
Format : Couleurs - 1,85:1 - DTS / Dolby Digital - 35 mm
Genre : Drame, romance
Durée : 134 minutes
Dates de sortie : 2 septembre 2005 (Mostra de Venise), 9 décembre 2005 (États-Unis), 23 décembre 2005 (Canada), 18 janvier 2006 (France, Suisse romande), 22 février 2006 (Belgique). Voir aussi : sorties de Brokeback Mountain.


Distribution
Heath Ledger : Ennis del Mar
Jake Gyllenhaal : Jack Twist
Randy Quaid : Joe Aguirre
Anne Hathaway : Lureen Newsome
Michelle Williams : Alma del Mar
Valerie Planche : Waitress
Graham Beckel : L.D. Newsome
David Harbour : Randall Malone
Kate Mara : Alma Jr. à l'âge de 19 ans
Roberta Maxwell : la mère de Jack
Peter McRobbie : John Twist
Anna Faris : LaShawn Malone
Linda Cardellini : Cassie Cartwright
Scott Michael Campbell : Monroe
David Trimble : Basque


Autour du film
Le tournage s'est déroulé dans l'Alberta, de mai à août 2004, dans les montagnes Rocheuses autour de Calgary, à Bieseker, Carseland, Cowkey, Crossfield, Fort MacLeod, Irricana, Rockyford et Seebe, au Canada, ainsi qu'à La Mesilla, dans l'État du Nouveau-Mexique, aux États-Unis.
Le film a été censuré lors de sa sortie à Sandy (Utah) au début de 2006 par une chaîne de cinéma de cet État lire un des articles du Salt Lake Tribune. Il a été également censuré en Chine.
Le Monde y a consacré une page entière de son édition du 18 janvier 2006 tandis que Libération y consacrait ledit jour la moitié de sa Une.
Musique originale : voir aussi la bande originale de Brokeback Mountain.
Michelle Williams et Heath Ledger se sont rencontrés sur le tournage, ils ont depuis eu un enfant ensemble.


Récompenses principales
Lion d'or à la Mostra de Venise 2005
Golden Globes du meilleur film dramatique, du meilleur scénario, du meilleur réalisateur et de la meilleure chanson originale. 3 autres nominations aux Golden Globes dont celle pour le meilleur acteur principal.
Le 19 février 2006, il a été le grand vainqueur de la cérémonie des British Film Academy Awards (BAFTA), les récompenses annuelles du cinéma britannique, avec quatre prix au total, dont celui de meilleur film, cérémonie lors de laquelle il a également remporté les Baftas du meilleur réalisateur, meilleur second rôle masculin pour l'acteur Jake Gyllenhaal et celui de la meilleure adaptation cinématographique.
Selon plusieurs sites américains concordants, relayés par Universal Pictures, il serait le film le plus primé au monde en 2005.
Aux Oscars 2006, c'est ce film qui obtient le plus de nominations (8) dans les catégories "meilleur film", meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleur acteur (Heath Ledger), meilleur second rôle féminin (Michelle Williams), meilleur second rôle masculin (Jake Gyllenhaal), meilleure musique et meilleure photographie.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 24, 2006, 09:45 PM
Found on allocine.fr

Hollywood fait-il son coming-out ?

Tournages - lundi 13 février 2006
Le succès du film "Le Secret de Brokeback mountain" d'Ang Lee, une romance entre deux cow-boys, ouvre, outre-Atlantiquen, la voie aux films homosexuels.
 
 

L'effet Brokeback Mountain ! Le long-métrage dramatique d'Ang Lee, une histoire d'amour entre deux cow-boys, nommé huit fois aux Oscars, a relancé le débat sur les films gays au cinéma. Certains réalisateurs surfent sur la vague du succès du film en faisant de l'homosexualité un sujet incontournable. Le producteur Andrew Lang a acquis les droits d'adaptation du roman de Peter Lefcourt, The Dreyfus Affair: A Love Story. Ce livre sulfureux raconte le scandale provoqué par la liaison amoureuse entre deux joueurs de base ball. Il y avait eu plusieurs tentatives pour adapter ce livre au cinéma mais le projet n'avait jamais abouti à cause de son sujet jugé trop délicat. En parallèle, le réalisateur de Serial noceurs, David Dobkin, et les scénaristes de Sideways, Alexander Payne et James Taylor, adoptent un ton plus léger avec I Now Pronounce You Chuck and Larry, une comédie sur le mariage gay avec Adam Sandler et Kevin James dans les rôles principaux.

Ian Mc Kellen réclame davantage de tolérance à l'égard des homosexuels

Alors, Hollywood a-t-il fait son coming-out ? Rien n'est moins sûr d'après Ian McKellen, l'interprète du personnage de Gandalf dans la trilogie du Seigneur des anneaux , connu pour avoir publiquement affiché son homosexualité. L'acteur a dénoncé l'attitude homophobe qui, selon lui, règne à Hollywood envers les acteurs gays. Lors du discours d'ouverture du Festival de Berlin , il a salué le film Brokeback Mountain et a déclaré qu'Hollywood devrait adopter une attitude plus tolérante en ce qui concerne les préférences sexuelles des acteurs, et prendre exemple sur Broadway.

Marie Surrel 
 
 
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Feb 25, 2006, 10:40 AM
Thankx Chameau.
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Feb 25, 2006, 11:50 AM
Found on allocine.fr

Alors, Hollywood a-t-il fait son coming-out ? Rien n'est moins sûr d'après Ian McKellen, l'interprète du personnage de Gandalf dans la trilogie du Seigneur des anneaux , connu pour avoir publiquement affiché son homosexualité. L'acteur a dénoncé l'attitude homophobe qui, selon lui, règne à Hollywood envers les acteurs gays. Lors du discours d'ouverture du Festival de Berlin , il a salué le film Brokeback Mountain et a déclaré qu'Hollywood devrait adopter une attitude plus tolérante en ce qui concerne les préférences sexuelles des acteurs, et prendre exemple sur Broadway.

Thanks for the post, chameau. And 3 cheers for Ian McKellen.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 26, 2006, 12:11 PM
Fallait s'attendre... money talks, b*llshit walks!  From AFP

Le dimanche 26 février 2006


L'Alberta courtise les amoureux du "secret de Brokeback Mountain"

Michel COMTE

Agence France-Presse

OTTAWA


L'Alberta, fief conservateur de l'Ouest canadien où a été tourné "Le secret de Brokeback Mountain", mise sur ses spectaculaires paysages de carte postale pour séduire l'industrie cinématographique et les touristes fascinés par cette histoire d'amour entre deux jeunes cow-boys.

C'est le piémont des Rocheuses de cette province que le réalisateur Ang Lee a choisi pour adapter au cinéma le récit de l'Américaine Annie Proulx, dont l'action se passait plus au sud, au Wyoming.

Le succès aux guichets et l'accueil élogieux de la critique pour ce film sélectionné pour huit statuettes lors de la soirée des Oscars du 5 mars a donné des ailes à l'Alberta.






"La notoriété du +Secret de Brokeback Mountain+ nous a mis sur la carte. Nous tentons de nous en servir à toutes les occasions pour présenter l'Alberta comme site de tournage et destination touristique de choix", lance Dan Chugg, chargé de la promotion du cinéma dans la province.

La province n'a pas lésiné sur les moyens, remplissant de publicité de pleines pages des magazines américains spécialisés, comme Variety et Hollywood Reporter, en soulignant à chaque fois que l'Alberta a dépassé avec succès l'Etat américain du Wyoming.

L'office du tourisme de la province a lancé une offensive de charme tous azimuts vers l'Allemagne, le Royaume-Uni, mais aussi l'Australie et la Corée du Sud, misant sur les grands espaces en toile de fond de cette histoire d'amour secrète.

"Les paysages sont si magnifiquement bien filmés que nous devions dire au monde qu'il s'agissait bien de l'Alberta", explique Derek Coke-Kerr de l'office du tourisme.

Cette semaine, l'organisme a payé une douzaine de vrais cow-boys et une vingtaine d'acteurs déguisés en homme viril pour aller faire leurs tours de lassos et distribuer des tracts publicitaires de l'Alberta dans les rues de Manhattan, capitalisant ainsi sur la popularité du film à l'approche de la cérémonie des Oscars.

L'intérêt pour ces campagnes publicitaires a été "énorme", plus de 200 articles ont été publiés aux quatre coins de la planète sur les charmes des montagnes Rocheuses de l'Alberta et les demandes d'informations des producteurs de films ont doublé, se félicite Dan Chugg.

Le film a été tourné en majeure partie dans le piémont des Rocheuses, tout près du parc national de Banff, le plus célèbre du Canada et lieu qualifié de "mythique" par le réalisateur Ang Lee.

Néanmoins, touristes, journalistes et groupes de gays et lesbiennes ont assailli les services touristiques du Wyoming depuis la sortie du film, forçant la province à redoubler d'efforts.

"Des millions et des millions de personnes reviennent pantois du film et se disent +le Wyoming semble formidable+. Il s'agit d'un défi pour nous et nous faisons des pieds et des mains pour dire au monde entier que le véritable décor du +secret de Brokeback Mountain+ est ici, en Alberta", poursuit M. Coke-Derr.

La riche province canadienne, assise sur la deuxième réserve de pétrole de la planète, avait déjà servi de décor pour "Impitoyable" de Clint Eastwood, et Brad Pitt y a récemment terminé le tournage des aventures de Jesse James, le célèbre hors-la-loi de l'Ouest américaine au XIXe siècle.

Ironiquement, l'Alberta est l'une des deux provinces du Canada -qui en compte dix- qui n'ont pas reconnu le mariage homosexuel, légal partout au Canada depuis l'été dernier en vertu d'une loi fédérale.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 26, 2006, 01:15 PM
Beaux mecs!
(http://i50.imagethrust.com/i/289284/01oscars.jpg)
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 27, 2006, 06:45 PM
I just found that one, from last December, good review.  It's just too funny to post it now... the guy mentions that due to a very sensible matter, the film should not do that much money... up your's my friend.  ;D

http://www.salebete.net/archives/000766.html

Sale bête
« De ludis | Main | Præmia »
décembre 11, 2005
Fabula americana
Hier, on est allé voir Brokeback Mountain, le nouveau film du metteur en scène Ang Lee au cinéma Clearview Chelsea — on s’est dit qu’il fallait bien voir ce récit de « gay cowboys » au centre du ghetto gai dans la ville la plus gaie des Etats-Unis (hé oui, je sais qu'on va disputer cette dernière distinction avec San-Francisco ; de toute façon, on dit qu’il y a au moins 500.000 gais et lesbiennes à New-York, tandis que la population totale de la ville de San-Francisco est estimée à seulement 745.000 habitants — et ils ne sont pas, en dépit de tout, tous homos). En fait, à 11h30 d’un beau samedi, la salle était presque complète (et plusieurs des multiples séances du soir s’affichaient complètes).

(Attention : gâcheurs !)

Il m’a fallu du temps pour digérer ce film. D'abord, il est difficile, du point de vue du spectateur moyen (comme moi), parce que le metteur en scène ne facilite pas la sympathie du spectateur en offrant, par exemple, une bande sonore super romantique pendant les moments les plus émotionnels. Au contraire, M. Lee présente un silence tendu, l’écran rempli tout entier du paysage majestueux et incroyablement vide de l’Ouest — on est en plein mythe des cowboys solitaires et taciturnes, l’un des mythes de base de tout Américain de naissance, et surtout pour tout petit garçon américain, qui est entouré de cette mythologie qui décrit en fait comment il faut se porter en vrai mâle — l’homme « strong and silent » à l’opposé de l’homme « weak and chatty », habitant efféminé de la ville, habillé comme un perroquet, bavardant comme une pie. Tous les stéréotypes, quoi !

Je me demande s’il est vraiment possible pour un Européen ou un Asiatique de comprendre comment et combien ce mythe vacher fait partie, pour le bien et pour le mal, de la psyché américaine. Et donc de comprendre les éléments qui font la base culturelle du film. (Mais je sais que c’est tout de même un Taïwanais qui l’a fait — donc, j’ai très probablement tort.)

Le déroulement du film est très lent — c’est l’opposé de l’action-film, mais pas dans le genre Merchant-Ivory, tout beau, tout littéraire, tout BCBG tourmenté. Les débuts du désir interdit sont développés avec une lenteur élégiaque.

Le personnage d’Ennis Del Mar, joué par l’Australien Heath Ledger, ne parle pas — il bafouille, à la façon des vrais cowboys, comme on l’a vu à milles reprises depuis nos enfances passées devant la TV à regarder les séries de westerns tout à fait médiocres pour des heures et des heures. Le personnage a l’air presque timide, tellement il est seul dans son âme. Et c’est pour cela qu’Ennis n’a pas de recours quand il tombe amoureux de Jack — sa solitude essentielle lui est enlevée, mais il n’ose pas, infiniment coincé pour des raisons qu’on apprendra peu à peu pendant le film, faire un petit pas vers la liberté de son âme avec l'autre bien-aimé. Quand Jack lui propose d’aller vivre ensemble dans un ranch à eux, Ennis répond que c’est impossible — ils ont tous les deux leurs vies de famille — femmes, enfants, professions. « If you can’t fix it, you gotta stand it » est sa triste formule d’acceptation du statu quo. L’interprétation de ce personnage distant, malheureux, vraiment complètement foutu, par Ledger est impressionnante. Sa douleur devant une réalité qu’il n’arrive pas à nier, mais qu'il ne peut pas accepter non plus est choquant, mais elle n’est pas pourtant dramatisée d’une façon mélo — Ang Lee refuse toujours à plaire gentiment au public, comme le feraient tant d’autres. Comme peu d’artistes à grand succès, il choisit la subtilité et le détour révélateur. C’est bien là, une partie considérable de son grand talent d’artiste qui insiste à faire prévaloir sa vision esthétique sur les intérêts économiques du marché.

Car il est peu probable que ce film ait un succès économique : le sujet est trop « délicat », et même pour les gais contents de voir des semblables (ben, un peu) sur l’écran, c’est quand même une histoire triste, toute particulière à une époque spécifique, et qui termine mal. La distribution du film est toujours limitée à New-York, Los-Angeles et San-Francisco, où les cinq salles ont compté des revenus de 109.000 $ en moyen pendant cette fin de semaine. Ce qui est, en passant, sensationnel. (Pourvu que ça dure — et, oui, j'avoue que je souhaite le succès financier aux films à sujets homos, pour des raisons évidentes.)

Est-ce un film parfait ? Non, bien sûr que non. Dans la nouvelle, publiée dans le New Yorker en 1997 et qu’on peut lire en entier ici, les personnages ne sont ni beaux ni brillants, ce qui pose un problème avec le choix de deux acteurs très beau gosse et très connus. Mais M. Lee reste extraordinairement fidèle à la nouvelle. Et, avec son interprétation, M. Ledger est entré en courant dans la course à l’Oscar (mais il aura de la concurrence avec l’excellent Capote de Phillip Seymour Hoffman.)

Je ne sais pas si ce film pourra avoir l’effet en Europe qu’il aura en Amérique, où les mœurs sont si différentes, et la « geste nationale » de l’Ouest et de ses habitants célèbres qui est si particulière aux Américains. Mais pour un Américain gai comme moi, ça fait remonter à la surface un tas de souvenirs, de désirs refoulés ou oubliés, d’amours impossibles. C’est une œuvre d’art authentique. On ira le revoir bientôt.

Posted by Édouard at décembre 11, 2005 09:43 PM
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 27, 2006, 07:02 PM
I have fon with the old reviews in found tonight, This is from Arte, they mention BBM as being a canadian film  ;D, it's a fact by the way.

Venise 2005 - Compétition officielle   
Brokeback Moutain

Un film de Ang Lee

Un romance masculine dans l’Amérique des années soixante décortiquée avec pudeur par le réalisateur éclectique de « Tigre et Dragon ».

(Canada, 2004, 134 mn)
Avec Heath Ledger, Jack Gyllenhaal, Michelle Williams, Ann Hathaway…

Synopsis : Jack Twist rencontre Ennis Del Mar un matin à Signal dans le Wyoming, alors qu’ils sont tous deux en train de postuler pour un travail pour le fermier Joe Aguirre. Celui-ci les engage pour garder un troupeau de moutons à Brokeback Moutain. Isolés, ils font connaissance au fil des jours en s’apprivoisant lentement. Ils s’attachent l’un à l’autre et vivent une passion à l’abri de la montagne. Quand vient la fin de leur travail, ils se séparent pour mener une « vie normale » : se marier, avoir des enfants, un travail. Mais l’amour qui les a enflammé tous deux ne se laisse pas facilement oublier.


La conférence de presse (Real Video)
Le trailer du film (Real Video)


Critique : Des paysages, des visages, des étreintes puis des conversations filmées en champ, contre-champ, jour après jour puis année après année. L’épure stylistique de la mise en scène du film de Ang Lee est proportionnelle à la charge explosive de l’histoire, celle de deux cow-boys qui tombent amoureux l’un de l’autre dans le Wyoming des années 60. Dès le début le rythme ressemble à celui d’un goutte à goutte. Un jeune type plutôt sympathique garde les moutons avec un jeune type plutôt bourru. Ils ne parlent quasiment pas. Pourquoi faire ? Quelques souvenirs sont échangés puis le courant passe jusqu’au choc électrique. Ils dorment puis s’aiment brutalement, à leur manière. Un brouhaha de malaise gronde soudainement dans la salle de cinéma, des petits rires de gêne comme autant de preuves que les nouveaux codes sexuels sont toujours difficiles à digérer et ce, malgré le coming-out de milliers de gays aujourd’hui.

Brokeback Moutain demeure dans l’esprit de Jack et Ennis le symbole d’une liberté, un paradis sur terre, leur refuge. Puis vient la suite, les deux hommes réintègrent une vie dite normale : mariage- enfants-travail, chacun de leur côté, sans y trouver beaucoup de joie. La trace indélébile de leur passion les mine doucement jusqu’à ce qu’ils se retrouvent, quatre ans plus tard. Ils poursuivent alors une relation en pointillé à l’occasion de beaux week-ends à Brokeback Mountain suivis de projets incessamment discutés puis rejetés par Ennis, un être fragile faussement blindé par l’existence, sans aucune confiance en lui. Ang Lee réussit à éviter le manichéisme, le jugement des uns et des autres : il parle d’un lieu à une certaine époque, d’une culture qui n’est pas celle du langage, de traditions et de règles qu’il ne faut pas bousculer, d’un monde qu’il ne faut pas déranger sous peine de se perdre soi-même.

Ang Lee n’hésite pas à utiliser le son de guitares à la Ry Cooder ou à la Neil Young sur des images de lac de montagnes et autres torrents. Ces plans-là ont les a déjà vu cent fois, mille fois. Tout comme ces silhouettes un peu voûtées par le dur travail, cet accent texan traînant et ces cow-boys qui peuplent depuis longtemps les imaginations, grâce au cinémascope, à la littérature, à la télévision. Et pourtant c’est pour mieux les détourner pour parler du plus grand de tous les clichés : l’amour. Car un baiser reste un baiser, un chagrin reste un chagrin. Pour Ennis et pour Jack qui vivent cet amour jusqu’à la lie dans Brokeback Mountain, comme pour l’humanité entière.

Delphine Valloire

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 27, 2006, 07:07 PM
Lucky you, both Frech and English version:

http://www.emmanuelle.net/archives/000259.html



January 24, 2006
Brokeback Mountain: un film de nanas? / the ultimate chick flick?



Pour fêter le nouveau boulot de Matt au Los Angeles Times samedi soir (1), Luke Ford est arrivé à la maison après le Sabbath, tout émoustillé par son dernier scoop publié sur son site (une intrigue dans la communauté juive de L.A.), le plus gros selon lui depuis ses révélations en 1998 sur une épidémie de sida dans le milieu du porno américain. Les touchantes retrouvailles de Luke avec l'ami Ben (photo ci-dessus) ont suscité quelques blagues "Brokeback Mountain", forcément. Luke ne peut s'empêcher d'en faire sur son site en décrivant la soireé:

To celebrate Matt's new job at the Los Angeles Times on Saturday evening, Luke Ford arrived at our place after Shabbat, all excited by his latest scoop on his website (an affair in L.A.'s Jewish community), his biggest since his 1998 revelations about an AIDS epidemic within the U.S. porn industry. Unsurprisingly, the touching reunion of Luke with Ben (photo above) triggered a few "Brokeback Mountain" jokes. Luke can't help throwing in more jokes on his site when describing the evening:

"Unfortunately, the light of my life and my reason for living, Mickey "Bareback" Kaus, err, I mean Cathy Seipp, had left the party an hour earlier."
Ce film de cow-boys gays a un tel succès ici qu'il est quasiment "mainstream", soit entré dans la culture populaire: le rancher de la Maison-Blanche George Bush n'a pas vu le film et cette pensée le fait ricaner étrangement (voir la vidéo.) On aimerait lui murmurer la fameuse phrase du film "I wish I could quit you" ("J'aimerais pouvoir rompre avec toi") reprise désormais dans les conversations, en guise de boutade.

This gay cowboy movie is so successful here that it has almost become mainstream, as part of the popular culture: White House rancher George Bush hasn't seen the film, and the prospect makes him snigger weirdly (see the video.) We'd love to whisper to him the film's famous line "I wish I could quit you", which now pops up in conversations as a whim.

A la soirée, notre copine Sylvie, très attachée à la bouteille d'absinthe rapportée de Prague, a déploré les réactions hostiles de nombreux amis hommes pas franchement emballés par ce magnifique film. Ils expliquent, un tantinet sur la défensive, que Le Secret de Brokeback Mountain est un film de nanas (un "chick flick") voire carrément, un fantasme de bonne femme. C'est aussi le point de vue de Matt, qui a aimé mais sans plus, et souligne que l'auteur de la nouvelle à l'origine du film est une femme. Timmay à San Francisco nous signale justement un article du Chronicle sur la résistance de certains hommes hétéros à Brokeback Mountain, en écho à la chronique humoristique de Larry David.

During the party, our girlfriend Sylvie, who grew fond of the bottle of absinth from Prague, deplored the hostile reactions of many male friends who are not really enthousiastic about this superb movie. They explain, in a mildly defensive manner, that Brokeback Mountain is a "chick flick," if not an outright woman's fantasy. This is also Matt's opinion. He liked the movie but not that much and notes that the author of the short story at the basis of the film is a woman. Timmay in San Francisco points us to an article in the Chronicle about the resistance of some heterosexual man to Brokeback Mountain, in an echo of Larry David's humor piece.

Tandis que nous nous bavardions sur la grâce du film (si bien décrite par Gérard Lefort dans sa critique), Amy photographiait des derrières pour le nouveau blog essentiel: "Est-ce que ces pantalons me font un gros derrière?, le meilleur du genre depuis l'invention de la gallerie "Boobies" sur Buzznet.

While we were chatting about the movie's gracefulness (wonderfully described by French film critic Gérard Lefort in Libération), Amy was taking pictures of bottoms for a new essential blog called: "Does my ass look fat in these pants?", the best of its kind since the invention of the "Boobies" gallery on Buzznet.
Title: Re: French reviews
Post by: ethan on Feb 28, 2006, 02:50 AM
Beaux mecs!
(http://i50.imagethrust.com/i/289284/01oscars.jpg)

chameau, so proud of you. An URL image post, well done. Thanks for the beautiful post. Where is it from?
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Feb 28, 2006, 02:53 AM
Beaux mecs!

chameau, so proud of you. An URL image post, well done. Thanks for the beautiful post. Where is it from?

Sorry Cham, but I second that..that's impressive! :D
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 28, 2006, 12:28 PM
Beaux mecs!

chameau, so proud of you. An URL image post, well done. Thanks for the beautiful post. Where is it from?

Sorry Cham, but I second that..that's impressive! :D

Me blushing...

Thanks,

It's from the French Website of BBM, http://www.brokebackmountain-lefilm.com/

The trailer is a bit different and could be seen in English or French

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 28, 2006, 12:37 PM
From fluctua.net

http://www.fluctuat.net/2777-Le-Secret-de-Brokeback-Mountain


 Solitude(s)

Le Secret de Brokeback Mountain - Ang Lee
Etats-Unis, 2005 - 134 min
cinéma/cinéaste/film/films/art/culture/société/magazine/mp3
 


Cinéaste naïf, sensible et pur, Ang Lee connaît aujourd’hui le succès avec son mélodrame Le Secret de Brokeback Mountain, Lion d’or à Venise et Golden Globe 2006 du meilleur film. Un film curieusement dans la lignée de son précédent et semi-échec, Hulk. Du super héros Marvel au cow-boy homosexuel, filiation(s)...



Ang Lee semble insaisissable. Après Hulk, son chef-d’oeuvre pop et métaphysique incompris, mésestimé, il enchaîne sur Brokeback Mountain, un mélodrame. Si d’un regard trop furtif on verrait un grand écart entre l’un et l’autre, en s’attardant on trouverait que de nombreux points de connivence les relient. Hulk révélait la tragédie d’un homme mutant confronté à son père pour survivre à un traumatisme, Brokeback Mountain raconte à peu de choses près la même histoire. A peine une question de nuance, surtout de parti pris formel. Hulk était un film fusion : corps, matières, couleurs, montage exprimaient une cohérence où chaque chose constituait un maillon du film, tout était lié. Brokeback Mountain est un film simple, classique, sensible et à la recherche constante d’une justesse dans la description des sentiments. La forme est soumise à l’intime jusque dans ses grands espaces, beaux, parfaits, idéals, américains.

Le désir, moteur de l’action
Comment passer du corps hypertrophié et révélateur de sensibilité de Hulk à celui d’un cow boy de 20 ans vivant dans le Wyoming au début des années 1960 ? Comment passer de l’histoire d’amour impossible entre une image de synthèse et Jennifer Connely, au coup de foudre impossible entre Heath Ledger et Jake Gyllenhaal ? Du super héros à une rencontre amoureuse entre garçons au plein cœur d’une Amérique où la morale et la tradition chapeautent tout, Ang Lee choisit comme toujours de filmer le désir comme moteur de l’action. Seul l’individu l’intéresse, son intériorité, ses contrariétés, l’ensemble des nœuds qu’il ne sait défaire pour vivre et s’épanouir avec lui-même (et peu importe la nature du corps et sa représentation). Avec cette histoire d’amour entre Jack Twist (Gyllenhaal) et Ennis Del Mar (Ledger), étalée sur vingt années de rencontres épisodiques, de rendez-vous par carte postale, de mensonges pour tromper les femmes aux foyers, de retours systématiques à Brokeback Mountain pour jouir enfin du corps de l’autre, Ang Lee nous trompe souvent.

Flirtant avec le sujet (l’homosexualité), le genre (western, vaguement) et la critique sociale (l’Amérique et l’homosexualité), Ang Lee n’épouse réellement qu’une seule chose, l’incapacité d’Ennis à aimer, à être aimé, à se donner sans fuir. Ennis est l’homme blessé d’un trauma le forçant à refuser de vivre avec Jack, l’homme torturé par des désirs, provoquant la souffrance chez ceux qui voudraient l’aimer. Si dans Brokeback Mountain les personnages secondaires existent surtout pour justifier les sentiments des principaux, de manière parfois schématique, Ennis est le personnage central de ce mélodrame. Comme Hulk est un homme noyé en lui-même. Pris en conflit psychologique et physique permanent, Ennis doit comme Bruce Banner se confronter à son propre corps, à ses pulsions, à ses désirs. L’amour est toujours la cause d’une épreuve pour enterrer le père symbolique, le chemin à suivre pour vivre en paix avec son passé. Curieuses voies similaires et apparemment distantes sur lesquelles marchent Hulk et Ennis Del Mar vus par Ang Lee. Deux corps, voix et visages catalyseurs de mal-être, de bouleversements émotionnels palpables ; deux carapaces cachant des sensibilités monstrueuses inadaptées au monde, deux hommes connaissant la solitude.


Le Secret de Brokeback Mountain (Brokeback Mountain)
Un film de Ang Lee
Etats-Unis, 2005
Durée : 2h14
Avec Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams...
Sortie salles France : 18 janvier 2006
 
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Feb 28, 2006, 12:47 PM
Thanks a lot for the articles, chameau. Reading such intelligent reviews is much better than... wine or whiskey.  :D
Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Feb 28, 2006, 01:15 PM
I don't know if this one, have been already post.

Quote
Le secret de Brokeback Mountain, l'histoire d'amour interdite entre deux cow-boys dans l'Amérique profonde des années 60, est en tête pour les oscars avec huit nominations. Dont meilleur film, meilleur metteur en scène pour Ang Lee... Une première. Un western gay ne choque plus personne ?

Pas si facile. Brokeback Mountain a été produit par Focus, la branche «art et essai» du studio Universal. Mais jamais, jamais, le studio Universal n'aurait lui-même produit ce film. Et on veut bien le sortir sous le sigle «Focus» mais pas sous le label «Universal». C'est encore un sujet trop sensible pour les studios, cela leur fait peur. Universal aurait craint un appel au boycott lancé par les lobbies des millions d'électeurs d'extrême droite, ce qui est arrivé à Disney en 1995 : Miramax, alors filiale de Disney, avait acheté Priest, un film anglais sur un prêtre homosexuel. Disney, le bon studio des familles, s'est retrouvé inondé de lettres de haine, menacé de boycott de ses dessins animés et ses parcs d'attraction. Les frères Weinstein, fondateurs de Miramax, qui avaient pour philosophie ­ et pratique ­ que toute publicité est utile, qu'elle soit bonne ou mauvaise, là, ont dû reculer. Pour Priest, et aussi pour un autre film sulfureux, Kids, qu'ils ont dû racheter à Disney et sortir sous une autre étiquette.

Quant aux gays, Universal avait déjà refusé en 1998 de distribuer Happiness, comédie anglaise produite par Good Machine (qui est devenue Focus) où un pédéraste était présenté d'une façon plutôt sympathique et, en plus, il y avait une scène de masturbation à la fin. C'est October, autre filiale d'Universal, qui a sorti le film. Dans le cas d'Ang Lee, il s'agit d'un grand cinéaste, d'un film très artistique, sensible et de très bon goût, produit par Focus, société très respectée à Hollywood : pour toutes ces raisons, Focus s'est senti assez protégée pour faire Brokeback Mountain. Mais cela a pris huit ans pour qu'Ang Lee puisse monter ce western gay, cela n'avait jamais été fait. Dans les années 80, il y avait eu quelques films gays, Philadelphia avec Tom Hanks, mais c'était plus sur le sida que sur l'amour et le sexe. Et Boys don't Cry, mais il ne s'agissait pas de l'amour entre hommes, l'héroïne était lesbienne. Curieusement, la droite chrétienne a décidé cette fois de ne pas manifester contre Brokeback Mountain. Ang Lee pense que c'est pour éviter de faire de la publicité au film, les conservateurs espéraient qu'il allait rester dans des circuits confidentiels. Erreur, c'est un succès commercial et les oscars vont rapporter en plus une vingtaine de millions de dollars.

On peut interpréter ce succès comme le recul des préjugés envers les homosexuels en Amérique ­ avec la progression du mariage gay (légal dans l'Etat du Massachusetts, ndlr) et de l'union civile entre personnes de même sexe ­ et se dire que les Américains deviennent plus tolérants. Ou constater que c'est un succès parce que c'est un très bon film avant d'être un western gay.

La saison des oscars n'a jamais été aussi politique : Brokeback Mountain, mais aussi Good Night and Good Luck, de George Clooney, flash-back sur le maccarthysme, Collision, de Paul Haggis sur le racisme à Los Angeles, le Munich, de Spielberg, sur le conflit israélo-palestinien... D'où vient ce réveil militant à Hollywood ?
Source: http://www.liberation.fr/ (http://www.liberation.fr/)[/color]

Quote
Chine (Cinéma)
«Le secret de Brokeback Mountain» censuré en Chine

L'histoire d'amour entre Jack et Ennis, deux cow-boys dans l'Amérique des années 60, a peu de chance d'être vue en Chine. Le film Le secret de Brokeback Mountain a choqué l'instance de régulation chinoise qui a interdit le film sur tout le territoire. Le sujet reste encore très sensible en Chine. Pendant des semaines le réalisateur Ang Lee a tenté, en vain, de prier les autorités à plus d'ouverture concernant les questions relatives à l'homosexualité. Pour l'instant elles n'ont pas donné une suite favorable à sa requête. Pourquoi? Selon un communiqué, publié par l'agence de presse officielle Xinhua News, l'histoire de ce film serait «trop sensible». Deuxième possibilité, une censure vis-à-vis d'un cinéaste taiwanais pas très bien vu par les autorités. En Chine, Le secret de Brokeback Mountain fait néanmoins parler de lui. Si le film reste interdit en salle, les Chinois peuvent néanmoins se le procurer en DVD et de nombreux blogs vantent ses mérites. Au pays de la contrefaçon, le DVD est disponible depuis plusieurs semaines. À Pékin, la majorité de la communauté gay a déjà vu le film et organise régulièrement des séances privées: «C'est une manière pour nous d'organiser la résistance, raconte un gay. Rien ne peut nous empêcher de le voir ; de toute façon il circule déjà partout.» Officiellement il y aurait 40 millions d'homosexuels en Chine mais, selon les associations LGBT chinoises, le chiffre devrait être multiplié par deux.
par Christophe Nivele
Source: Tetu.com/ (http://Tetu.com/)

Quote
Bush aime les cowboys mais n'a pas vu le western gay "Brokeback Mountain"

MANHATTAN (AFP) - Le président américain George W. Bush a admis lundi, très embarrassé, qu'il n'aimait pas la vie au ranch au point de se précipiter pour voir "le Secret de Brokeback Mountain", western à succès sur les amours contrariées de deux cowboys homosexuels.
M. Bush, qui avait accepté de répondre aux questions de l'assistance lors d'une réunion publique à Manhattan (Kansas, centre), a été visiblement pris au dépourvu quand un jeune lui a demandé s'il était allé voir "Brokeback Mountain" et lui a recommandé de le faire.
"Vous êtes vous-même propriétaire de ranch (...) Vous adoreriez. Vous devriez essayer", lui a lancé plaisamment le jeune homme, enhardi par le fait que M. Bush venait de prendre des accents personnels pour exprimer son affection pour sa femme après avoir évoqué la balance commerciale avec la Chine et le nucléaire iranien.
"Je ne l'ai pas vu. Je serai heureux de parler ranch, mais je n'ai pas vu le film. J'en ai entendu parler", a bafouillé le président et propriétaire d'un ranch au Texas, moitié déconcerté, moitié rigolard.
"J'espère que vous - vous savez - j'espère que vous allez retourner au ranch et à la ferme, voilà ce que je veux dire. Je ne l'ai pas vu", a bredouillé le président, très attaché aux valeurs familiales traditionnelles.]
Source: http://www.yahoo.fr
Quote

Epris au lasso

Avec "Le Secret de Brokeback Mountain", Ang Lee transforme un western viril en love story imparable : mélodrame homo sur fond de paysages majestueux

Résumé brutalement, l'argument d'Odete ressemblerait à quelque chose comme : Entre Wyoming et Texas, pendant près de vingt ans, deux cow-boys s'aimèrent d'amour tendre. S'il est possible de résumer L"e Secret de Brokeback Mountain" à la façon d'une fable, c'est que le film le permet, qui proclame qu'il vaut mieux être tolérant que le contraire. Bien que les combats pour la liberté d'autrui ne soient jamais gagnés, cette édification ne vaudrait pas mieux que le «courage» de certains gîtes ruraux qui se proclament gay friendly histoire d'augmenter leur chiffre d'affaires. Un soupçon de cette sorte pourrait planer sur Ang Lee qui a dû remarquer qu'au box-office du cinéma mondial, le motif de l'homosexualité aboie hors la niche commerciale d'un public strictement pédé. Par ailleurs, sans vouloir voir le mâle partout, on notera que l'homosexualité latente de bons nombres de westerns classiques (cf. "La Rivière rouge" de Howard Hawks où Monty Clift se déclare très impressionné par le gros calibre de son camarade) a inspiré, au point d'en faire un standard, une longue saga de pornos gays où, l'un dans l'autre, Butch Cassidy encule le Kid. Bref, l'idée d'un cow-boy Marlboro qui ne fumerait pas que des cigarettes est a priori aussi inédite et palpitante que l'annonce d'une réduction des tarifs SNCF pour les couples «modernes». Mais à l'écran, le film vaut heureusement beaucoup mieux que sa morale.
Avec cette adaptation d'une nouvelle d'Annie Proulx (1), Ang Lee empoigne deux mythes cofondateurs du cinéma hollywoodien : le western (école Anthony Mann) et le mélo (tendance Sirk). Et un nouveau genre donc, censé les bouleverser : le drame à pédés. Ce qui serait beaucoup pour un seul film si son point de vue était celui du recyclage roublard. Certes Jack (Jake Gyllenhaal) et Ennis (Heath Ledger), tout en jean et chapeau Stetson, sont deux jeunes cow-boys réglos. Mais en fait, plutôt gardiens de moutons que garçons vachers. Mais en réalité, plus ouvriers saisonniers dans l'Amérique des années 60, que pistoleros d'une nouvelle conquête de l'Ouest.
Tout au long de sa lente exposition, ce western fané est surtout un quasi-documentaire sur deux bourrins à cheval, prolos à peine articulés, misfits façon Huston, mendiant l'embauche auprès d'un régisseur sadique. Cette part de reportage (on y apprend l'âpreté des transhumances) ne faiblira pas sur la durée quand, élargissant son cadre, le film descend de sa montagne magique, Eden pour Adam et Yves, pour habiter le monde moins idyllique de quelques bleds country où la grégarité fait rage. Gardiens de moutons, Jack et Ennis deviennent de gentils agneaux qui se marient comme il faut et auront quelques enfants. Sans cesser de se revoir en pointillé pour des parties de campagne de moins en moins sexuelles et de plus en plus mélancoliques. Mais bien loin d'accabler les personnages «normaux» dans le rôle des vilains ou des imbéciles, Ang Lee leur donne sans cesse leur chance. Ainsi des épouses, Alma et Lureen, qui feignent l'innocence par crainte d'inquiéter leur posture étouffante de gentille ménagère. Comme dans un bon Fassbinder, la mortification sociale répond à la mortification sexuelle. Ce qui tendrait à prouver que l'homosexualité qui empoigne nos jeunes gaillards et les tiendra en alerte le temps d'une vie peu commune, n'est qu'un motif brodé parmi d'autres sur un canevas plus singulier. Comme si Ang Lee n'appuyait sur la pédale, sauf votre respect, que pour mieux envoyer valser son bolide dans un décor inédit. A l'image du paysage, qui, à tout bout de plan, est l'acteur principal de ce film contemplatif. Prairies et montagnes en hypercinémascope, exagérés en somme. N'était que la majesté du décor se délite sur la fin en une vieille carte postale, icône fripée d'une passion défunte, ultime pavane punaisée sur la cloison d'une caravane misérable.
Déni, et alors ?
Capturé au lasso de l'identification et du frisson sexuel à dégagement méditatif (Montaigne et La Boétie font du rodéo), on verse quelques larmes de compassion au spectacle de cette haine de soi. Mais elles sèchent vite au profit d'une intrigue autrement excitante. Au sortir de leur première nuit d'amour, filmée à la façon d'un pugilat, voire d'une tentative de meurtre, les deux jeunes gens se parlent. Le premier pour confier qu'il n'est pas pédé, le second pour avouer qu'il n'est pas pédé non plus. On peut sourire à ce déni. On peut aussi l'entendre autrement. Et si c'était vrai ? Et si c'était ça le secret caché dans la montagne ? Qu'on peut être amoureux, être dans cet état monstrueux, sans pour autant obtempérer à l'obligation rabat-joie de lui donner un sens unique.
Source : http://www.liberation.fr/
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 28, 2006, 01:37 PM
Wo! Wo!

thanks for posting this Lost_Girl!  :-*
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 01, 2006, 08:27 PM
My favourite newspaper, Montreal's La Presse created a forum for the Oscars, we have until tomorow to vote:

http://www.cyberpresse.ca/article/20060227/CPARTS01/60224158/5548/CPARTS

FORUM

Oscars : quel est votre film préféré?

La Presse


Dimanche 5 mars, c’est la 78e soirée des Oscars. Cinq long métrages sont en nomination pour le prix du meilleur film. Brokeback Mountain part largement favori, mais qui sait si Capote, Munich, Good Night and Good Luck ou Crash ne causeront pas la surprise.

En attendant que l’Académie révèle son choix, La Presse demande à ses lecteurs de se prononcer : quel film, selon vous, devrait remporter la convoitée statuette cette année? Et pourquoi?

Vos votes seront compilés jusqu’au jeudi 3 mars. Chaque jour, à compter de mardi, un film sera éliminé de la course. Vous pourrez suivre ce Survivor hollywoodien dans la Chronique Trio du cahier Arts et Spectacles. Le résultat final sera publié dans notre Cahier Cinéma «Spécial Oscars» du samedi 4 mars.

I copy here all the posts, mine is in bold, you will find Crash has many supporters.

Richard
Même si je crois que Brokeback Mountain va gagner je crois que le film Crash est supérieur en qualité. Les histoires qui s'entremêlent et l'excellente performance des acteurs font de ce film un bijou cinématographique.

Francois-O. B.
Mon film préféré de l'année 2005 est sans aucun doute History of Violence de David Cronenberg. Ce film là reste dans la mémoire pour au moins une semaine!! Une semaine a pensé a ce conflit de personnalité. Dommage qu'il ne soit pas nominé. Sinon, dans les nominations, Good night and good luck serait mon choix...Même s'il a déjà été éliminé. Brokeback Mountain m'a franchement laissé sur ma faim. Je m'attendais a mieux et le buzz est trop grand pour rien.

Marie Harvey
Sans aucun doute Brokeback mountain pour de multiples raisons mais surtout, parce qu'il nous fait rire et pleurer en même temps...Capote et Crash étaient très bons, mais ne possédaient en aucun cas le lyrisme du film de Ang Lee...

Anne-Marie
Mon film préféré est Capote. La performance de l'acteur Philippe Seymour Hoffman est vraiment remarquable. Le film nous entraîne avec lui dans ce récit dramatique.

Pierre C.
BROKEBACK MOUNTAIN de toute évidence... Mais il ne gagneras sûrement à cause des maquillage (L'horrible moustache de Jake vieillissant).
D'accord avec Olivier sur Crash
et Mat Dillon qui mériterait l'oscar du meilleur acteur de soutien (Même devant Jake).

Sabine JB
CRASH! J'ai été surprise et très touchée par ce film. Quand j'ai vu qu'il était nominé, je me suis dit "YES! Il me semblait bien aussi que ce film était TROP bon pour passer inaperçu!" Un grand film! »

yves alexandre
Sans aucun doute: brokeback montain,,vraiement sidérant qui nous dérange plusieurs jours après l'avoir vu,,qui nous force a faire notre propore interprétation de la fin..et nous force a ouvrir les yeux et le coeur.. »

Katherine Gaboury
Ayant eu l'occasion de voir trois des cinq films mis en nomination, je peux clairement dire que Brokeback Mountain est mon préféré (peut-être même un des films les plus marquants de ma vie)!! Ce film est magistral et bouleversant! Tous les acteurs livrent des performances exceptionnelles (Jake Gyllenhaal particulièrement). Les paysages sont époustouflants (vive l'Alberta!). La musique ajoute beaucoup d'émotion à ce film qui m'a fait pleurer toutes les larmes de mon corps... Brokeback Mountain pose un vrai regard sur un phénomène de société de plus en plus présent (homosexualité), qui ne fait pas l'unanimité et qui est souvent la proie de nombreux préjugés. Le film montre qu'il ne faut pas renier ses sentiments, car sinon on est privé d'une part de soi-même, ce qui nous empêche de vivre. Il nous donne une grande leçon de vie. Brokeback Mountain doit remporter l'Oscar du meilleur film, car il marque chacun des spectateurs qui le visionnent. Courez voir ce chef-d'oeuvre cinématographique qui marquera l'histoire à jamais!

Christophe
Syriana ou Crash »

Georgianna
Brokeback Mountain »

Jacques Saint-Cyr
Je peux difficilement choisir. J'aime voir ces films dans leur version originale. Or Munich, Brokeback Mountain au moins n'ont pas été présentés en anglais dans les salles de Québec. Un village? Non, un bourg. »

Jimmy
Je n'ai vu qu'un seul film dans cette catégorie, mais pour moi, je suis sûr que c'est celui qui m'étonnera le plus. Crash, par le même scénariste que Million DOllar Baby (Un autre bon film) est un grand grand film qui dénonce sans gêne les actes terroristes dans un contexte magnifiquement ochestré et interprété avec brio. Dommage que King Kong est été écarté de toutes catégories principales. Avec le visionnement du journal de production, on se rend compte du travail acharné de Peter Jackson pour réalisé son rêve d'enfance.


Claude
Mon film préféré est Capote.
La performance de Philip Seymour Hoffman est tout simplement époustouflante. Mais au-delà de cette incarnation très juste du personnage excentrique qu'était Trumane Capote, c'est la façon dont le réalisateur parvient à nous faire comprendre comment fonctionne le processus de création littéraire qui m'a le plus impresssionné. Il est très difficile d'illustrer au cinéma ce qui fait le génie d'un écrivain. Les films qui mettent en scène des écrivains parviennent rarement à atteindre l'essence de la création littéraire. Pour moi, Capote est le film qui a le mieux réussi à relever ce redoutable défi.

Martine
Crash: L'année 2005 fut un grand cru au cinéma...comme il y a bien longtemps!Des films exceptionnels, des vrais scénarios, de l`'audace...un choix difficile...mais Crash tire vraiment son épingle du jeux! Quel film, quelle histoire! Bravo Bravo...

Xiaohe
Je préféré le film: Brokeback Mountain »

Daniel
Brokeback Mountain pour le souffle et le lyrisme de sa mise en scène, pour ses interprètes d'exception, pour un scénario sans failles, pour sa trame sonore (rarement quelques simples accords de guitare auront été aussi obsédants), pour la photo extraordinaire, pour le traitement magistral de son sujet, une histoire d'amour gaie peut-être mais aux implications(sociales, psychologiques, humaines)tellement profondes.
En second lieu, Capote, ne serait-ce que pour Philip Seymour Hoffman. Crash, pour moi, est un film démagogique et prétentieux.


Anne-Julie Charland
Définitivement Crash ! Un film qui porte à réfléchir sur qui l'on est, qui l'on croit être, quelle impression les autres on de nous... Plus profondément, qui nous sommes vraiment lorsque des circonstances précises font tomber nos masques, notre zone de confort. C'est à cet instant que bien souvent, on peut oberver une dissonnance réelle à tous les niveaux de notre personnalité. Un beau film qui va bien au delà de la couleur de la peau, un film où la condition humaine rayonne dans toute sa complexité et sa splendeur. Chapeau !

daniel
brookebackmountain »

Pierre
Brokeback Mountain, déjà un classique. Ce film demeurera un point tournant dans l'histoire du cinéma. »



Joss
Crash! un beau film exceptionellement profond et percutant. La nature humaine brute et sensible à la fois. C'est la démonstration de la puissance de la Vie à transformer celle de gens ordinaires, vers le meilleur ou le pire. Les acteurs sont excellents. C'est un soulagement de ne pas avoir de héros principal dans un film américain.

Olivier
Brokeback Mountain est un film d'exception dans la lignée des grands films des années 1970 avec une thèse humaniste et une facture classique et pitoresque. Pour ceux qui croit que Crash n'est pas un film hollywoodien, vous vous mettez un coude dans l'oeil. Effets appuyés par une musique excellente mais omniprésente, surenchères de moments forts, acteurs hollywoodiens, thèse un peu défaillante... seuls Matt Dillon et Thandie Newton sauve la mise surtout dans leur scène d'accident, moment d'anthologie fabuleux. Brokeback all the way.

colette sigouin
Crash est le film le plus étonnant, le plus original mais peut-être aussi (et malheureusement pour lui) le moins hollywoodien...

Marie Leclair
Brokeback Mountain est sans contredit le film le plus bouleversant en lice cette annee aux Oscars. Ceux qui affirment que ce n'est qu'une simple histoire d'amour, a la difference qu'elle met en scene deux homosexuels ont tout faux. Si Brokeback avait ete l'histoire de deux heteros, ils se seraient maries, auraient eu des enfants, auraient vecu en banlieue et nous ne serions jamais entrain de lui decerner l'oscar du meilleur film. D'autant plus que le scenario, la realisation et le jeu des acteurs est d'une beaute a en couper le souffle. Brokeback Mountain est bien sur un hymne a l'ouverture d'esprit et a la tolerance. Voila pourquoi il ressortira grand gagnant dimanche prochain.

marvin
Crash a été ma surprise de l'année!!. J'ai adoré le contexte hyper-réaliste dans lequel on nous fait embarquer dès les premières minutes: le raciste. J'ai été complètement touché par ce film!! Je le conseil à tous!!
ps: J'ai été décu de l'absence de King Kong au Oscars mais bon...

Réal Mainville
CAPOTE est le film que j'ai préféré, et de loin! Jeu d'acteur (s) absolument renversant et scénario réaliste absolument émouvant. Il ne s'agit pas ici d'une biographie de Truman Capote, mais bien du déroulement d'un seul épisode de sa vie, à savoir les préliminaires à la parution de son seul et unique "roman". Un vrai thriller dramatique!

Stephan Pouliot
Syriana est le film qui m'a le plus renversé. Scénario béton et jeux d'acteur solide. Pour les gens qui sont moindrement naif face aux problèmes de cet or noir et de sa dépendence, les fera sûrement refléchir. Pour ceux qui suivent l'actualité mondiale, une consécration de tout les dangers qui nous guêtent face a l'avenir. Arrêtons de se regarder le nombril et agissons.



















Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 01, 2006, 08:41 PM
Why not another stellar review?

http://www.cafeduweb.com/modules.php?name=Reviews&rop=showcontent&id=417


Brokeback Mountain, d'Ang Lee


Il n’y a rien à ajouter qui n’ait déjà été dit et écrit sur cette émouvante histoire.

EMOUVANT, POIGNANT, TENDRE, PUDIQUE, DUR, TRAGIQUE, les adjectifs ne suffiront pas à le décrire. J’étais conquise par le sujet avant même de voir le film, puisque j’ai eu le plaisir de lire tout récemment le recueil de nouvelles d’Annie Proulx, dont il fait partie.

Ang Lee avait déjà abordé avec cette même pudeur le sujet de l’homosexualité masculine dans « The Wedding ». Ici, en adaptant la formidable nouvelle d’Annie PROULX – qu’il FAUT lire absolument – il va plus loin dans la description d’une relation homosexuelle entre deux jeunes cow-boys que la vie n’a pas ménagée, une vie dure dans les très beaux décors du Wyoming où hélas la vie des vachers n’est pas l’image romantique que le cinéma nous en donne régulièrement. Désolée John Wayne, cette fois t’as perdu !

Les acteurs sont à la hauteur de l’histoire, surtout Heath Ledger que jusqu’à présent je n’avais pas énormément apprécié comme acteur. Ici il est épatant en Ennis, tourmenté, blessé, tout comme Jack (magistralement interprété par Jack Gyllenhaal). Ce qui leur arrive est à la fois merveilleux et terrible, dans un milieu profondément macho qui a déjà réglé les vies qu’ils devront mener : se marier, avoir des enfants, respecter les traditions religieuses… Tout au long de leur vie, ils vont partager ce lien si puissant, celui de l’amour vrai.

Bref il faut courir voir « Brokeback Mountain » et au passage acheter le recueil « Close Range » (les pieds dans la boue) d’Annie Proulx, dont la nouvelle fait partie, ou alors l’acheter à part puisqu’elle vient d’être éditée en solo, mais ce serait dommage de rater tous les autres textes de Proulx.

Le film rafle toutes les récompenses pour l’instant, bientôt les Oscars, tant mieux ! Et je voudrais ajouter qu’il ne faut pas uniquement s’arrêter à l’exceptionnelle performance des jeunes acteurs principaux, les autres personnages sont très bons eux aussi.

Ajouté: February 22nd 2006
Critique: niki vanespen
Score:
Hits: 36
Langue:

 
 


Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 01, 2006, 09:08 PM
About La Presse's forum, this is the vote compilation:

Brokeback Mountain:  11
Crash: 9.5
Capote: 3
History of violence: 1
Syriana: 1.5

What about Good night and good luck?  ???  Well, it's just a web based forum, for whatever it means.  No scientific interest but... BBM is number one, please Frenchies on this forum, go vote:

http://www.cyberpresse.ca/article/20060227/CPARTS01/60224158/5548/CPARTS

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 03, 2006, 02:23 PM
From today's La Presse

http://www.cyberpresse.ca/article/20060303/CPARTS01/60303094/5548/CPARTS

Le vendredi 03 mars 2006


Le triomphe annoncé d'Ang Lee

David Germain

AP

Los Angeles


Ang Lee ou la chronique d'un triomphe annoncé. Sauf surprise, le Taïwanais devrait recevoir dimanche soir l'Oscar du meilleur réalisateur pour Brokeback Mountain, une distinction que même le maître du film japonais Akira Kurosawa n'avait jamais obtenue.

Ce serait la première fois qu'un cinéaste asiatique obtient le prisé trophée. Déjà récompensé par le Lion d'or de la Mostra de Venise, la Directors Guild of America et le Golden Globe du meilleur réalisateur, Ang Lee est le grand favori pour cet Oscar également convoité par Steven Spielberg pour Munich, George Clooney pour Good Night, and Good Luck, Paul Haggis pour Crash et Bennett Miller pour Capote.

Bien que déjà finaliste dans la catégorie du meilleur réalisateur avec Tigre et Dragon, pour lequel il avait obtenu l'Oscar du meilleur film étranger en 2000, Ang Lee a été désigné pour un film «0 pour cent asiatique». Brokeback Mountain est l'histoire d'un amour impossible entre deux cow-boys, interprétés par Heath Ledger et Jake Gyllenhaal, sur fond de paysages grandioses de l'ouest américain — tournés en Alberta...


«J'aime l'inconnu», avait déclaré le réalisateur après les Golden Globes. «Je pense que l'ouest américain, le vrai, et non celui des films, est très romantique (...) C'est un endroit que je connais peu et que j'aime explorer.»

Né à Taïwan, Ang Lee s'est fait connaître auprès du Tout-Hollywood avec les comédies romantiques Garçon d'honneur et Sucré Salé, qui lui avaient valu des nominations aux Oscars pour le meilleur film étranger en 1993 et 1994. Depuis, il a joué les caméléons, réalisant Raison et Sentiments de Jane Austen, The Ice Storm, Chevauchée avec le diable et Hulk.

À 51 ans, il éclipse dans la course aux Oscars Akira Kurosawa, dont le film Dersu Uzala avait obtenu l'Oscar du meilleur film étranger. Le maître du film japonais avait également été finaliste pour Ran dans la catégorie «meilleur réalisateur», sans toutefois transformer l'essai, et avait reçu un Oscar d'honneur en 1989.

Parmi les autres prétendants à cette récompense figure un habitué, Steven Spielberg, qui a déjà obtenu l'Oscar du meilleur réalisateur à deux reprises pour Il faut sauver le soldat Ryan et La Liste de Schindler. Son dernier long métrage, Munich, est un thriller politico-éthique sur la traque par le Mossad des auteurs de la prise d'otages des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de 1972. Reste que le film est loin d'avoir déplacé les foules.

Avec Good Night, and Good Luck, combat du journaliste Edward Murrow contre le sénateur McCarthy, George Clooney passe du statut de la superstar à celui d'acteur-réalisateur sérieux. Il est également finaliste dans la catégorie du «meilleur scénario» et a de bonnes chances d'obtenir l'Oscar du meilleur second rôle masculin pour sa performance dans le thriller Syriana.

De son côté, Paul Haggis, reparti bredouille des Oscars l'an dernier après une nomination dans la catégorie «meilleur scénario» avec Million Dollar Baby de Clint Eastwood, pourrait se consoler avec Crash, même s'il est peu probable que ce soit pour l'Oscar du meilleur réalisateur. Cette histoire de destins croisés à Los Angeles est notamment finaliste pour le «meilleur film», le «meilleur scénario original» et le «meilleur second rôle masculin», pour Matt Dillon.

Enfin, il ne faut pas oublier Bennett Miller pour son portrait de Truman Capote dans Capote. Un film qui devrait s'illustrer dans la catégorie du «meilleur acteur» grâce à Philip Seymour Hoffman.






Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 04, 2006, 12:15 PM
From yesterday's La Presse


http://www.cyberpresse.ca/article/20060303/CPSOLEIL/60303136/5643/CPARTS01

Le vendredi 03 mars 2006

 


collaboration spéciale Paul Bordeleau
 
78E SOIRÉE DES OSCARS

Le bon film au bon moment

Gilles Carignan

Le Soleil


Pour les aspirants à l’Oscar du meilleur film, la côte apparaît difficile à monter pour déloger le favori, Brokeback Mountain. Mais à la veille de la 78e soirée des Oscars, ils sont plusieurs à continuer de penser que rien n’est joué. Chose sûre, les indépendants ont déjà gagné.

Le nom de Crash, surtout, est souvent cité comme surprise potentielle d’un scénario qui semble écrit d’avance. Les partisans du merveilleux film de Paul Haggis ne feraient-ils qu’entretenir artificiellement le suspense ?

Comme l’a affirmé à la BBC Morgan Freeman, lauréat d’un Oscar l’an dernier pour La Fille à un million de dollars, donc membre à vie de l’Académie : « Brokeback Mountain aborde le bon sujet au bon moment, et c’est tout ce qui compte. »







Les premières minutes du gala donneront une bonne idée du dénouement. Advenant une victoire de Jake Gyllenhaal ou de Michelle Williams dans les catégories des acteurs de soutien — ce qui est pensable, bien qu’ils ne soient pas favoris —, Brokeback Mountain triomphera trois heures plus tard.

Avec des si, on peut aller loin. En vérité, l’une des rares probabilités qui tiennent la route — outre la victoire de Philip Seymour Hoffman —, c’est que le gala cinéma le plus discuté ne sera pas le plus écouté de l’histoire.

Pas à cause du choix de Jon Stewart à l’animation. Mais parce qu’il existe une corrélation entre le succès des films finalistes et l’intérêt du téléspectateur américain pour la cérémonie. Pas de surprise de constater que le gala le plus suivi de l’ère moderne soit celui qui a couronné le plus grand succès de l’ère moderne, Titanic.

Or, même si Brokeback Mountain peut désormais être taxé de succès populaire avec plus de 75 millions $ de recettes (ce qui est, en soi, une belle surprise et une bonne nouvelle), la sélection de cette année n’a pas de locomotive commerciale nommée Titanic. Ni Gladiateur. Ni Chicago. Et non, ceci n’est pas une plainte.

Cette année, l’Académie a boudé des titres qu’elles avaient l’habitude de célébrer : Vent du Nord (combat pour les droits des femmes dans une mine), Walk the Line (biographie d’une légende américaine), Cinderella Man (ascension d’un modèle de la classe ouvrière) ou même La Preuve irréfutable (un drame intimiste comme les aiment les académiciens). Cette année, l’Académie était animée d’autres préoccupations. Pour les saisir, un léger retour en arrière s’impose.

La fin de la récréation

On peut faire dire beaucoup de choses aux Oscars, en oubliant qu’il ne s’agit, au fond, que d’une remise de récompenses, d’une superbe rectitude politique. Sauf qu’avec le recul, les Oscars sont souvent le reflet de l’actualité américaine.

En 1998, le sacre de Titanic, plus grand succès financier de l’histoire, couronnait une période florissante pour Hollywood (et pour l’économie américaine). Le blockbuster le plus cher de tous les temps avait survécu à son naufrage annoncé. Hollywood célébrait le divertissement avec un grand D.

Les années suivantes ont marqué le retour des grands genres : la fresque antique avec Gladiateur, la comédie musicale avec Chicago. La prospérité du moment — c’était avant l’essor du DVD, la menace du piratage, la chute de l’auditoire... — n’empêchait pas une certaine nostalgie de l’âge d’or d’Hollywood. Une entorse au tableau : la victoire de Beauté américaine.

Puis, il y a eu le 11 septembre. L’Afghanistan. Et l’Irak.

En ces jours troubles, Hollywood a eu envie d’envoyer un message à l’Amérique, que Tom Cruise avait formulé clairement aux Oscars : the show must go on ! C’était la victoire de Chicago. L’heure était au patriotisme, et non à la critique. Michael Moore a eu droit à des huées en allant chercher son Oscar pour Bowling for Columbine. Mais dans la salle — on l’oublie parfois —, Moore a eu aussi droit à des applaudissements nourris. Cette année, il aurait peut-être en droit à une ovation. Question de timing.

Enlisement en Irak, déception à l’endroit de l’administration Bush (au plus bas de sa popularité), montée des valeurs néoconservatrices sous sa gouverne, climat de tension devant la menace de nouveaux attentats, alimenté à grands coups d’alertes orange : le cinéma n’est pas resté insensible aux manchettes. Ni les académiciens.

L’Amérique inquiète

L’an dernier, plusieurs ténors de la droite — dont Rush Limbaugh — avaient fait campagne contre Clint Eastwood, l’accusant de promouvoir l’euthanasie. La Fille à un million de dollars n’était pas un film sur l’euthanasie. Ni un film sur la boxe ! N’empêche, il décrivait avec sobriété le combat moral d’un croyant conservateur devant sa protégée qui lui demandait d’abréger ses souffrances. Plusieurs ont observé que la campagne de salissage avait assurément davantage aidé que nui au film, dans cette industrie qui se prétend libérale.

« Le bon sujet, au bon moment », a dit Morgan Freeman. On pourrait ajouter : de la bonne manière. Brokeback Mountain est avant tout un grand film. Mais en cette ère où le débat sur le mariage gai n’épargne pas les États-Unis, il est clair que le timing était excellent pour cette histoire d’amour entre deux jeunes cow-boys, histoire un peu provocatrice parce qu’elle prend à rebours l’icône même de la masculinité (le cow-boy). Le projet a d’ailleurs traîné dans les studios pendants plusieurs années avant qu’il ne trouve un contexte favorable pour sa réalisation.

En plébiscitant Good Night, and Good Luck (six nominations), l’Académie a offert une vitrine à un film d’époque très actuel, qui traite non seulement de la liberté d’expression, mais surtout de la responsabilité des médias, du devoir d’informer et des dangers pour les libertés civiles dans des contextes où les pouvoirs, au nom de la menace (communiste jadis, terroriste aujourd’hui), se placent au-dessus des lois. Que ce soit Clooney lui-même, star hollywoodienne, qui ait commis le film n’était pas pour nuire.

Autre enfant chéri de la profession, capable d’adresser des thèmes sérieux (La Couleur pourpre, La Liste de Schindler), Steven Spielberg a fait avec Munich (cinq nominations) son film le moins convenu, « une prière pour la paix », a-t-il affirmé. Certains l’ont accusé de ne pas prendre position clairement. Mais au-delà de tout, Munich pose de très pertinentes questions sur l’attitude de l’administration américaine devant la menace terroriste, critiquant la rhétorique « œil pour œil, dent pour dent ».

Crash de Paul Haggis (six nominations) propose aussi un regard attristé sur une nation rongée par la peur de l’Autre, à travers un microcosme du melting pot de Los Angeles, où chaque groupe vit dans sa bulle, et où les problèmes commencent lorsque ces bulles se heurtent. Plaidoyer pour la tolérance, Crash est aussi un remarquable film d’acteurs. Comme les acteurs composent le groupe le plus influent de l’Académie...

Capote, du jeune Bennett Miller (cinq nominations), n’est pas un film politique. C’est une œuvre forte sur la création, qui tout en dressant le portrait d’un écrivain à un moment-clé, aborde le thème de l’inégalité des chances. Comme Crash, c’est un premier film. Comme Crash et Good Night..., il a été tourné pour moins de 10 millions $. Comme Crash, Good Night... et Brokeback Mountain, il assure aux productions indépendantes une rare main-mise sur les principales catégories.

Faut-il se surprendre que ce retour des sujets politiques, sociaux, critiques vienne des indépendants, et non des grands studios hollywoodiens (outre Spielberg) ?

Paul Haggis est peut-être celui qui a le mieux résumé l’effet des Oscars 2006 : « Ce qu’il y a de bien avec ces nominations, c’est qu’elles vous donnent la crédibilité pour entreprendre des projets encore plus risqués. » Ce cinéma risqué, qui trouvera de nouveaux appuis, tient le haut de l’affiche cette année aux Oscars. C’est la saveur du mois pour l’Académie. À quand le retour du pur divertissement ? Peut-être dès l’an prochain. Comme le dit le sage Freeman, « le bon sujet, au bon moment ».

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 04, 2006, 12:19 PM
Arrrgh!  Me not happy when I read this!  Also from La resse

http://www.cyberpresse.ca/article/20060303/CPSOLEIL/60303133/5643/CPARTS01

Le vendredi 03 mars 2006


Meilleur acteur : vraiment Capote

Gilles Carignan

Le Soleil


En 2005, le rôle biographique avait la cote, avec au final la victoire de Jamie Foxx mimant Ray Charles à s’y méprendre. Phénomène passager ? Pas du tout. Trois des cinq finalistes cette année prêtent leurs traits à des personnages ayant existé, soit le musicien Johnny Cash, le journaliste Edward R. Murrow et l’écrivain Truman Capote. Encore, le « vrai » séduit, impressionne, subjugue, un peu comme si la composition sur un modèle vérifiable était plus facile à juger. Joaquin Phoenix ne devient pas seulement Cash, mais il le chante. Philip Seymour Hoffman ne fait pas que mimer les tics de Capote, il assimile sa voix si affectée. Pas de surprise à ce que ce dernier soit grand favori, même si le jeu intérieur, étouffé de Heath Ledger, dans un rôle d’invention, lui vaut une horde de supporteurs à Hollywood. Un désavantage pour l’Australien : son âge. Le jeune Ledger aura un jour son heure, se dit-on. Après tout, Marlon Brando et James Dean n’ont pas été célébrés à la première occasion. Même que ce dernier, mort trop vite, ne l’a jamais été ! En offrant cinq nominations à Capote — signe que le film a été beaucoup aimé —, l’Académie a confirmé que Hoffman l’emportera.

Philip Seymour Hoffman
Capote

- Rôle : Truman Capote, écrivain dont l’enquête sur un meurtre sordide débouche sur le roman-réalité De sang-froid.
- Âge : 38 ans
- Origine : Fairport, New York
- Rôles notables : le prof courtisé par une ado dans La 25e Heure, l’infirmier Phil Parma dans Magnolia, le veuf qui noie son malheur dans l’essence dans Love Lizza, etc.
- Nominations en carrière : aucune
- Il a dit, au sujet de sa performance : « On m’a dit que j’allais enfin récolter ce qui m’est dû. C’est faux, car personne ne doit rien à personne. Je fais simplement ce que j’ai à faire. » Miami Herald







Heath Ledger
Brokeback Mountain

- Rôle : Ennis Del Mar, rancher du Wyoming qui développe une idylle secrète avec un homme, même s’il est marié (avec Michelle Williams, sa femme dans la vie)
- Âge : 26 ans
- Origine : Perth, Australie
- Rôles notables : fils d’un gardien de prison qui s’enlève la vie dans une scène-choc du Bal du monstre ; Jacob, le plus rêveur des frères Grimm dans le film de Terry Gilliam ; Casanova
- Nominations en carrière : aucune
- Il a dit : « Nous n’avons pas fait le film pour un mouvement politique quelconque. Nous n’avons jamais pensé changer l’esprit des gens. Mais si ça touche le cœur des gens, si ça peut altérer des perceptions, c’est une bonne chose. » AP

David Strathairn
Good Night, and Good Luck

- Rôle : le journaliste Edward R. Murrow, animateur du magazine See It Now sur CBS dans les années 50, où il a entrepris un combat contre le sénateur Joseph McCarthy
- Âge : 57 ans
- Origine : San Francisco, Californie
- Rôles notables : acteur fétiche de John Sayles (Limbo), dont l’amitié remonte au collège, il jouait le photographe de guerre de Newsweek Harrison Lloyd, disparu en Yougoslavie dans Des fleurs pour Harrison.
- Nominations en carrière : aucune
- Il a dit, du film pour lequel il est finaliste : « On pourrait simplement changer les noms entre hier et aujourd’hui, et on aurait le même scénario. » Sydney Morning Herald

Joaquin Phoenix
Walk the Line

- Rôle : Johnny Cash
- Âge : 31 ans
- Origine : San Juan, Puerto Rico
- Rôles notables : Commodus dans Gladiateur ; le frère du révérend Graham dans Signes ; le jeune pompier prisonnier des flammes dans Échelle 49.
- Nominations en carrière : une (meilleur acteur de soutien pour Gladiateur)
- Oscars en carrière : aucune
- Il a dit, au sujet de Cash : « Il était imposant, il faisait plus de six pieds ; je suis plus petit de cinq pouces, je n’y peux rien. Mais j’ai essayé de traduire le cœur et l’esprit de l’homme, en espérant que les gens oublient nos différences physiques. » AP

Terrence Howard
Hustle & Flow

- Rôle : DJay, truand qui tente sa chance dans le monde du rap
- Âge : 36 ans
- Origine : Chicago, Illinois
- Rôles notables : Cameron, l’acteur dont la femme subissait une fouille abusive dans Crash ; le guitariste Gossie McKee, dont Ray Charles doute dans Ray
- Nominations en carrière : aucune
- Il a dit, en apprenant sa nomination : « Mes yeux étaient tellement couverts de larmes que je ne pouvais même pas voir la moitié de l’écran de télévision. Je ne pensais pas pleurer. Je pensais que tout irait bien. » AP

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 04, 2006, 12:22 PM
Still from La Presse (Yessss! Go Ang!)

http://www.cyberpresse.ca/article/20060303/CPSOLEIL/60303131/5643/CPARTS01


Le vendredi 03 mars 2006

 


George Clooney

 


Meilleur réalisateur : les « kids » de Cincinnati

Gilles Carignan

Le Soleil


Le premier a déjà goûté cinq fois à la course au prestigieux Oscar du meilleur réalisateur, la dernière fois en 1998. À l’époque, le second n’était qu’une star au panthéon hollywoodien, qui gardait pour lui son ambition de réalisateur. L’un est un vétéran, l’autre est un jeune loup, mais Steven Spielberg et George Clooney partagent ceci : ils ont grandi à Cincinnati. Ils partagent surtout cela : leurs films, considérant leurs profils, sont des œuvres courageuses, loin du divertissement conventionnel, preuve que le désir d’explorer de nouveaux terrains n’est pas qu’un phénomène marginal à Hollywood. N’empêche, à moins d’une surprise totale, Spielberg et Clooney regarderont Ang Lee aller chercher l’Oscar demain soir pour le sobre, précis, lent et méticuleux Brokeback Mountain. Notons que, pour la première fois en 25 ans, la logique est respectée, les réalisateurs des cinq films finalistes pour l’Oscar suprême sont en nomination. Notons aussi que, pour une rare fois, deux réalisateurs sont finalistes avec des premières œuvres, soit Paul Haggis et Bennett Miller. Les temps changent, les écrans aussi.

George Clooney
Good Night, and Good Luck

- Âge : 44 ans
- Origine : Lexington, Kentucky
- Films notables : avant Good Night…, il avait réalisé Confessions d’un homme dangereux (2002), d’après un scénario de Charlie Kaufman
- Nominations en carrière : aucune
- Il a dit, au sujet de la cérémonie de demain : « Dick Cheney sera mon cavalier. C’est tellement sympa de sa part. Il m’a appelé pour m’inviter à aller à la chasse avec lui, alors je l’ai invité à être mon cavalier. AFP







Paul Haggis
Crash

- Âge : 52 ans
- Origine : London, Ontario
- Films notables : Crash est la première réalisation de Haggis, connu pour ses talents de scénariste, à la télé pendant 20 ans, et depuis peu au cinéma (La Fille à un million de dollars)
- Nominations en carrière : une (meilleur scénario adapté La Fille à un million de dollars, 2005)
- Oscars en carrière : aucun
- Il a dit : « J’ai essayé de parler d’où nous en sommes comme société, du climat de peur dans lequel nous vivons, et certainement, de la façon dont le 11 septembre a affecté nos vies et le monde. » PC

Steven Spielberg
Munich

- Âge : 60 ans
- Origine : Cincinnati, Ohio
- Films notables : contentons-nous de La Liste de Schindler, lauréat de l’Oscar du meilleur film en 1993. Ajoutons La Guerre des mondes parce qu’il est aussi en nomination trois fois cette année
- Nominations en carrière : cinq dans la catégorie du meilleur réalisateur (Rencontre du troisième type, Les Aventuriers de l’arche perdue, E.T., La Liste de Schindler, Il faut sauver le soldat Ryan)
- Oscars en carrière : deux comme meilleur réalisateur (La Liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan)
- Il a dit, au sujet des films en nomination cette année : « On assiste à une résurgence du courage dans le champ culturel. On peut le voir comme une réaction politique, ou une réaction au néoconservatisme actuel. » AP

Bennett Miller
Capote

- Âge : 29 ans
- Origine : New York, New York
- Films notables : Capote est son premier film. Il avait réalisé en 1998 un documentaire sur un guide touristique de Manhattan, The Cruise.
- Nominations en carrière : aucune
- Il a dit, sur le choix de l’interprète de Truman Capote : « Il n’y avait qu’un nom sur la liste, celui de Philip (Seymour Hoffman). Nous n’avions pas de plan B. » The New York Times

Ang Lee
Brokeback Mountain

- Âge : 51 ans
- Origine : Pingtung, Taiwan
- Films notables : Garçon d’honneur (1993), Raison et Sentiment (1993), The Ice Storm (1997) et, moins mémorable, Hulk (2003)
- Nominations en carrière : deux (meilleur réalisateur pour Tigre et Dragon, meilleur film pour Tigre et Dragon, à titre de coproducteur)
- Oscars en carrière : aucun
- Il a dit, de Brokeback Mountain : « Ce n’est pas un film gai, c’est une histoire d’amour universelle, à laquelle chacun, je pense, peut s’identifier. » LE SOLEIL
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Mar 04, 2006, 12:25 PM
Arrrgh!  Me not happy when I read this!  Also from La resse

http://www.cyberpresse.ca/article/20060303/CPSOLEIL/60303133/5643/CPARTS01

Philip Seymour Hoffman ne fait pas que mimer les tics de Capote, il assimile sa voix si affectée. Pas de surprise à ce que ce dernier soit grand favori, même si le jeu intérieur, étouffé de Heath Ledger, dans un rôle d’invention, lui vaut une horde de supporteurs à Hollywood. Un désavantage pour l’Australien : son âge. Le jeune Ledger aura un jour son heure, se dit-on. Après tout, Marlon Brando et James Dean n’ont pas été célébrés à la première occasion. Même que ce dernier, mort trop vite, ne l’a jamais été ! En offrant cinq nominations à Capote — signe que le film a été beaucoup aimé —, l’Académie a confirmé que Hoffman l’emportera.

It's not over till it's over..they do praise Heath..just state he might be too young to win this time.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 04, 2006, 12:38 PM
From Radio-Canada

http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/cinema/2006/03/03/002-oscars_coulombe.asp


– Oscars
En attendant le grand soir...Chaque année la remise des Oscars constitue l'occasion de passer en revue le cinéma américain. Cinématographie dominante. Or, si on devait effectuer une radiographie de l'Amérique en s'inspirant des cinq films dans la course pour l'Oscar du meilleur film, le portrait serait plutôt sombre.

 
Deux cowboys s'aiment en secret, incapables d'avouer leur amour à la face du monde (Brokeback mountain). Un écrivain amoureux utilise l'auteur d'un meurtre crapuleux pour nourrir son oeuvre (Capote). Un journaliste intègre a le courage de faire obstacle aux excès patriotiques de McCarthy (Good Night, and good luck). La violence sévit à tous les étages et n'épargne personne (Crash). Hypocrisie, manipulation, désinformation, criminalité. L'Amérique sort ses plus beaux atours pour offrir d'elle-même une image finalement bien peu avantageuse.

Chez les finalistes, un seul sujet n'est pas américain, celui de Munich, le film de Steven Spielberg. Le cinéaste rappelle les rapports tendus entre Palestiniens et Israéliens autour d'une vendetta commandée par Israël. Pas toujours facile d'être Juif, dit-il aux membres de sa communauté, nombreux dans l'industrie cinématographique américaine.

Histoires inspirantes

Parmi les quelques autres films qui se taillent une place au palmarès de cette 78e soirée des Oscars, on trouve tout de même quelques histoires inspirantes. La vie de Johnny Cash (Walk the line), un chanteur qui a su imposer son style et ses choix de vie. La détermination d'une ouvrière humiliée qui a gagné sa cause contre un employeur abusif (North country). Le combat d'un boxeur qui enfile les gants pour faire vivre les siens (Cinderella man). L'affirmation d'un transsexuel, en tant que femme, en tant que mère (Transamerica). Une propriétaire de théâtre dans la force de l'âge qui n'a pas froid aux yeux, même lorsque Londres est bombardée (Mrs. Henderson presents). Un diplomate qui reprend le combat militant de sa femme et y trouve une forme de rédemption (The constant gardener). Mais ces films ne sont pas dans la course pour l'ultime statuette dorée.

Acteurs: tendance biographique

Du côté des acteurs, certaines tendances se confirment. Il y a évidemment des rôles qui augmentent les chances de leurs interprètes d'obtenir un ticket pour la soirée. Ainsi en va-t-il des biographies. Trois des acteurs en nomination cette année interprètent des personnalités qui ont marqué l'histoire des États-Unis depuis l'après-guerre. Philip Seymour Hoffman s'inspire du maniérisme de l'écrivain Truman Capote. Joaquin Phoenix reprend les chansons de Johnny Cash (Walk the line). Et David Strathairn fait revivre le combat du journaliste Edward R. Murrow (Good Night, and Good Luck).

Actrices: histoire récente

Deux actrices interprètent aussi des femmes de l'histoire récente, moins connues toutefois. Judi Dench défend le rôle titre de Mrs. Henderson presents et Reese Witherspoon chante le répertoire de June Carter dans Walk the line.

Si on ne trouve pas de rôle de boxeur, ni de handicapé dans la liste 2005, l'Académie a tout de même souligné l'audace de deux acteurs. Felicity Huffman a joué gros en interprétant un transsexuel (Transamerica). Et que dire de Heath Ledger, à des lieues de ses emplois habituels, qui chausse les bottes d'un homosexuel introverti (Brokeback mountain).

Oscars: un impact commercial?

La course aux récompenses passionne des millions d'amateurs de cinéma. Pourtant, alors que les dés sont jetés, et les paris toujours ouverts, la machine hollywodienne a la tête ailleurs. Le regard braqué sur le tiroir caisse, en fait. Car il semble que les favoris génèrent, cette année, peu d'affluence en salle. On peut imaginer qu'on sortira tambours et trompettes pour redresser la situation dans le dernier droit. Et que les bonzes de l'industrie se montreront plus vigilants l'an prochain.

Une collaboration de Michel Coulombe.

Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Mar 04, 2006, 01:27 PM
Merci for these articles, chameau. They seem to be trying to keep up the suspense for tomorrow night...
Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Mar 04, 2006, 05:34 PM
"Brokeback Mountain" menacé par "Collision" aux Oscars ?

samedi 04 mars 2006 (Reuters - 11:49)

par Arthur Spiegelman

LOS ANGELES - La partie est-elle jouée pour Le Secret de Brokeback Mountain, dont on disait qu'il devrait l'emporter aisément à la cérémonie de remise des Oscars, dimanche à Los Angeles? En dernière minute, Collision apparaît comme un challenger sérieux pour l'Oscar du meilleur film.

Si depuis des mois les prédictions veulent que pour la première fois, la récompense suprême aille à une histoire d'amour entre cow-boys "gays", une rumeur laisserait augurer depuis peu d'un retournement de situation.

Le magazine People a publié cette semaine titre en rose vif cette semaine: "Oscar: Oui, je suis gay!", en surimpression sur une photo de la statuette d'or, sur une affiche du Secret de Brokeback Mountain et celles de deux autres films, Truman Capote et Transamerica.

"Huit nominations pour l'histoire d'amour gay entre cow-boys, deux pour Transamerica et cinq pour l'histoire de Truman Capote - au premier coup d'oeil la leçon des Oscars, cette année, est simple: l'abréviation de la gloire cinématographique tient en trois lettres: g-a-y", explique le magazine.

Un expert ès-Oscars, Tom O'Neil, dit avoir entendu parler d'un nombre plus grand de personnes votant pour Collision que pour Brokeback Mountain, "mais je me souviens qu'en 2002 tous les membres des Academy Awards disaient qu'ils allaient voter pour Moulin Rouge. En définitive, c'est le favori de l'année, Un homme d'exception, qui l'a emporté. Il est très difficile de déloger un favori".

"Celui qui vote pour les Oscars veut être du côté des vainqueurs; mais peut-être certains, cette année, en ont-ils sans l'avouer assez de ces 'films sur la persécution des homosexuels'. Mais comment peut-on évaluer ce facteur silencieux: être politiquement incorrect à Hollywood?", se demande-t-il.

PHILIP SEYMOUR HOFFMAN FAVORI POUR LE MEILLEUR ACTEUR?

Les cinq nominés pour l'Oscar du meilleur film - "Brokeback", Collision, Munich, Truman Capote, "Good Night, and Good Luck", sont tous des candidats sérieux. Ce ne sont pas vraiment des "blockbusters" au box office: par exemple, Le Secret de Brokeback Mountain, n'a "fait" que 75 millions de dollars de recettes en trois mois, soit deux millions de moins que La Guerre des mondes au cours de ses quatre premiers jours en salles en juillet dernier...

Collision, qui se passe à Los Angeles, a dû toucher les jurés des Oscars, qui pour bon nombre vivent dans cette ville et peuvent être sensibles au thème du film - les communautés raciales qui ne se mêlent que lorsqu'elles entrent en collision au volant de leurs voitures.

Le film a obtenu six nominations aux Oscars, à égalité, en deuxième position, avec Good Night, and Good Luck, de George Clooney, qui se passe dans les milieux du journalisme à l'époque du McCarthysme.

Dans la catégorie meilleur acteur, la compétition est féroce même si certains voient gagner Philip Seymour Hoffman, qui interprète le rôle de l'écrivain Truman Capote dans le film éponyme.

Hoffman devra faire face à la concurrence de Terrence Howard (Hustle and Flow), de Heath Ledger (Le Secret de Brokeback Mountain), de Joaquin Phoenix (le Johnny Cash de "Walk the Line") ainsi que de David Strathairn - le journaliste Edward R. Murrow dans "Good Night, and Good Luck".

Concurrence vive également dans la catégorie meilleure actrice, entre deux favorites - Reese Witherspoon (Walk the Line) et Felicity Huffman (Transamerica).

Impossible également de départager à l'avance un réel vainqueur dans la catégorie du meilleur film étranger, où un long-métrage palestinien de Hany Abu-Assad, Paradise now, affronte un film sud-africain, "Tsotsi", et un film allemand de Marc Rothemund, "Sophie Scholl: Les derniers jours", sur la résistance allemande au nazisme.


http://www.liberation.fr/page.php?Article=364460
Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Mar 06, 2006, 09:44 AM
http://www.tetu.com/rubrique/mag/mag_dossier_detail.php?id_dossier=89

Quote
Oscars 2006: «Le Secret de Brokeback Moutain» rate le sommet

On s'attendait à un raz-de-marée. On aura eu droit à une belle vague. Donné archi favori, surtout après le carton des Golden Globes, Le Secret de Brokeback Mountain est reparti avec trois statuettes. Malgré huit citations. Mais c'est Collision qui lui a raflé, à la surprise générale, le prix du meilleur film. Tout en lui cédant cependant le prix du meilleur réalisateur. Ang Lee a dédié le film à son père décédé, et à ceux qui luttent pour l'amour en général. Brokeback Mountain s'est aussi emparé des trophées de la meilleure adaptation et de la musique originale, mais les distinctions pour le meilleur rôle secondaire et le meilleur acteur lui ont échappé. Philip Seymour Hoffman, incarnation frappante de l'écrivain américain Truman Capote dans le film éponyme, a ravi à Heath Ledger la palme du meilleur acteur. Il avait déjà eu le Golden Globe pour ce rôle. Malgré une Felicity Huffman pour Transamerica qui la talonnait dans les pronostics, c'est Reese Witherspoon qui a décroché l'Oscar de la meilleure actrice, pour sa June Carter qui, dans Walk the Line, est la compagne du Johnny Cash joué par Joaquin Phoenix.

Récit de destins croisés sur fond de racisme quotidien à Los Angeles, Collision, parti avec six nominations, a coiffé ses rivaux pour le suprême hommage du meilleur film, mais aussi pour le scénario original et pour le montage. En nomination trois fois, notamment pour meilleur réalisateur et coscénariste pour Good Night, and Good Luck, George Clooney a remporté le titre de meilleur second rôle masculin pour son agent de la CIA dans Syriana. Le pendant féminin du meilleur second rôle a été attribué à Rachel Weisz, qui donnait la réplique à Ralph Fiennes dans The Constant Gardener.
La soirée, ultra rapide (3h30, un record), était animée pour la première fois par l'humoriste Jon Stewart. Un numéro en demi teinte (dans son speech d'entrée, il a noté, malicieux, que Capote et Good Night, and Good Luck étaient deux oeuvres qui montraient des journalistes inlassablement en quête de la vérité et qu'en cela, ils étaient des films d'une autre époque...). Mais il n'a pas été aussi virulent que dans le show télé qui l'a révélé, sur Comedy Central. Grand moment comique de la soirée, et clin d'oeil à Brokeback Mountain: Jon Stewart a démontré, dans un enchaînement d'extraits piquants, que les grands westerns, symboles de la virilité masculine, comportaient bon nombre d'allusions homosexuelles. Un montage qui rappela à beaucoup le célèbre The Celluloid Closet.
De son côté, la France peut être satisfaite: La Marche de l'empereur de Luc Jacquet a été désignée meilleur documentaire. Joyeux Noël, sur la trêve de Noël de 1914, durant la Première Guerre mondiale, est en revanche reparti bredouille dans la catégorie «Meilleur film étranger». C'est Tsotsi, d'Afrique du Sud, qui a raflé la mise.
Dans un communiqué, le président Neil G. Giuliano à la tête de l'Association Gay & Lesbian Alliance against defamation (GLAAD), veillant à l'image et à la représentation des gays et des lesbiennes dans les médias américains, a regretté que Brokeback n'ait pas décroché la récompense suprême, mais noté avec bonheur que l'Académie avait donné cinq prix à des films gay, lesbiens et transgenres et que cinq films avec des sujets lesbiens, gay, bisexuels ou transgenres avaient été en compétition pour pas moins de 21 Academy Awards. Une visibilité jamais atteinte dans l'histoire du 7e art US!

Les lauréats de la 78e édition des Oscars :

*    Meilleur film: Crash
*    Meilleur acteur: Philip Seymour Hoffman, Capote
*    Meilleure actrice: Reese Witherspoon, Walk the Line
*    Meilleur second rôle masculin: George Clooney, Syriana
*    Meilleur second rôle féminin: Rachel Weisz, The Constant Gardener
*    Meilleur réalisateur: Ang Lee, Brokeback Mountain
*    Meilleur film étranger: Tsotsi, Afrique du Sud
*    Meilleure adaptation: Larry McMurtry & Diana Ossana, Brokeback Mountain
*    Meilleur scénario original: Paul Haggis & Bobby Moresco, Crash
*    Meilleur film d'animation: Wallace & Gromit in the Curse of the Were-Rabbit
*    Meilleure direction artistique: Memoirs of a Geisha
*    Meilleure photographie: Memoirs of a Geisha
*    Meilleur mixage son: King Kong
*    Meilleur son: King Kong
*    Meilleure musique: Brokeback Mountain, musique de Gustavo Santaolalla
*    Meilleure chanson originale: It's Hard Out Here for a Pimp, de Jordan Houston, Cedric Coleman et Paul Beauregard, tirée de Hustle & Flow
*    Meilleurs costumes: Memoirs of a Geisha
*    Meilleur documentaire: La marche de l'empereur
*    Meilleur court métrage documentaire: A Note of Triumph: The Golden Age of Norman Corwin
*    Meilleur montage: Crash
*    Meilleur maquillage: The Chronicles of Narnia: The Lion, the Witch and the Wardrobe


par Louis Maury
[/color]
Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Mar 06, 2006, 12:48 PM
Quote
par Annette LEVY-WILLARD
LIBERATION.FR : lundi 06 mars 2006

Los Angeles, envoyée spéciale

"C'était, comme l'ont dit les journalistes de télés plantés sur le tapis rouge des Oscars devant le Kodak Theater, souriant de leurs gigantesques sourires impeccables, « une belle nuit à Hollywood .» Tout le monde était beau, élégamment dévêtu, couvert de diamants (quelques colliers de plus d'un million de dollars), et plein de bons sentiments : Hollywood allait changer le monde, nous disait avec émotion George Clooney, en compétition pour deux films politiques, «Syriana» qui se déroule dans un pays qui ressemble à l'Irak (pour lequel il gagne l'Oscar du meilleur second rôle) et «Good Night and Good Luck» qu'il a réalisé et raconte le temps héroïque où les journalistes résistaient au pouvoir politique. «Nous avons parlé du sida quand on n'osait pas en parler, des droits civiques quand ce n'était pas populaire… Je suis fier d'appartenir à l'Académie, je suis fier d'appartenir à cette communauté hollywoodienne », a-t-il lancé, son trophée à la main, après avoir rappelé qu'il avait déjà eu une autre décoration, tout aussi importante, il y a quelques années : celle de l'homme le plus sexy du monde. D'ailleurs le présentateur de la cérémonie, le très drôle Jon Stewart n'allait pas rater l'occasion en présentant le film : « Good Night and Good Luck …C'est comme ça que George Clooney termine ses soirées avec les filles… »

Avec de l'humour, certes, mais on se prenait au sérieux, on baignait dans le politiquement correct grâce à un quota raisonnable de blacks, de latinos, de blagues juives et de blagues anti-Cheney (même pas Bush) : « La chanteuse Bjork n'a pu venir parce qu'elle avait mis son costume d'oiseau et Dick Cheney lui a tiré dessus. » Et, bien sûr, puisque «Brokeback Mountain» était le grand favori, les blagues homos. D'ailleurs la cérémonie démarrait fort, avec Jon Stewart se réveillant le matin des Oscars pour découvrir – avec joie – qu'il est au lit avec George Clooney. Et, plus tard, semblant s'offusquer de ce détournement du western classique, il nous montre un montage de scènes parfaitement ambiguës de vieux westerns : du cow-boy qui caresse amoureusement la croupe de son cheval à celui qui brandit un revolver dans la bouche d'un autre en passant par les regards langoureux que se jettent Montgomery Cliff ou Rock Hudson, ancêtres des cow-boys gays.

Et puis, à la dernière minute, les 3.300 électeurs de l'Académie du cinéma américain, dans le secret de leurs maisons hollywoodiennes, ont reculé : à la case meilleur milm de l'année, ils ont sauté le «Munich» de Spielberg, le «Good Night and Good Luck», le «Capote», ont hésité longuement au-dessus de «Brokeback Mountain» pour finalement choisir «Crash» (Collision) de Paul Haggis. Le public du Kodak Theater et les millions de télespectateurs sont surpris : il n'y aura donc pas de happy end pour les cow-boys amoureux, donnés gagnants depuis des semaines, devenus des icônes nationales et internationales. «Brokeback» reçoit l'oscar du meilleur réalisateur pour Ang Lee et celui du meilleur scénario, mais est privé de la récompense suprême.

Pourquoi «Crash» et pas «Brokeback» ? D'abord parce que les Hollywoodiens habitent… Los Angeles. Et «Crash» part d'un accident de voitures – sujet qui leur est bien familier – pour suivre des histoires qui se croisent: deux flics – l'un est un homme noir, l'autre femme mexicaine –, un réparateur de serrures mexicain, deux jeunes braqueurs noirs, un méchant inspecteur de police blanc, un asiatique qui fait du trafic d'immigrés, une famille iranienne qui tient un magasin etc. Des personnages aussi cosmopolites que la ville de Los Angeles. Et un casting d'enfer pour un film à tout petit budget (6,5 millions de dollars): Matt Dillon formidable en méchant flic blanc, Don Cheadle le bon inspecteur de police black, Sandra Bullock la bourgeoise blanche flippée, le rappeur Chris «Ludacris» Bridges en jeune voyou noir.…

«Crash» veut évidemment dénoncer le racisme et le fait brillamment. Certes les habitants du Middle West n'auraient pas voté pour «Crash» mais ils n'auraient pas voté non plus pour «Brokeback Moutain» et, de toute façon, ces deux films n'arrivent jamais dans leurs cinémas de campagne. Enfin le distributeur de «Crash» a innové en envoyant 100.000 DVD à la communauté hollywoodienne, à toute l'industrie du cinéma américain.

Mais cette communauté hollywoodienne chère à George Clooney n'a pas pris trop de risques cette fois pour ces Oscars attribués à des petits films qui ne sont pas produits par les gros studios et « ont du contenu. » Ce n'est pas la transsexuelle jouée par Felicity Huffman qui gagne le trophée de la meilleure actrice mais la très clean Reese Weetherspoon («Walk the Line») qui, elle, peut faire battre le cœur de l'Amérique profonde. Pour équilibrer, soyons justes, Philip Seymour Hoffman a reçu l'oscar du meilleur acteur pour son rôle de Truman Capote, écrivain homosexuel. Ce n'est pas le film « explosif » palestinien, «Paradise Now», qui gagne celui du meilleur film étranger, mais «Tsotsi», film sud-africain plein de bonnes intentions. Ce n'est pas le documentaire sur les méfaits des hommes d'Enron qui gagne l'Oscar mais les moins dérangeants politiquement pingouins français («La Marche de l'empereur»).

Le palmarès a beaucoup énervé le célèbre critique du «Los Angeles Times-> http://www.latimes.com/]: «“Brokeback”, si cela vaut la peine de le noter, était d'une certaine manière le plus brutal des films dérangeants proposés à ceux qui votent pour les Oscars, écrit Kenneth Turan. Hollywood, bien sûr, n'a aucune obligation d'être une force progressive dans le monde (…) Mais le soir des Oscars, Hollywood aime à se taper sur l'épaule pour se féliciter du bien qu'elle fait dans le monde, seulement comme l'a montré la cérémonie de dimanche, c'est plus facile de se congratuler pour le bon boulot fait dans le passé plutôt que, justement, faire ce boulot dans le présent. »

Après toute les félicitations, congratulations et les habituels remerciements émus, la statuette dorée à la main – à ses parents, mais aussi à son agent, à son manager, et même son avocat…– la communauté hollywoodienne est remontée dans sa longue file de limousines, poursuivie par une flottille d'hélicoptères des télévisions, pour aller fêter cette très belle soirée."
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 06, 2006, 01:47 PM
La Presse

http://www.cyberpresse.ca/article/20060306/CPARTS01/603060715/5548/CPARTS


Le lundi 06 mars 2006
 

Crash surpasse Brokeback Moutain

Marc-André Lussier

La Presse


Crash a déjoué tous les pronostics en décrochant hier soir l'Oscar le plus convoité de la soirée, celui du meilleur film de l'année. Au total, le drame urbain du Canadien Paul Haggis a obtenu trois statuettes. Outre l'Oscar le plus prestigieux, Crash a été consacré dans la catégorie du scénario original de même que dans celle du montage.


«Je tiens à rendre hommage ici à ceux qui prennent des risques, qui épousent des causes, même quand il n'y a pas de caméras», a déclaré Paul Haggis, lauréat l'an dernier de l'Oscar du meilleur scénario pour Million Dollar Baby.

Brokeback Mountain, pourtant grand favori de la course, a tout de même obtenu trois Oscars: meilleure réalisation (Ang Lee), meilleur scénario adapté, et meilleure trame musicale.

Véritable coup de théâtre final, l'Oscar attribué à Crash a eu l'effet d'une bombe au Kodak Theatre. L'annonce, faite par Jack Nicholson, est venue pimenter de façon spectaculaire une soirée qui, jusque-là, s'était déroulée sans surprise.

Hoffman et Witherspoon récompensés

Philip Seymour Hoffman a été sacré meilleur acteur grâce à sa personnification de Truman Capote dans Capote. «Je tiens à remercier Bennet Miller et Dan Futterman, que j'aime, que j'aime, que j'aime...» a déclaré l'acteur en remerciant le réalisateur et le scénariste. Hoffman a aussi rendu hommage à sa mère, «qui a élevé seule quatre enfants. Elle mérite nos félicitations!»

Reese Witherspoon, lauréate de l'Oscar de la meilleure actrice grâce à sa prestation dans Walk the Line, a aussi évoqué son environnement familial: «Ma famille a toujours été fière de moi, a déclaré celle qui a prêté ses traits à June Carter Cash. Autant quand je parvenais à faire mon lit, quand j'étais petite, que maintenant!» Dans un élan d'émotion, l'actrice a dit qu'elle tentait simplement de faire des choses significatives.



Fier, George Clooney



«OK. Cela veut dire que je n'aurai pas celui du meilleur réalisateur!» C'est ainsi que George Clooney a commencé son discours de remerciement après avoir obtenu l'Oscar du meilleur acteur dans un rôle de soutien grâce à sa prestation dans Syriana, de Stephen Gaghan. «On pourra désormais associer la mention lauréat d'un Oscar à mon nom, en plus de celle de l'homme le plus sexy du monde en 1997 et de Batman!» Plus sérieusement, Clooney, qui était aussi en lice à titre personnel dans les catégories de la réalisation et du scénario original, a tenu à rendre hommage à ses colistiers acteurs. «Comment peut-on comparer?» a-t-il demandé. Aussi le prince a-t-il profité de la tribune pour répondre à ceux qui estiment que Hollywood n'est parfois pas en phase avec les préoccupations des Américains. Il a notamment évoqué le combat pour l'égalité des droits civiques et la lutte contre le sida, à des époques où ces problèmes ne faisaient pas consensus. «L'Académie a remis un Oscar à Hattie McDaniel en 1939 alors que les Noirs étaient encore relégués aux sièges arrière dans les autobus!» a-t-il fait remarquer. Clooney s'est dit fier de faire partie de la communauté hollywoodienne. «Ne pas être dans le courant a du bon!»

Rachel Weisz a de son côté obtenu l'Oscar de la meilleure actrice dans un rôle de soutien, grâce à sa remarquable prestation dans The Constant Gardener, de Fernando Meirelles. L'actrice britannique a tenu à remercier ses partenaires, virtuellement absents de la course, et a rendu hommage à «ceux qui se battent contre l'injustice».

Du côté des documentaires, La Marche de l'empereur a pris sa revanche sur les César en décrochant l'Oscar. Le réalisateur Luc Jaquet, qui est monté sur la scène du Kodak Theatre avec ses artisans et de beaux manchots en peluche, a remercié les enfants du monde entier qui ont vu son film. «Et qui s'en souviendront peut-être en 2041, l'année où le traité sur l'Antarctique devra être renouvelé», a-t-il dit.

Tsotsi, un drame sud-africain, a obtenu l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. «Nos histoires sont les mêmes que les vôtres», a dit le cinéaste Gavin Hood.

Comme il fallait s'y attendre, les superproductions se sont partagé les prix techniques. King Kong s'est inscrit au palmarès grâce au son, aux effets sonores et aux effets visuels; Memoirs of a Geisha s'est distingué grâce à la direction photo (Dion Beebe), à la direction artistique et aux costumes. L'Oscar du maquillage est par ailleurs allé à The Chronicles of Narnia.

Wallace & Gromit: The Curse of the Were-Rabbitt a obtenu l'Oscar du meilleur long métrage d'animation. La chanson It's Hard Out Here for a Pimp, qui nous a valu le numéro le plus décapant de la soirée, a aussi été primée.

Good Bye, and Good Luck et Munich n'ont pas obtenu la moindre statuette.

Le grand cinéaste Robert Altman, toujours ignoré par l'Académie, a par ailleurs reçu un Oscar honorifique des mains de Lily Tomlin et Meryl Streep. Les deux actrices ont d'ailleurs fait une présentation formidable.



Des flèches à saveur politique



Présentée avec beaucoup d'aplomb par le satiriste Jon Stewart, la soirée a commencé avec un sketch dans lequel tous les anciens animateurs ont été mis à contribution. Sollicités tour à tour, Billy Crystal, Chris Rock (ensemble sous une tente à la montagne), Steve Martin, Whoopi Goldberg et même David Letterman ont décliné l'invitation. «Nous célébrons l'excellence dans l'art cinématographique avec moi, quatrième rôle de soutien dans Death to Smoochy!» s'est exclamé Stewart. Après avoir imploré ceux qui s'adonnent au piratage d'abandonner leur pratique («Les vedettes dans cette salle peuvent à peine se permettre d'acheter assez de tissu pour couvrir leurs poitrines!), l'animateur a évidemment décoché quelques flèches à saveur politique. Évoquant Good Night, and Good Luck et Capote, Stewart a parlé d'une époque où les journalistes n'avaient pas peur de fouiller un peu afin de trouver la vérité. «Deux films à caractère historique», a-t-il laissé tomber. Il a aussi excusé l'absence de Björk à la cérémonie: «Dick Cheney a tiré sur elle pendant qu'elle essayait sa robe!»

On retiendra quelques moments amusants au cours de cette soirée, notamment un montage constitué d'extraits de westerns traditionnels dans lesquels une certaine ambiguïté émanait des gestes de cow-boys virils... «Il n'y a rien de gai dans les bons westerns classiques», avait pourtant prévenu Stewart. Idée marrante aussi que celle de présenter des réclames publicitaires en faveur des actrices en lice imitant la forme d'une campagne politique.

Du côté des lauréats, on aura remarqué une trop grande précipitation dans les remerciements. Il faut dire que les discours entiers étaient accompagnés d'une musique aussi incessante qu'insupportable, ce qui n'aide rien. Certains présentateurs ont visiblement eu beaucoup de mal à lire le télésouffleur.

Les gagnants

Film : Crash

Réalisation : Ange Lee, Brokeback Mountain

Scénario : Crash

Adaptation : Brokeback Mountain

Acteur : Philip Seymour Hoffman, Capote

Actrice : Reese Witherspoon, Walk the Line

Acteur, rôle de soutien: George Clooney, Syriana

Actrice, rôle de soutien: Rachel Weisz, The Constant Gardener

Documentaire (long) : La Marche de l'Empereur

Documentaire (court) : A Note of Triumph: The Golden Age of Norman Corwin

Film d'animation (long) : Wallace and Gromit in the Curse of the Were-Rabbit

Direction artistique : Memoirs of a Geisha

Costumes : Memoirs of a Geisha

Effets visuels : King Kong

Son : King Kong

Mixage : King Kong

Trame sonone : Brokeback Mountain

Court métrage : Six Shooter

Maquillages : The Chronicle of Narnia: The Lion, the Witch and the Wardrobe

Film d'animation (court) : The Moon and the Son - An Imaginated Conversation
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Mar 06, 2006, 01:50 PM
it's even worst in French...thankx for posting, but I can't read it!
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 06, 2006, 01:51 PM
it's even worst in French...thankx for posting, but I can't read it!

Reporters here are not happy
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Mar 06, 2006, 01:54 PM
it's even worst in French...thankx for posting, but I can't read it!

Reporters here are not happy

well neither am I !
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 06, 2006, 01:55 PM
Radio-Canada

http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/cinema/2006/03/06/001-oscars-coulombe.asp

78e soirée des Oscars
Crash, du Canadien Paul Haggis, la surprise des OscarsBen Stiller en collants verts, Tom Hanks terrassé par un groupe de musiciens, Mel Gibson s'exprimant en maya, Will Ferrell maquillé comme un grand brûlé, Lili Tomlin et Meryl Streep dans un duo à la manière de Robert Altman et Dolly Parton à ce point refaite qu'on en vient à oublier l'invraisemblable Cher.


L'Académie n'a rien ménagé pour faire de cette 78e édition une soirée inoubliable! Comme on craignait une baisse d'audience en raison de la relative popularité des films nommés, on a sorti l'artillerie lourde. Les Nicole Kidman, Jennifer Lopez, Russell Crowe, John Travolta, Jack Nicholson, Jennifer Aniston et autres Will Smith sont donc venus jouer les présentateurs dans leurs plus beaux atours.

Très sage, le Jon!


Jon Stewart
 
On pouvait s'attendre à tout de la part de l'animateur Jon Stewart. Disait-on. Après tout, George W. Bush est la tête de Turc de l'humoriste. Le président américain, que l'on imagine peu en accord avec le choix des nommés dans la catégorie du meilleur film, a été épargné. Tout au plus a-t-il été question du vice-président Dick Cheeney, qui aurait abattu Bjork alors qu'elle enfilait son costume. Simple histoire de chasse... Stewart a certes fait des clins d'oeil aux démocrates, aux valeurs et aux sujets abordés dans les films en lice. N'empêche, il est apparu très sage.


Engagez-vous, qu'ils disaient...

Puisque plusieurs des films sélectionnés abordaient des sujets graves, on s'attendait à ce que quelques gagnants ne se contentent pas de remercier leurs avocats, leurs parents et Dieu. Dans cet ordre. Ainsi, c'est avec ironie que George Clooney s'est réjoui de constater à quel point Hollywood est loin de l'Amérique. Cette supposée distance aura permis d'aborder bien des thèmes importants. Rachel Weisz a quant à elle souligné le courage de ceux qui, comme son personnage dans The Constant Gardener, risquent réellement leurs vies. Paul Haggis a dédié le prix du meilleur scénario original à tous ceux qui défendent la paix et la justice, tous ceux qui combattent l'intolérance. Les autres gagnants s'en sont tenus aux habituelles énumérations. Dans le respect des traditions.

Devine qui vient « crasher » le party ?

Dans l'ensemble, les oracles ont vu juste cette année. Tel qu'on s'y attendait, les prix d'interprétation sont allés à George Clooney, Rachel Weisz, Philip Seymour Hoffman et Reese Witherspoon. King Kong a récolté divers prix qui récompensent le savoir-faire de l'équipe technique. La marche de l'empereur a remporté l'Oscar du meilleur documentaire. Et Brokeback Mountain a reçu les prix de la meilleure adaptation et de la meilleure réalisation. Puis, au moment où on n'attendait plus rien, sinon le couronnement, maintes fois prédit, annoncé, expliqué, du film d'Ang Lee, voilà qu'il a été coiffé au fil d'arrivée par Crash, consacré meilleur film. S'il ne s'agissait pas de cinéma, on parlerait volontiers de coup de théâtre!

Dans le but d'encourager les amateurs de cinéma à fréquenter en plus grand nombre les salles de cinéma, on a présenté divers montages thématiques tout au long de la soirée. Procédé bien répétitif, commenté avec justesse par Stewart qui a fait appel au public. Envoyez-nous tout ce que vous avez, disait-il, suppliait-il, nous manquons d'extraits... Il y a fort à parier que quelques-uns des films du cru 2005 seront, eux aussi, repris au fil des ans dans pareils montages.

Un article de Michel Coulombe.

Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Mar 06, 2006, 02:01 PM
Quote
"Crash, du Canadien Paul Haggis, la surprise des OscarsBen Stiller en collants verts, Tom Hanks terrassé par un groupe de musiciens, Mel Gibson s'exprimant en maya, Will Ferrell maquillé comme un grand brûlé, Lili Tomlin et Meryl Streep dans un duo à la manière de Robert Altman et Dolly Parton à ce point refaite qu'on en vient à oublier l'invraisemblable Cher."

Thank for post this one. You made me laugh  !!   ;D  :-* ;D

Quote
Puis, au moment où on n'attendait plus rien, sinon le couronnement, maintes fois prédit, annoncé, expliqué, du film d'Ang Lee, voilà qu'il a été coiffé au fil d'arrivée par Crash, consacré meilleur film. S'il ne s'agissait pas de cinéma, on parlerait volontiers de coup de théâtre!
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Mar 06, 2006, 02:05 PM
Quote
"Crash, du Canadien Paul Haggis, la surprise des OscarsBen Stiller en collants verts, Tom Hanks terrassé par un groupe de musiciens, Mel Gibson s'exprimant en maya, Will Ferrell maquillé comme un grand brûlé, Lili Tomlin et Meryl Streep dans un duo à la manière de Robert Altman et Dolly Parton à ce point refaite qu'on en vient à oublier l'invraisemblable Cher."

Thank for post this one. You made me laugh  !!   ;D  :-* ;D

Quote
Puis, au moment où on n'attendait plus rien, sinon le couronnement, maintes fois prédit, annoncé, expliqué, du film d'Ang Lee, voilà qu'il a été coiffé au fil d'arrivée par Crash, consacré meilleur film. S'il ne s'agissait pas de cinéma, on parlerait volontiers de coup de théâtre!

OK this made me smile a little!
Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Mar 06, 2006, 03:19 PM
Quote
"Collision" sacré meilleur film aux Oscars, devant le favori "Brokeback Mountain"

Le film Collision du Canadien Paul Haggis a créé, dimanche, la surprise en remportant l'Oscar du meilleur film à Hollywood, Le Secret de Brokeback Mountain, donné grand favori, devant se contenter du prix du meilleur réalisateur pour Ang Lee.

Collision (Crash en version originale), entrelacs de destins dans le chaudron multiracial de Los Angeles, qui était nommé à six reprises, a remporté deux autres statuettes dorées : meilleur scénario original pour Paul Haggis et Bobby Moresco, et meilleur montage. Brokeback Mountain, l'histoire d'amour de deux cow-boys qui totalisait huit sélections, termine lui aussi avec trois récompenses : outre Ang Lee, ses scénaristes Larry McMurtry et Diana Ossana repartent avec l'Oscar de la meilleure adaptation et l'Argentin Gustavo Santaolalla avec celui de la meilleure musique originale.

"Ils s'appellent Ennis and Jack, a déclaré Ang Lee à la tribune en évoquant les deux principaux personnages de son film. Ils nous ont appris tellement de choses, pas seulement au sujet les homosexuels dans notre société, mais surtout sur la grandeur de l'amour lui-même."
[/b]

(...) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-747788,0.html
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 07, 2006, 12:57 PM
From La Presse

http://www.cyberpresse.ca/article/20060307/CPARTS01/603070664/5548/CPARTS

CHRONIQUE

Oscars : miser sur le mauvais cheval

Marc Cassivi

La Presse


Avez-vous été surpris que Crash remporte l'Oscar du meilleur film dimanche? Moi non plus. Les preneurs aux livres ont eu beau nous répéter que Brokeback Mountain raflerait le plus prestigieux prix de la soirée, je n'y ai jamais cru. Pas parce que Brokeback Mountain est trop controversé, trop contemplatif ou trop gai pour l'Académie. Mais plutôt parce qu'il n'est pas assez hollywoodien.

Les personnages de Brokeback sont énigmatiques, ses intrigues non résolues, son rythme lent. Pour qui ne s'intéresse pas aux subtilités de la mise en scène d'Ang Lee, son film peut avoir l'air d'un long fleuve tranquille traversant une prairie paisible bordée de moutons amorphes (bref, pour certains, ça peut paraître long longtemps). On n'y trouve pas de scène soulignée à gros traits par un scénariste aguerri qui connaît les vieux trucs du métier.

Un exemple? Oscar Schindler s'adresse aux ouvriers juifs de son usine. Une larme perle sur sa joue pendant qu'il leur avoue, la gorge nouée, qu'il aurait pu en sauver d'autres s'il avait vendu son char, son costume trois pièces, son chapeau et sa mère pour leur éviter Auschwitz. Ben non, M. Schindler, vous avez fait votre gros possible. Sortez les violons: l'Oscar à Schindler's List.

Brokeback Mountain, malgré ses thématiques typiquement américaines- des cow-boys, de la bière, une partie de pêche torride à flanc de montagne- porte la marque de son réalisateur, un immigrant chinois de Taiwan, qui n'a pas nécessairement été élevé au sirop hollywoodien. Il y a une finesse, une subtilité, des silences éloquents dans ce film, que l'on ne retrouve pas fréquemment dans le cinéma américain.

Crash, en revanche, bien qu'il ait été réalisé avec des bouts de ficelles (selon les critères américains) et soit issu d'un studio indépendant, porte indéniablement l'empreinte de Hollywood. On ne s'étonne pas qu'il ait plu aux membres de l'Académie. C'est un film coup-de-poing, efficace et intelligent, qui met en scène une brochette d'acteurs inspirés. Il s'apparente néanmoins davantage, à mon avis, à un feel good movie hollywoodien sur le thème du racisme qu'à un film d'auteur marginal défrichant des zones inexplorées.

Je ne veux pas cracher dans la soupe. Crash est un bon film qui vaut bien d'autres lauréats de l'Oscar du meilleur long métrage. Cela n'en fait pas, selon moi, un grand film.

Le premier long métrage de Paul Haggis reste trop prévisible, trop politically correct dans sa volonté de ne pas l'être, trop truffé de ces «formules de scénaristes» qui pullulent dans le cinéma hollywoodien, pour porter la marque des grands.

Un exemple? (Si vous ne voulez pas que je vous vende un punch, ne lisez pas ce paragraphe.) Un immigrant iranien se fait cambrioler son commerce de Los Angeles. Son assureur refuse de rembourser ses pertes sous prétexte qu'un serrurier lui a conseillé de remplacer la porte qui a été défoncée. Le commerçant, humilié et ruiné, décide de s'en prendre au serrurier, un jeune père de famille latino. Lorsque ce dernier rentre du travail, sa fillette se rue dans ses bras... au moment même où le commerçant lui tire dessus à bout portant. Sortez les mouchoirs: l'Oscar à Crash.

Je vous entends dire: celui-là n'a pas de coeur. Je vous assure: ce n'est pas ça (ou si peu). Je n'aime pas que les cinéastes manipulent leur auditoire avec de bons sentiments. Crash, en ce domaine, ne donne pas sa place. Paul Haggis fait plus souvent dans le gros sabot que dans la fine dentelle en voulant se donner (et nous donner) bonne conscience. Tout le monde est égal dans le racisme: y a pas de chicane dans la cabane.

D'autres, il faut l'avouer, ont mieux exploité par le passé la technique du chassé-croisé. Robert Altman, oscarisé pour l'ensemble de son oeuvre dimanche, l'a fait brillamment dans Short Cuts (en comparaison, les rencontres fortuites de Crash m'ont semblé affreusement invraisemblables). Mais n'allez pas croire pas que j'ai été scandalisé par l'Oscar décerné à Crash. Je ne suis pas du genre à crier à l'injustice pour une banale remise de prix (je ne m'appelle pas Fabienne Larouche). Et je suis le premier à admettre que Crash a sans doute souffert à mes yeux de la belle réputation qui l'a précédée (je n'ai vu le film que récemment sur DVD).

Jon Stewart, génial dans son rôle d'animateur pince-sans-rire, s'est bien moqué du Tout-Hollywood, proche du Parti démocrate, en déclarant qu'aux Oscars, ils couraient au moins la chance de voter pour un gagnant. Tel un sympathisant de John Kerry, si j'avais été membre de l'Académie, j'aurais moi aussi misé sur le mauvais cheval.


Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Mar 07, 2006, 01:08 PM
 http://www.lefigaro.fr/  (http://www.lefigaro.fr/)

La victoire des manchots
J.-L. W.
07 mars 2006, (Rubrique Culture)

Le Français Luc Jaquet a remporté, dimanche soir à Los Angeles, l'oscar du meilleur documentaire pour «La Marche de l'empereur», tandis que, «Collision» et «Le Secret de Brokeback Mountain» décrochent trois statuettes chacun.
 
Luc Jacquet et son équipe a gagné l'oscar du meilleur documentaire pour la Marche de l'Empereur.
 
CONTRE toute attente, c'est le film choc du Canadien Paul Haggis qui a remporté, dimanche soir, à Los Angeles, lors de la 78e Cérémonie des Oscars, le prix du meilleur film aux dépens du favori, Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee, qui a tout de même déroché l'oscar du meilleur réalisateur. Finalement, les membres de l'Académie, en majorité conservateurs, ont préféré un film politique et à petit budget comme Collision plutôt que l'histoire d'amour impossible entre deux cow-boys, trop exposée à la cause homosexuelle.
 
De plus, Ang Lee avait déjà été fortement primé aux Golden Globes, quelques semaines auparavant. Mais, pour faire bonne mesure, chacun a remporté trois statuettes et leurs scénarios sont tous deux récompensés : meilleure adaptation pour Brokeback Mountain qui décroche également le prix de la meilleure musique, meilleur script original pour Collision et meilleur montage.
 
Face à ces deux films emblématiques, Munich, de Steven Spielberg, et Good Night and Good Luck, de George Clooney, avaient peu de chance de l'emporter. Ce qui n'a pas empêché le réalisateur, acteur et producteur de gagner un lot de consolation avec l'oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Syriana.
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Mar 07, 2006, 05:16 PM
Thanks for all the articles, chameau, Lost_Girl. Though I wasn't looking out for anything in the French press, I'm glad there have been some people voicing their surprise.

Stephan
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 07, 2006, 07:09 PM
Thanks for all the articles, chameau, Lost_Girl. Though I wasn't looking out for anything in the French press, I'm glad there have been some people voicing their surprise.

Stephan

Marc Cassivi ss a supporter of BBM, unfortunately his articles were not posted on the webpage, only the paper edition.
Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Mar 08, 2006, 12:34 PM

Chameau, the Marc Cassivi review is very interesting. Thanks for posting french reviews here.
Really I love french.
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 08, 2006, 01:02 PM
From AFP

Le mardi 07 mars 2006

http://www.cyberpresse.ca/article/20060307/CPARTS01/603070319/5548/CPARTS

 
La victoire de Crash montre que l'homosexualité dérange peut-être Hollywood

Marc Lavine

Agence France-Presse

Hollywood


La victoire de Crash à l'Oscar du meilleur film au dépens de Brokeback Mountain montre que Hollywood n'est peut-être pas encore prêt à prendre à son compte une histoire mettant en scène des amours homosexuelles, affirment des experts du secteur.

Lors de la 78e cérémonie des récompenses du cinéma, dimanche soir, l'oeuvre-choc de Paul Haggis sur les tensions raciales à Los Angeles a pris l'avantage sur le western gai d'Ang Lee, qui a dû se contenter de la statuette du meilleur réalisateur.

Selon des experts du cinéma, une homophobie silencieuse d'une partie des quelque 5800 électeurs de l'Académie des arts et des sciences du cinéma pourrait être à l'origine de ce renversement de scénario, malgré une saison des récompenses lors de laquelle Brokeback Mountain avait tout raflé.






«L'heure des gais n'est simplement pas encore venue à Hollywood», explique à l'AFP Larry Gross, professeur à l'école de communication Annenberg de l'Université de Californie du Sud (USC).

«Tant à Hollywood que dans les grandes villes, Brokeback déclenchait tant de rires forcés des hétérosexuels, qu'il faut en conclure qu'il existait toujours une certaine hostilité à son encontre», ajoute-t-il.

D'autres spécialistes des récompenses de Hollywood vont dans le même sens. «Il existe une homophobie latente parmi les électeurs qui a joué contre Brokeback, ou au moins une certaine méfiance vis-à-vis des films sur la persécution des homosexuels», juge Tom O'Neil, éditorialiste du site spécialisé dans les Oscars theenvelope.com.

«Les gens ne l'expriment pas au grand jour, mais j'en ai entendu beaucoup le dire et c'est quelque chose de très réel. Beaucoup d'électeurs aux Oscars en avaient assez de se voir dire qu'ils devaient aimer ce film parce que les médias et d'autres cérémonies de récompenses l'avaient aimé», poursuit-il.

Ce film à petit budget a constitué la première incursion de Hollywood dans la description parfois crue d'une romance homosexuelle, longtemps évitée de peur de choquer l'Amérique profonde, attachée aux valeurs morales.

Mais Hollywood, souvent vu comme un nid de gauchistes et un succédané de Sodome et Gomorrhe par la droite religieuse, n'est pas non plus exempt de conservatisme, souligne M. Gross, qui en veut pour preuve que les acteurs de plusieurs des films mettant en scène des homosexuels ont pris soin de montrer qu'ils étaient eux-mêmes hétérosexuels.

«Hollywood n'est pas prêt à voir des acteurs homosexuels jouer ces rôles, ce serait aller trop loin», assure-t-il à l'AFP.

Larry McMurtry, vainqueur de l'Oscar de la meilleure adaptation pour Brokeback Mountain, estime pour sa part que la victoire de Crash est peut-être due aussi au fait que ce film se passe en ville, à Los Angeles, alors que l'action de l'oeuvre d'Ang Lee se déroule dans le Wyoming, État rural.

«Les membres de l'Académie sont pour la plupart des gens habitant en ville», a-t-il remarqué après la cérémonie de dimanche soir. «Nous sommes un pays urbanisé. Ce n'est pas facile de monter une histoire qui se passe à la campagne».

M. McMurtry concède toutefois, à l'unisson de MM. O'Neil et Gross, que Brokeback a peut-être vu trop grand en pensant que l'Oscar du meilleur film était à sa portée. Il estime toutefois que le long métrage, dont les médias parlent beaucoup depuis trois mois, a permis de modifier un peu l'attitude du public vis-à-vis des oeuvres homosexuelles.

«Ou peut-être la vérité est-elle que les Américains ne veulent pas que les cow-boys soient gais», conclut-il.

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 08, 2006, 01:06 PM
From Le Soleil

http://www.cyberpresse.ca/article/20060307/CPARTS01/603070732/5548/CPARTS

Le mardi 07 mars 2006


Crash, le film qui défia toutes les règles

Gilles Carignan

Le Soleil


Jusque-là, la soirée des Oscars ressemblait à une supplémentaire des Golden Globes, humour en plus, merci à l'incisif Jon Stewart. Les mêmes interprètes étaient montés sur le podium (Clooney, Weisz, Hoffman et Witherspoon), leurs discours de remerciements se ressemblaient (plutôt ternes, sauf celui de Clooney). Bref, au moment où Ang Lee montait chercher l'Oscar du meilleur réalisateur, comme prévu, on voyait mal comment cette 78e remise de statuettes allait passer à l'histoire.

Et puis, bang : Jack Nicholson a réveillé le parterre du Kodak Theatre en prenant son sourire des grands jours pour annoncer la victoire de Crash. Comme il l'a dit : «Wow!»

Une surprise? Et comment! Même si depuis quelques semaines, la presse spécialisée citait de plus en plus souvent le film comme un outsider pouvant brouiller les pistes, très peu y croyaient. Certains y voyaient une manière de nourrir un suspense que ne permettait pas le couronnement annoncé de Brokeback Mountain.







Surprise, donc. Déception? Personnellement, non. Sur notre top 10 des meilleurs films de 2005, les deux titres occupaient d'ailleurs les rangs 1 et 2. Et l'hésitation fut réelle avant de décerner le plus haut échelon à Brokeback... Un excellent film a donc gagné. N'est-ce pas l'essentiel?

Mais pourquoi? Comment un premier film d'un cinéaste relativement peu connu a-t-il pu faire la barbe à la magnifique western romance d'Ang Lee?

Brokeback Mountain a en partie été victime de son «triomphe annoncé». Depuis le Lion d'or décroché à Venise en septembre, le film reçoit accolade sur accolade. Aux États-Unis, la majorité des associations de critiques l'ont élu film de l'année. En janvier, les Golden Globes l'ont couronné. Les groupes professionnels (producteurs, réalisateurs...) l'ont tour à tour célébré.

Or, auprès de l'Académie, tant d'unanimité peut devenir embarrassante. Certains, déçus par trop d'attentes, ont taxé la réputation du film de «surfaite», et se sont mis à chercher une solution de rechange.

Munich a trop divisé. Manquait à Capote la charge émotive chère à Hollywood. Good Night, and Good Luck avait ses partisans, mais Crash, des partisans plus bruyants : les acteurs.

Les acteurs forment le groupe le plus influent de l'Académie (20 % des membres). Crash est un superbe film d'acteurs, pour lequel Sandra Bullock, Don Cheadle, Matt Dillon, Ryan Philippe ont accepté de jouer à tarifs réduits (le film n'a pas coûté 7 millions $!) Lorsqu'à la blague, Jon Stewart a demandé au parterre du Kodak Theatre : «Levez la main si vous n'avez pas joué dans Crash», il exagérait à peine.

Or, le syndicat des acteurs a élu Crash lors de son gala annuel, moment clé, qui a contribué à renverser la vapeur. Tous ceux qui n'avaient pas envie de voter pour Brokeback Mountain, qu'importe la raison (le conservatisme de certains pourrait en être une), avaient désormais un candidat valable.

Si Crash avait été dans la mire de l'Académie depuis le premier jour, il aurait obtenu plus que ses six nominations (deux de moins que Brokeback...) Et il aurait gagné plus que trois statuettes (scénario original, montage). Il n'y a pas eu de vague Crash. Qu'un désir grandissant de faire honneur à un autre film que Brokeback Mountain.

Rien pourtant ne destinait Crash à son sacre. Il a été lancé sans fanfare au Festival de Toronto. L'an dernier? Même pas, celui de 2004! Il aurait très bien pu concourir l'année dernière, mais son distributeur, l'indépendant Lions Gate, a préféré différer son lancement.

Projeté au Festival de cinéma des 3 Amériques en avril, il a été lancé en salles en mai, en même temps que Le Royaume des cieux, juste avant La Revanche des Sith. Un pari : sortir un film sérieux parmi les gros canons d'été. Un atout : le nom de Paul Haggis.

En 2004, comme il le rappelait en entrevue au Soleil, Crash n'était que «le premier film d'un gars de la télé». Or, entre-temps, Haggis a acquis une réputation comme scénariste de La Fille à un million de dollars. La force du film, l'accueil critique favorable ont aidé Crash à engranger plus de 55 millions $ aux guichets. Un triomphe pour un film indépendant. Il a été lancé en DVD à l'automne. Et puis, alors que sa carrière commerciale semblait terminée, les Oscars ont ravivé l'intérêt. Crash a profité d'une promo efficace. Lionsg Gte a fait parvenir des dizaines de milliers de DVD à tout ce qui bouge à Hollywood. «Suffit que le film soit vu...» disait-on. Il l'a été.

Ce n'est pas le premier «premier film» couronné par l'Académie (souvenons-nous de Beauté américaine). Ce n'est pas non plus un film canadien, comme on a pu l'entendre hier (Haggis est né à London, en Ontario, mais il vit à Los Angeles depuis 25 ans). Mais Crash a accompli le rare «exploit» de gagner sans l'emporter dans la catégorie réalisation, sans qu'un de ses acteurs ne soit primé et sans avoir le plus de nominations.

On imagine mal l'effet que l'Oscar aura sur Paul Haggis. Déjà, sa nomination l'an dernier pour La Fille à un million de dollars avait rempli le carnet de commandes. Il a écrit le prochain Clint Eastwood, il a aidé à ficeler le scénario du nouveau James Bond, et il prépare un film sur l'Irak. On le reverra aux Oscars. Et peut-être dans le poste bien cruel de favori.

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 09, 2006, 02:48 PM
07/03/2006 - 08h43
Oscars
L'homophobie des Américains a-t-elle joué contre le film Brokeback Mountain?
Isabelle Maher
Le Journal de Montréal

http://www2.canoe.com/artsetculture/actualites/cinema/oscars/archives/2006/03/20060307-084300.html
 

Brokeback Mountain, victime d'homophobie?

Pourtant grande favorite des Oscars avec huit nominations, l'histoire des cow-boys amoureux aurait-elle été difficilement endossable pour les membres de l'Académie des arts et sciences du cinéma? Des cinéphiles s'interrogent et la communauté gaie se dit déçue.

«La vérité, c'est peut-être que les Américains ne veulent pas que les cow-boys soient gais», a déclaré Larry McMurtry, coscénariste du film Brokeback Mountain, qui n'a pas remporté l'Oscar du meilleur film, à la surprise générale.

SOLUTION DE RECHANGE?
«Les cinéphiles et tous ceux qui ont une conscience politique se demandent si Crash a remporté l'Oscar du meilleur film pour son mérite ou parce qu'il était la meilleure solution de secours pour l'Académie, qui ne voulait pas avoir à attribuer la récompense à Brokeback Mountain», a commenté un critique du Washington Post.

«On ne peut accuser, mais la question mérite d'être posée», croit Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute.

Plusieurs membres de la communauté gaie québécoise ont d'ailleurs confié leur déception.

«J'ai espéré jusqu'à la fin», lance Yvan Laplante, directeur de la Coalition des gais et lesbiennes du Québec.

«LE FILM A ATTEINT SA CIBLE»
«Récompenser Brokeback Mountain aurait été un beau signal à envoyer aux États-Unis, où les États sont de plus en plus nombreux à adopter des lois contre le mariage gai. Mais il ne faut pas voir de l'homophobie partout», ajoute-t-il du même souffle.

«Avec ou sans statuette, Brokeback Mountain a déjà atteint sa cible: provoquer la réflexion et les discussions», conclut Marie Houzeau, directrice de l'organisme GRIS, pour la lutte contre l'homophobie.




Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Mar 09, 2006, 04:30 PM
Wow, chameau ! All these articles ! I didn't realise the awards that shall not be named mattered so much. Well, perhaps they don't anymore.  :D
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 11, 2006, 09:39 AM
http://www.cyberpresse.ca/article/20060311/CPARTS/603110331/0

Le samedi 11 mars 2006


Les milieux gays américains veulent croire à "l'effet Brokeback"

Marie SANZ

Agence France-Presse

WASHINGTON


Les milieux gays américains espèrent que l'"effet Brokeback" donne la mesure des progrès intervenus dans la banalisation de l'homosexualité aux Etats-Unis.

Il y a à peine 3 ans que la Cour Suprême a déclaré inconstitutionnelles les lois interdisant des relations sexuelles entre adultes du même sexe consentants.

Mais sans nul prosélytisme, le film "Le secret de Brokeback Mountain" contant la déchirante histoire d'amour d'Ennis et de Jack a généré un immense succès, battu des records d'audience et fait espérer aux milieux gays une plus grande tolérance.







"C'est un véritable phénomène de société, estime Jean-Marie Navetta, porte-parole de l'organisation PFLAG (Parents, families and friends of lesbians and gays). "Jamais on n'avait présenté d'une manière si authentique, les problèmes, les défis et souvent les malheurs qui se produisent à cause de la violence et de la discrimination" contre les homosexuels, dit-elle à l'AFP.

L'Etat où se passe le film, le Wyoming, a été le théâtre en 1998 du meurtre d'un étudiant, Matthew Shepard, martyrisé parce qu'ouvertement homosexuel.

Aujourd'hui, estime la porte-parole "il y a aux Etats-Unis une plus grande acceptation des gays que ce que l'on pouvait penser, si 2000 écrans dans tout le pays ont projeté "Brokeback", les spectateurs ne sont pas tous des homosexuels".

De fait, sauf dans quelques rares salles dans l'Utah et le Texas, le film n'a pas été retiré de l'écran. Aucun cinéma n'a fait l'objet de violences ou de représailles ou de boycottage et la droite religieuse américaine n'a pas mené de grande campagne médiatique contre un thème qu'elle considère pourtant comme anathème.

"Le pays va dans la bonne direction en ce qui concerne les thèmes homosexuels" renchérit Matt Foreman, directeur du groupe National Gay and Lesbian Task.

"Nous savons que plus de 70% des Américains, républicains ou démocrates soutiennent les gays contre la discrimination et plus de 60% de jeunes de moins de 25 ans sont en faveur du droit au mariage homosexuel", dit-il à l'AFP.

"Le problème, regrette-t-il, n'est pas que l'opinion publique soit favorable aux gays, c'est plutôt que les Etats et le gouvernement fédéral sont dominés par des forces conservatrices".

"Il existe un grand fossé entre la culture populaire dont l'exemple est le succès du film et les thèmes gays d'autres films récompensés aux Oscars, et la réalité qui fait qu'il est encore légal de licencier des gens dans 36 états pour la seule raison qu'ils sont gays", relève-t-il.

L'organisation Human Right Campaign relève également que les "beaux films récompensés montrent les vrais problèmes des gays, lesbiennes ou bisexuels" et leur succès "reflète une plus grande compréhension et acceptation de ces sujets, qui ont fait l'objet d'articles en première page des journaux et de manière plus importante de conversations de millions d'américains cette année".

Mais au pays du capitalisme triomphant, c'est le réel pouvoir économique dont dispose la communauté gay qui donne la mesure de son influence.

Le pouvoir d'achat de la communauté gay et lesbienne américaine est estimé à 641 milliards de dollars en 2006, selon une projection de Witeck-Combs Communications, un groupe d'études de marché, branche de MarketResearch.com.

"Dans le marché hypercompétitif d'aujourd'hui, il n'est guère prudent pour une grande compagnie d'ignorer le pouvoir d'achat gay" relève Wesley Combs, président de la compagnie.

Une leçon retenue sans nul doute par la compagnie Ford. Le groupe automobile a du en effet revenir sur sa décision de retirer des publicités pour certains de ses véhicules, de publications homosexuelles, après des rumeurs selon lesquelles il aurait conclu un accord secret avec une association chrétienne conservatrice pour éviter un boycottage.

ms/phd/mpd

Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Mar 11, 2006, 01:17 PM
This was a good article - thank you, chameau !
Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Mar 11, 2006, 09:22 PM
It's an old one, but I just do scan now... and it's not totally an review. Sorry.  ;)

(http://www.mezimages.com/image/lost_girl/miniature/mini_Numriser0001.jpg) (http://www.mezimages.com/agrandir_membre.php?na=lost_girl&fi=/Numriser0001.jpg)
(http://www.mezimages.com/image/lost_girl/miniature/mini_Numriser0002.jpg) (http://www.mezimages.com/agrandir_membre.php?na=lost_girl&fi=/Numriser0002.jpg)
(http://www.mezimages.com/image/lost_girl/miniature/mini_Numriser.jpg) (http://www.mezimages.com/agrandir_membre.php?na=lost_girl&fi=/Numriser.jpg)
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 12, 2006, 02:18 AM
http://www.dvdrama.com/news.php?14424

Que ceux qui n'ont pas succombé aux délices de Brokeback Mountain se précipitent. Ce mélodrame flamboyant signé Ang Lee est une histoire d'amour impossible qui tutoie le sublime. Tout le monde est touché. La preuve, c'est un carton. Bilan sur les réactions en chaîne.

Au départ, il y a un film. Et quel film ! L'histoire de deux hommes, un homme de main d'un ranch et un cowboy de rodéo, qui se rencontrent lors de l'été 1961 au Wyoming. Les deux hommes développeront une longue amitié qui se transformera en amour entrecoupée d'embrouilles, d'événements heureux et de tragédies. Une relation qui durera 20 ans dans une Amérique rurale et intolérante. Hâtivement présenté comme un western gay, Brokeback Mountain est un film extrêmement viscéral qui bouleverse actuellement l'industrie cinématographique. L’impression qu’il provoque est d’autant plus forte que l'on ne s’attend pas à être autant bouleversé par une histoire d’amour, a priori anodine et qui en fait confine au sublime. Alors que pendant toute la première partie, on a l’impression que le scénario dynamite les us et coutumes d’un genre balisé (le western), on se rend compte très vite que la suite raconte une toute autre histoire : celle d’un amour qui ne s’est jamais fini, d'une caresse indicible qui a suscité de multiples charivaris intérieurs, de sentiments de lâcheté vis-à-vis de la morale bien pensante, d’étreintes violentes qui trahissent l’absence, l’attente ou le désir, et surtout le refoulement des pulsions. Au bout de ces bobines, on est impressionnés. Impressionnés par l’élégance suprême de cet empire des sens qui en dit long par le simple pouvoir de la suggestion, sans avoir le moindre recours à la pénible démonstration.

Premièrement, et c’est un immense atout, le film semble témoigner un mépris radical pour les étiquettes. D'où le pari casse-gueule : dans quel sens considérer ou prendre le film ? A cette question, Ang Lee, cinéaste définitivement surprenant (c’est peut-être son meilleur film), a le bon goût de ne pas répondre. Précisément, il recherche ici à travers une forme a priori obsolète un moyen de décortiquer une société phagocytée par les apparences et l’uniformité. Le seul film récent qui ait réussi cette même gageure est Loin du Paradis (Todd Haynes, 2003) qui scrutait sous les multiples sourires de son héroïne la détresse absolue des frustrations. En creux, Haynes donnait à réfléchir sur les diktats actuels en même temps qu’il filmait le plus beau et flamboyant des mélodrames à la sauce Douglas Sirk sans tomber dans le pastiche cynique. Brokeback Mountain appartient à cette lignée de films qui parviennent à dynamiter les conventions d'un genre tout en restant subtilement bouleversant. Sous son apparence romanesque, car le film est foncièrement romanesque et romantique, il dit des tonnes de choses fondamentales sur l’existence et balaie avec classe les clichés comme les préjugés.

  Avec deux acteurs en état de grâce (Jake Gyllenhaal et Heath Ledger), choix inattendus et pourtant gagnants, le cinéaste capte l’amour au-delà des mots et met en scène une sublime histoire qui n’autorise pas les larmes de crocodile ni même l’ombre d’une quelconque facilité. Lee exploite toutes les vertus du non-dit et préfère un regard expressif au moindre bavardage. Logique des dispositifs mis en place : il en résulte une œuvre d’une beauté trouble et inouïe qui choisit de se taire pour faire exploser à l’écran le vécu de chacun. Peu importe la sexualité tant le film parle avant tout à tous ceux qui ont connu l'amour et surtout une histoire d'amour qui ne s'est jamais finie. Là où le désir le plus secret le dispute au songe le plus désenchanté.





C'est la révélation de l'année...

Les producteurs américains ont découvert qu'il était possible d'édifier des films intelligents qui fassent des recettes et plaisent au plus grand nombre. Le filon gay semble être exploité de nouveau puisqu'outre Hellbent, premier slasher homo qui sort le 22 février prochain dans les salles hexagonales, les producteurs Hollywoodiens ont compris qu'il y avait une tendance limite opportuniste à surfer sur cette vague. Avec déjà plus de 100 millions de dollars de recettes au box-office mondial (pour un budget de 14 millions), sans compter les quatre Golden Globes et rien de moins que huit nominations aux Oscars, Le Secret de Brokeback Mountain a de fait généré des émules. En réalité, ce sont deux projets en attente depuis longtemps mais qui ont pu refaire surface seulement grâce au film d'Ang Lee. La révélation supplémentaire...





Parmi les films, on annonce alors I now pronounce you Chuck and Larry qui s'intéresse à l'histoire de deux pompiers qui prétendent être un couple d'homos pacsés dans le dessein d'avoir les avantages financiers qui en émanent. Si le script peut laisser craindre le pire dans le genre, signalons des présences rassurantes : le réalisateur sera David Dobkin auquel on doit la comédie Serial noceurs et surtout les scénaristes Alexander Payne et James Taylor qui ont déjà oeuvré pour le sublime Sideways, autre choc du cinéma indépendant US de l'an passé. Pour incarner les deux pompiers du film, deux noms d'acteurs ont déjà été donnés : Adam Sandler et Kevin James. Second projet : l'adaptation du roman éponyme de Peter Lefcourt, The Dreyfus affair : A love story, qui illustre la liaison entre deux joueurs de baseball. Les droits du livre ont été achetés pour la première fois en 1992 par Disney avant de passer par la Fox et New Line.
Cela étant, tout ne fleure pas le rose bonbon au pays des cowboys fâchés avec les cruelles lois de l'amour. Malgré les échos et l'accueil public et critique tous deux excellents, les réactions autour du Secret de Brokeback Mountain n'en restent pas moins violentes. Son apparent académisme est de fait démenti par sa dimension véritablement subversive. La preuve, il y a seulement un mois : le Mega plex 17 appartenant au Larry Miller groupe situé dans la banlieue de Salt Lake City avait retiré de ses écrans le film d'Ang Lee pour la plus grande joie des groupes ultra conservateurs qui se sont dit enchantés de la décision de retirer Le Secret de Brokeback Mountain sous prétexte que ce film n'était pas un exemple pour la population de l'Utah. CQFD.
 
 
 
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 14, 2006, 01:10 PM
Potins... (Gossip)

http://fr.news.yahoo.com/13032006/328/heath-ledger-et-michelle-williams-quittent-hollywood.html


mardi 14 mars 2006, 0h00 
Heath Ledger et Michelle Williams quittent Hollywood ! 
Par public.fr

C'est décidé, Michelle Williams et Heath Ledger mettent les voiles et quittent la ville reine du cinéma car trop, c'est trop ! Ils n'en peuvent plus et aimeraient qu'on les laisse tranquille. Trop harassés par les flashs perpétuels des paparazzis, le couple est en quête d'un petit nid d'amour tranquille. Les deux tourtereaux et leur petite fille  Mathilda envisagent donc de déménager en Grèce ! Eh oui, ils ne pouvaient pas choisir plus près ! Ce n'est plus un déménagement, mais, carrément un exil ...  C'est sûr les paparazzis ne les suivront pas au milieu des chèvres et des danses folkloriques. Voilà qui  est beaucoup moins glamour que les soirées hollywoodienes !

 



Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 14, 2006, 06:32 PM
http://www.cyberpresse.ca/article/20060314/CPACTUEL/603140982/0


Mariages à la Brokeback

Katy Butler
New York Times


Dans Brokeback Mountain, le film réalisé par Ang Lee, qui vient de rafler quelques Oscars, on raconte l'histoire de deux cow-boys gais qui doivent vivre leur amour en secret, derrière une façade de «normalité», par peur de l'opprobre, et mêmes des représailles de leur milieu ultraconservateur. Mais il n'y a pas qu'au cinéma que des hommes et des femmes font semblant d'être hétérosexuels, en se mariant, en ayant des enfants et en vivant une vie traditionnelle pour «sauver» les apparences. Rencontre avec de vraies personnes qui vivent ou ont vécu dans des unions «à la Brokeback».

Une heure après le début de Brokeback Mountain, Amy Jo Remmele s'est mise à pleurer. Et pas seulement pour la femme à l'écran, qui venait de voir, à son insu, son mari embrasser un homme. «Quand j'ai vu son regard, je me suis dit: Ah oui. Même si je n'ai jamais vu mon mari avec un autre homme, je sais exactement comment cette femme se serait sentie», dit Mme Remmele, thérapeute respiratoire en milieu rural du Minnesota.

Le 1er juin 2000, Mme Remmele, alors âgée de 31 ans, découvre la fiche de son mari sur le site gay.com Le couple est resté debout toute la nuit à pleurer et à discuter. Peu de temps après, 10 jours avant qu'elle ne donne naissance à son deuxième enfant, le mari de Mme Remmele est allée passer quelques nuits avec son nouveau copain. «J'ai essayé de l'en dissuader, mais il est parti quand même, dit-elle. J'étais foudroyée.» Trois mois plus tard, le couple divorçait.

Mme Remmele- remariée à un fermier qui élève du bétail et cultive du maïs et du soja- fait partie des 1,7 million à 3,4 millions d'Américaines qui ont été ou qui sont mariées à des hommes qui ont des relations homosexuelles.

Cette estimaton est tirée de The Social Organization of Sexuality, une étude de 1990, où l'on affirme que 3,9 % des Américains qui n'ont jamais été mariés ont eu une relation sexuelle avec un autre homme au cours des cinq années précédentes. L'auteur principal de l'étude, Edward O. Laumann, un sociologue de l'Université de Chicago, estime que de 2 % à 4 % des Américaines ont déjà fait partie- consciemment ou non- de ce que l'on nomme maintenant un mariage à orientation mixte.

De tels mariages ne sont pas seulement des vestiges du puritanisme des années 50. Au XVIe siècle, la reine Anne du Danemark a eu huit enfants du roi Jacques 1er, connu pour la King James Bible, mais aussi pour sa dévotion envers ses favoris. Il nommait d'ailleurs l'un d'eux «mon cher enfant et femme».

Constance Wilde, Phyllis Gates, Linda Porter, Renata Blauel et Dina Matos McGreevey, mariées respectivement à Oscar Wilde, Rock Hudson, Cole Porter, Elton John et James E. McGreevey, l'ex-gouverneur du New Jersey, ont vécu la même situation.

Bien qu'il soit impossible d'avancer des chiffres précis, de 10 000 à 20 000 femmes comme elles ont contacté des groupes d'entraide en ligne. De plus en plus d'entre elles sont âgées dans la vingtaine ou la trentaine. La plupart de ces mariages ne sont pas juste des paravents pour camoufler la réalité. Les hommes gais et bisexuels se marient pour des raisons complexes. Ils sont poussés parfois par la discrimination, mais ils prennent aussi leurs désirs pour la réalité et confondent l'amour sexuel avec l'affection authentique.

«Ces hommes aiment leur femme sincèrement», dit Joe Kort, un travailleur social de Royal Oak au Michigan qui a aidé des centaines d'hommes gais mariés, dont quelques-uns qui vivent toujours avec leur femme. Plusieurs d'entre eux, dit-il, se considéraient comme des hétérosexuels avec des désirs homosexuels qu'ils espéraient pouvoir confiner au domaine du fantasme.

«Ils tombent amoureux de leur femme, ils ont des enfants, ils vivent une euphorie romantique, chimique, puis après environ sept ans, l'euphorie s'estompe et leur identité gaie commence à émerger», dit M. Kort. «Ils ne veulent pas faire de mal.»

Helen Fisher, anthropologue chercheuse de l'Université Rutgers, dit en entrevue que les couples humains sont modelés par trois systèmes neurochimiques indépendants, responsables de l'attraction sexuelle, du lien sentimental et de l'attachement à long terme.

«Les trois systèmes sont très inconstants. Ils peuvent agir ensemble, ou ils peuvent agir séparément», dit Dr Fisher. Cela explique, selon elle, pourquoi les gens peuvent être follement attirés sexuellement par quelqu'un sans en être amoureux. Tout comme ils peuvent être amoureux de gens qui ne les attirent pas.

«Une fois que le système est déclenché, il est tellement puissant chimiquement qu'on peut facilement ne pas voir que nous sommes incompatible avec cette personne», dit le Dr Fisher. «Même des hétérosexuels tombent amoureux de gens avec qui ils ne pourront jamais passer leur vie», dit-elle.

Maigre consolation pour les femmes qui perdent l'homme qu'elles aiment en même temps qu'elles perdent confiance en leur propre jugement. «Plusieurs femmes sentent qu'elles ont été utilisées, mais je sais au fond de mon coeur qu'il m'aimait, dit Mme Remmele. Il ne pouvait pas feindre la façon dont il me regardait.»

«Je n'avais aucun soupçon. Il a une apparence très masculine. Il n'était pas le genre à se pâmer pour Barbra Streisand.»

M. Kort croit pourtant que les femmes devraient regarder au-delà des apparences. «Les hétérosexuels marient rarement des personnes gaies accidentellement», écrit-il dans une étude publiée en septembre dernier dans Psychotherapy Networker, un magazine où travaille l'auteure de cet article.

Certaines femmes, d'après M. Kort, trouvent que les hommes gais jugent moins et qu'ils sont plus flexibles. D'autres cherchent inconsciemment une relation moins intense sexuellement.

Ce type de spéculation rend furieuse Michele Weiner-Davis, thérapeute du mariage et auteure. «C'est du baratin de psychologue, dit-elle. De nombreuses personnes gaies ne savent pas qu'elles le sont. Pensez-vous que leurs conjoints possèdent un radar pour les détecter?»

Elle poursuit: «Les thérapeutes devraient s'occuper des vraies questions comme le choc qu'une femme encaisse lorsqu'elle découvre que son mari n'était pas celui qu'elle pensait et l'impact sur son identité à elle.»

Dans les mois qui ont suivi sa découverte, le mari de Mme Remmele l'a laissée seule avec le bébé pendant qu'il explorait des désirs qu'il n'avait jamais osé s'avouer. «Plusieurs maris gais ont renié leur identité tellement longtemps qu'ils donnent l'impression de retomber en adolescence, dit Mme Remmele. Je ne sais pas s'ils se rendent compte du mal qu'ils font à leur femme.»

Au début, Mme Remmele ne s'est ouverte à personne. «Nous vivons dans une petite communauté rurale où les gens gais ne s'affichent pas, dit-elle. Je ne voulais pas que les gens se moquent de lui.»
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 14, 2006, 06:38 PM
http://www.cyberpresse.ca/article/20060114/CPACTUEL/601140325/1061/CPACTUEL

Le samedi 14 janvier 2006


Loin de Hollywood, les vrais cow-boys homosexuels n'ont pas le blues

Tangi QUEMENER
Agence France-Presse

CHANDLER (Etats-Unis)


Ils revendiquent aimer monter à cheval, renverser des vachettes à mains nues et chevaucher des taureaux déchaînés: contrairement à ceux du film "Le secret de Brokeback Mountain" les vrais cow-boys homosexuels américains s'amusent et n'ont pas le blues.

Réunis à Chandler, en Arizona (sud-ouest), Etat désertique où poussent des cactus géants, une centaine de cow-boys homosexuels et de cow-girls lesbiennes s'apprêtent à participer à un rodéo gay, le premier des 20 organisés chaque année aux Etats-Unis et au Canada.

"Nous aimons le style de vie western, mais nous ne voulons pas souffrir de discrimination parce que nous sommes homosexuels", explique à l'AFP Alan Stark, 43 ans, un employé des chemins de fer habitant en Floride (sud-est), et qui participe à plusieurs rodéos par an, selon ses moyens.

Fondé au milieu des années 1970, le mouvement du rodéo homosexuel est fédéré dans une association internationale du rodéo gay (IGRA) qui compte plus de 1.000 membres amateurs, venus de tous les Etats-Unis et de toutes les origines sociales.

"Il y a des ouvriers du bâtiment, des médecins, des pompiers" parmi les adhérents de l'IGRA, énumère Kurt McGregor, attaché de presse de la manifestation de Chandler, près de la grande ville de Phoenix, et où l'on attend entre 2.000 et 3.000 spectateurs pendant le week-end.

Si la base du spectacle reste la même que celle des rodéos classiques, avec des captures de taurillons au lasso, des exercices d'adresse et de vitesse, les cow-boys gays l'ont cependant pimenté à leur manière.

Ainsi, les concurrents doivent-ils, pour bien figurer au classement final, réussir à attraper une chèvre et à lui passer... un slip sur l'arrière-train, ou capturer une vachette et lui nouer un ruban sur la queue.

Mais le clou de la manifestation reste l'épreuve où un cow-boy, déguisé en drag-queen, doit chevaucher un taureau sans tomber. Port du casque obligatoire, mais dilemme: "faut-il porter le casque sous la perruque, ou la perruque sous le casque?", demande, à moitié sérieux, l'un des concurrents.

La sortie du film "Le secret de Brokeback Mountain" sur l'amour impossible entre deux hommes dans l'Ouest américain dans les années 1960 et 1970, long-métrage qui part dans les favoris aux Oscars, a eu bien sûr un écho très fort dans la communauté des cow-boys homosexuels, chacun y trouvant un morceau de sa propre histoire.

"C'est un film que j'espère montrer à mes parents. Il a remué beaucoup de souvenirs", affirme Jason, originaire de l'Arizona et qui ne souhaite pas donner son nom de famille. Il s'est dit particulièrement marqué par une scène d'agression homophobe contre l'un des personnages.

Même constat pour Alan Stark. "J'ai grandi en Oklahoma, un Etat très conservateur, et lorsque j'ai compris que j'étais homosexuel, j'ai dû être très prudent et me cacher", explique-t-il.

"Comme les personnages de Brokeback Mountain, certains d'entre nous se sont mariés sous la pression sociale, ont eu des enfants, avant de se rendre compte qu'ils ne pouvaient pas changer", rappelle de son côté M. McGregor, qui espère que le l'oeuvre du Taïwanais Ang Lee fera encore progresser les mentalités et disparaître les idées préconçues.

"J'ai été tellement ému par le film que j'ai pleuré toute une semaine. Après, j'ai acheté le CD de la bande originale et le livre", confie pour sa part Ed Morgan, 39 ans, qui aime s'habiller en cow-boy même en ville, à San Francisco (Californie, ouest) la Mecque des homosexuels où il réside.

"Mais maintenant, quand les gamins me voient dans la rue, ils s'écrient: +Oh, Brokeback Mountain!", dit-il, presque désolé d'être devenu à la mode.

tq/im
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 31, 2006, 05:17 PM
Nice article from Ecran Noir

http://www.ecrannoir.fr/stars/stars.php?s=513&n=5

JACK fu**in' TWIST

Tombé de dedans quand il était petit, Jake Gyllenhaal aurait pu n'être qu'un de ses multiples enfants gâtés, fils de, bénéficiant de quelques passe-droits, finissant dans une décadence assurée, à l'instar des héros de Brett Easton Ellis.
Mais voilà, ce grand gaillard est plutôt du style terre-à-terre, faussement désinvolte en apparence et tout à fait sérieux quant à ses ambitions. Son père a réalisé pas mal d'épisodes pour des séries cultes de la télévision (Twin Peaks, The Shield, Homicide, Felicity, et quelques films sans succès pour le cinéma). Sa mère a reçu le Golden Globe du meilleur scénario et une citation à l'Oscar du meilleur scénario pour un film de Sidney Lumet, Running on Empty. Elle vient d'écrire le prochain film avec Juliette Binoche et Richard Gere ainsi qu'un autre pour Sandra Bullock. Enfin, la soeur aînée, Maggie, a eu le temps de se faire connaître chez John Waters, George Clooney, Spike Jonze, Mike Newell, et surtout dans Secretary. La demoiselle a 3 ans de plus que le petit frère. 2002 était pour elle l'année de toutes les consécrations. Jake mettra, logiquement, le même temps, 25 ans depuis sa naissance, pour arriver au même stade, et même un cran au dessus... Avec des bonnes étoiles comme Paul Newman (son prof de conduite) et Jamie Lee Curtis (sa marraine), le petit Jake était sous bons auspices.
A 10 ans il fait ses premiers pas dans une comédie loufoque, où Billy Crystal et Jack Palance. City Slickers. On ne remarque pas assez les enfants dans les castings des gros hits. Car le film rapporte 125 millions de $ malgré tout... Gyllenhaal, en parallèle avec ses études, va continuer de tourner : premier film où il a un rôle significatif en 1993 (Josh and Sam, dans le genre comédie familiale avec dose de fantastique), deux passages devant la caméra de papa... Il faut attendre October Sky en 1999 pour que la carrière de Jake s'amorce. Au milieu d'un casting intéressant (Dern, Cooper, Owen), il tient là son premier grand rôle, au coeur d'une histoire qui tourne autour de lui. Elève doué chez les ploucs, destiné à suivre les pas de son père dans les Mines du coin, c'est non pas en sous-sol mais dans les étoiles que sa destinée semble s'inscrire... Cette histoire vraie a ému, Jake Gyllenhaal y était convaincant, et le film a su faire sa niche au Box Office. Ain s'achève sa deuxième décennie : sur une promesse, avec un personnage triomphant de l'adversité, doté de compétences certaines, qui, en regardant les cieux, a su trouver sa voie.
2001, l'odyssée commence. D'abord au creux de l'été avec Bubble Boy. Le film est un échec financier, malgré l'intérêt récent qu'on lui porte (sans doute lié à l'actuelle popularité de son acteur). Mais le jeune Jake se sort très bien de cette farce impossible où il est enfermé dans une bulle et doit en sortir pour déclarer sa flamme à la femme de sa vie. Dans un registre encore plus confidentiel (comprendre : un budget encore plus modeste, une sortie encore plus discrète), le film suivant, qui pourtant n'a pas été vu par grand monde, est devenu un véritable objet de culte. Donnie Darko est Jack Gyllenhaal. Et vice-versa. On pourrait palabrer des heures sur ce film tant ses mystères semblent fasciner ceux qui s'y sont laissés piéger. Le film avait eu les faveurs du public de Sundance, qui avait apprécié, sans doute, ce mélange de romance adolescente et de science fiction, de fantaisie et de mysticisme. Mais si Darko fascine sa génération de fans, il faut avant tout souligner la force "fusionnelle" d'un tel rôle avec son incarnation. Donnie Darko est un personnage de rêve (d'ailleurs courtisé par des acteurs plus connus) pour un comédien : schizophrénique, paumé, mal dans sa peau, prêt à tout pour combler les 28 jours restant avant l'Apocalypse. Grand délire pour un acteur. Gyllenhaal semble adorer les personnages troubles et dérangés. Les magazines féminins s'attachent à son image de charmeur, avec une dimension très masculine et très romantique, bronzé, musclé, les yeux bleus acier. Mais l'acteur a aussi la réputation d'être burlesque et absurde, de jouer sur le non sens et de passer pour un taré en interviews. Décontenançant ses interlocuteurs qui ne savent pas rentrer dans le jeu. Il pourrait être le nouveau Candide, le mec passe partout en Gap, dans son style californien (fringues confortables, amples, cools). Mais refusant les stéréotypes, il préfère dérouter. Change de coupe de cheveux à chacun de ses films. Cherche des films qui ne sont pas forcément des blockbusters. Continue à croire qu'il peut progresser.
Maggie jouait sa soeur dans Donnie. Elle va connaître une belle année en 2002. tandis que Jake va devoir patienter un peu. Les Gyllenhaalics, soit le nom que se donne les fans de l'acteur, agrandissent leur cercle durant ce temps-là, préparant l'invasion hollywoodienne aussi sûrement que des lapins seraient prêts à conquérir un territoire en proliférant. Il apparaît en second rôle dans The Good Girl, film indépendant construit autour de Jennifer Aniston (son meilleur film à date). Comédie noire où il donne les traits à un jeune romantique épris d'une femme mariée. Torride. Il est parfait en succédané deLauréat. Le film a un certain succès. Mais il reste en retrait des gros projets. Moulin Rouge vient de lui échapper. Il a terminé troisième (trop jeune, pas assez connu) derrière Ewan McGregor et ... Heath Ledger! Car le jeune homme chante, danse, ... et fait du théâtre. De Broadway à Londres, il reprend le rôle principal de This is Our Youth, de Kenneth Lonergan. Il interprète sur les planches ce gamin de riches, qui passe son week end à voler, trafiquer, se droguer, aux côtés de Hayden Christensen et Anna Paquin. Less than Zero revu et corrigé. Il est honoré d'un prix par la presse britannique.
Ses films demeurent discrets. Moonlight Mile est un drame romantique où il se permet de jouer face à Dustin Hoffman, Susan Sarandon et Holly Hunter, dans une Nouvelle Angleterre des années 80. Entre deuil et romance. Sur le plateau, l'acteur est surtout impressionné par ses collègues. A cette époque, il fait surtout sensation dans la presse people. Il est le petit ami de Kirtsen Dunst, ou ne l'est plus, selon les semaines. Quand Tobey Maguire semble incapable physiquement de reprendre son rôle de Spider-Man pour la suite, le studio envisagea clairement Gyllenhaal dans le costume de l'homme-araignée afin de profiter de l'histoire d'amour entre les deux tourtereaux.
C'est une autre super-production (125 millions de $) qui va le repêcher. Son premier rôle dans un film d'action, son premier rôle dans un blockbuster, son premier énorme succès mondial (540 millions de $ de recettes). The day after tomorrow n'est sans doute pas sa plus grandiose performance, mais elle a le mérite d'être efficace. Toujours fils à papa cherchant à s'affranchir, il va passer le rite de la glaciation globale pour devenir un homme, sous l'oeil attendri d'un Dennis Quaid plus savant que paternel. Il sauvera la belle, prendra son courage à deux mains. Bref, Gyllenhaal profite de son statut de jeune comédien réputé mais pas trop cher payé pour décoller avec un film catastrophe bien dans l'air du temps. Comme sa soeur, il choisit des personnages variés et originaux, des productions indépendantes ou pas, des cinéastes acclamés ou inconnus, pour construire un chemin qui leur est propre.
Sa belle gueule aide, évidemment. Mais le potentiel de Gyllenhaal va au-delà. Di Caprio aussi a commencé avec des rôles névrotiques. Pitt n'a jamais été aussi bon qu'en aliéné déjanté. Maguire excelle dans les dilemmes et les conflits de personnalités. En étant à l'affiche de trois films fort différents, réalisés par trois cinéastes qui n'ont rien à voir (si ce n'est qu'ils sont étrangers pour un Américain), dans un registre à chaque fois changeant, l'après Jour d'après s'avère radieux et phénoménal. Devenant à la fois un atout pour les studios en quête de nouvelles têtes et un de ses rares comédiens dont les choix peuvent être intéressants pour le cinéphile, rarement déçu. Mathématicien dans Proof ou Marines dans Jarhead, intello ou biscottos, amoureux de Paltrow ou la boule à zéro, peu importe. Crédible en toutes circonstances. Le film de Sam Mendes rapporte 65 millions de $ et lui offre surtout la possibilité, enfin, de porter un film sur ses larges épaules. Il insuffle sa sensibilité dans ce personnage de soldat qui s'emmerde, prêt à en découdre, traumatisé par ce qu'il voit.
Cette sensibilité, justement, est peut-être son apanage. Il l'exprime parfaitement et dans son étendue avec Brokeback Mountain, de loin son meilleur film et sa plus belle interprétation. On pourra toujours se gausser d'une romance homosexuelle entre deux mâles hétéros. Brokeback, en ces temps conservateurs, demeure un risque d'un point de vue professionnel, en 2005, à Hollywood. Si Philadelphia avait donné un Oscar à Tom Hanks en homo sidéen, c'est la première fois qu'une production de ce type montre explicitement une scène de sexe et des baisers entre mecs. Véritable terra incognita pour Hollywood et les prodiges du Marketing (qui ciblèrent les gays et les femmes en premier lieu, soit le public le plus fidèle et le plus ancien de Gyllenhaal). Il y a encore peu ce genre de séquences était le privilège de productions marginales et aurait été considérées comme un suicide professionnel. Alors que le débat sur le mariage gay a certainement été l'un des déclencheurs de la réélection de Bush Jr, un tel film pourrait passer pour provocateur. Mais, aidé par une critique plus qu'élogieuse, le "western" trouve son public, et même au-delà des grandes villes. Ang Lee, sans trop les diriger, est parvenu à chorégraphier subtilement ces scènes d'intimité et d'émotion, à la fois ludiques et crues. "J'étais évidemment inconfortable, mais justement je devais être celui qui ne l'était pas" explique Gyllenhaal. Il avoue avoir balancer sa petite part d'homophobie au panier, pour se concentrer sur la vulnérabilité de la situation. C'est pour ce genre de trip qu'il aime son métier : s'oublier, être quelqu'un d'autre le temps d'un instant. Si Ang Lee leur a fait refaire la scène 13 fois. Après tout ils avaient signé en connaissance de cause. Si aujourd'hui les deux partenaires en rigolent et banalisent l'acte, il ne faut pas sous-estimer certaines critiques qui font part de leur répulsion à aller voir un tel film. Pourtant Jake Gyllenhaal y a investit non seulement son corps mais surtout de son tempérament. On y perçoit une profonde tristesse touchante, presque féminine, une forme de mélancolie dans lequel nous nous noyons avec lui, sans doute accentué par sa séparation d'alors, avec la jolie Kirsten. "C'était difficile. J'étais en plein "divorce" et je devais vivre avec ça dans des montagnes, durant 3 mois. Je n'avais personne. Et je devais être l'un de ces deux hommes qui tombe amoureux au milieu de leur solitude..."
Avec un tel début de filmographie, on ose espérer que sa carrière sera immense. Car si l'acteur est passionnant, l'homme n'est pas dépourvu d'intérêt. Sur son site web officiel, les liens tirent vers des sites politiques, activistes, traitant d'environnement comme de droits civiques, incitant à aller voter. Même les photos sont choisies : bizarres ou utiles, propagandistes mais rarement des clichés sexy... Bien sûr il sait qu'il l'est. Sourire à la Nicholson, regard attendri à la Hoffman, allure charismatique à la Ford. Il a tout pour lui. Et même ses doutes : "Il me reste un gros problème à résoudre : qu'est-ce que je veux faire de ma vie, et essentiellement, qui je veux être?"
Et il répond : "Je veux grandir
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 01, 2006, 03:28 AM
Moulin Rouge vient de lui échapper. Il a terminé troisième (trop jeune, pas assez connu) derrière Ewan McGregor et ... Heath Ledger!

 :o :o :o :o :o :o
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Apr 04, 2006, 09:18 AM
Le dimanche 02 avril 2006

 

http://www.cyberpresse.ca/article/20060402/CPARTS01/60402029/1048/CPARTS01

Brokeback Mountain : encore des compliments

Sonia Sarfati

La Presse


Qu'ajouter à la surenchère de superlatifs - puis d'Oscars - qui ont plu sur Brokeback Mountain d'Ang Lee? Que vous aimiez déjà la nouvelle d'Annie Proulx, passionnément, découverte dans le formidable recueil Les Pieds dans la boue, et que le long métrage réussit cet exploit rarissime d'aller au-delà du texte?

Vous aviez été émue aux larmes par les mots sur le papier, vous avez carrément pleuré sur la même scène vue par la lentille du réalisateur auquel, désormais, vous pardonnez ce faux-pas appelé Hulk (il vous en est sûrement reconnaissant, n'est-ce pas?). Cette histoire d'un amour interdit- deux cow-boys s'aimaient d'amour (pas) tendre aux États-Unis- semble avoir été filmée, interprétée et photographiée avec le coeur. Un coeur qui bat et qui vibre. Bon, et c'est reparti avec les compliments! Mais, honnêtement, comment faire autrement?

BROKEBACK MOUNTAIN
(V.F.: SOUVENIRS DE BROKEBACK MOUNTAIN)
Drame
De Ang Lee. Avec Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams, Anne Hathaway.
Sortie: 4 avril
****1/2
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 04, 2006, 03:13 PM
Quelques reportages télés passés sur la télé française lors de la sortie de BBM :

http://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/sgv/diff/videotheque/info/videoscinema/B93B8_cinema_brokeback_mountain_20060115.wmv#0;1.000;0;0;1:2;2:2

http://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/sgv/diff/videotheque/info/VIDEOSJTs/2005/decembre/29/20h/9F162_western_gay.wmv#0;1.000;0;0;1:2;2:2

http://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/sgv/diff/videotheque/info/videoscinema/F3B51_cinema_brokeback_moutain_20060115.wmv#0;1.000;0;0;1:2;2:2
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Apr 04, 2006, 06:19 PM
Quelques reportages télés passés sur la télé française lors de la sortie de BBM :

http://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/sgv/diff/videotheque/info/videoscinema/B93B8_cinema_brokeback_mountain_20060115.wmv#0;1.000;0;0;1:2;2:2

http://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/sgv/diff/videotheque/info/VIDEOSJTs/2005/decembre/29/20h/9F162_western_gay.wmv#0;1.000;0;0;1:2;2:2

http://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/sgv/diff/videotheque/info/videoscinema/F3B51_cinema_brokeback_moutain_20060115.wmv#0;1.000;0;0;1:2;2:2

 :'( :'( :'(

Merci Pierrealex d'avoir partagé cela.

M*rde!  La version française doublée est absolument inbuvable  :-X
Title: Re: French reviews
Post by: Lost_Girl on Apr 11, 2006, 11:21 AM
Look what I found in a economy magazine. When I was waiting for my doctor few hours ago !  :)


(http://www.mezimages.com/image/lost_girl/proof/desert/miniature/mini_Pub_Book_BBM.jpg) (http://www.mezimages.com/agrandir_membre.php?na=lost_girl&fi=/proof/desert/Pub_Book_BBM.jpg)
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 11, 2006, 12:28 PM
Great! Thanks L_G  :-*
I had never seen this ad... but I know that the book is one of the best sellers in its category in France still now  :D
Title: Re: French reviews
Post by: frances on Apr 11, 2006, 12:47 PM
Moulin Rouge vient de lui échapper. Il a terminé troisième (trop jeune, pas assez connu) derrière Ewan McGregor et ... Heath Ledger!

 :o :o :o :o :o :o

About "Moulin Rouge"....fifth answer.....

(http://img359.imageshack.us/img359/4422/interview2lj.jpg)
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Apr 11, 2006, 12:51 PM
Merci Frances!
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 11, 2006, 12:59 PM
Grazie Frances  :)

Ca vient de quel magasine?
Title: Re: French reviews
Post by: frances on Apr 11, 2006, 01:10 PM
"One" [Avril-Mai 2006]

Mais je ne suis pas sur.....
Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Apr 11, 2006, 02:05 PM

Tu n'es pas réellement sure, ma petite?
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Apr 11, 2006, 03:39 PM
Merci Frances, merci Lost_Girl
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Apr 11, 2006, 04:24 PM
Moi aussi, je te remercie, Frances. It's a nice picture too.
(Décidément, ce Jake Gyllenhaal n'est pas si inintéressant que ça...) ... just kidding, Heath !!!!!!!!!
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Apr 11, 2006, 06:44 PM
 ;D

Comparez les deux semaines  8)

Source, La Presse

http://www.cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/section?Category=CPARTS01&template=liste&profile=5686&pn=LOCATION%20DVD

Le lundi 03 avril 2006

Les films les plus populaires en DVD - Semaine du 27 mars au 2 avril 2006

Presse Canadienne

Montréal

Voici les films les plus populaires en DVD au Québec pour la semaine qui se termine le 2 avril 2006.

Locations de DVD

1. King Kong
2. Geisha
3. A History of Violence
4. Derailed
5. Stay
6. Walk The Line
7. Chicken Little
8. Capote
9. Get Rich or Die Tryin'
10. Jarhead

Le mardi 11 avril 2006

Les films les plus populaires en DVD - Semaine du 3 au 9 avril 2006

Presse Canadienne

Montréal

Voici les films les plus populaires en DVD au Québec, pour la semaine terminée le 9 avril 2006.

Locations de DVD

1. The Chronicles of Narnia : The Lion, The Witch and the Wardrobe
2. Brokeback Mountain
3. King Kong
4. Geisha
5. Derailed
6. A History of Violence
7. Stay
8. Walk The Line
9. Get Rich or Die Tryin'
10. Chicken Little

Ventes de DVD

1. The Chronicles of Narnia : The Lion, The Witch and the Wardrobe
2. Brokeback Mountain
3. King Kong
4. Geisha
5. Chicken Little
6. Get Rich or Die Tryin'
7. HarHarry Potter and the Gobelet of Fire
8. Crash
9. Walk The Line
10. Ice Age Special Edition

Source: Blockbuster
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Apr 12, 2006, 07:42 AM
Go BBM Go!!!

Merci Chameau!
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 12, 2006, 12:59 PM
YES!!!!  :D

Allez les cow-boys, allez virez nous cette sorcière  ;D looooool
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Apr 12, 2006, 01:01 PM
Qu'il soit devant King-Kong m'a un peu surpris.
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 12, 2006, 01:38 PM
Ca ne prouve qu'une chose : BBM is the best!  :D
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Apr 12, 2006, 02:32 PM
Ca ne prouve qu'une chose : BBM is the best!  :D

BBM 4 ever!
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Apr 17, 2006, 08:30 AM
http://www.cyberpresse.ca/article/20060417/CPARTS/604170306

Le lundi 17 avril 2006


Deux films américains oscarisés frappés par la censure dans le Golfe

Sam DAGHER

Agence France-Presse

DUBAI


Deux productions américaines récompensées aux Oscars, le film de société "Brokeback Mountain" et celui plus politique "Syriana", ont subi les foudres des censeurs de pays islamiques conservateurs du Golfe, y compris ceux de l'Emirat relativement libéral de Dubaï.

"Syriana", qui raconte comment Washington cherche à garantir ses intérêts pétroliers et militaires au Moyen-Orient, est sorti mercredi sur les écrans des Emirats arabes unis, mais amputé de deux minutes.

Pendant quatre mois, les censeurs ont passé à la loupe ce film tourné en partie à Dubaï, il y a deux ans.

Le directeur du bureau de la censure de Dubaï, Alim Joumaa, a indiqué à l'AFP que son bureau avait jugé nécessaire d'obtenir un second avis des autorités pour autoriser la sortie du film, dont l'un des acteurs principaux, George Clooney, a remporté l'oscar du meilleur second rôle masculin en mars.

Une des scènes censurées montre des travailleurs asiatiques battus par la police. L'un d'eux est ensuite recruté par un musulman extrémiste et devient kamikaze.

Dans un rapport publié fin mars, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch avait dénoncé les conditions "inhumaines" des travailleurs migrants, notamment asiatiques, aux Emirats, appelant ce pays à prendre des "mesures immédiates pour arrêter ces pratiques abusives".

Autre scène ayant suscité le courroux des censeurs émiratis: lorsque le personnage joué par Matt Damon affirme que la société saoudienne de la famille Ben Laden a "climatisé (la ville sainte de) la Mecque et gagné des milliards".

Une scène montrant une photo dans laquelle le défunt roi Fahd d'Arabie pose avec un avocat corrompu, joué par Christopher Plummer, a également été coupée.

"Nous ne tolèrerons rien qui manquerait de respect au pays ou au président, qui menacerait la sécurité, qui insulterait la religion, qui montrerait la nudité ou encouragerait aux vices comme l'alcool et la drogue", a ajouté M. Joumaa.

Selon le distributeur du film, Shooting Stars, les censeurs ont demandé aux réalisateurs de "Syriana", après avoir lu le scénario, d'ôter toute référence aux dirigeants du Golfe avant d'autoriser un tournage à Dubaï.

Dans ce film, l'émir à la santé défaillante se déplaçant en chaise roulante affiche une ressemblance frappante avec le roi Fahd, proche allié des Etats-Unis, qui ne pouvait plus se déplacer normalement les dernières années de sa vie. Mais jamais le nom de son pays n'est mentionné.

La lutte de succession entre ses deux fils rappelle le coup d'Etat pacifique par lequel l'actuel émir du Qatar Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani renversa son père il y a 11 ans.

La sortie de "Syriana", actuellement projeté en Egypte, est peu probable dans le reste du Moyen-Orient, selon Shooting Stars.

Mais les réalisateurs de "Syriana" ont la chance de voir leur film projeté aux Emirats, même censuré, car "Brokeback Mountain", une histoire d'amour entre homosexuels dans l'ouest américain qui a remporté trois oscars, s'est vu opposer un refus catégorique des autorités du Golfe, selon son distributeur Italia Films.

Ils ont dit "qu'ils ne voulaient pas en entendre parler", a déclaré Jean Chahine, d'Italia Films.

L'homosexualité est un crime passible de flagellation et d'emprisonnement dans le Golfe. En février aux Emirats, 12 personnes ont été condamnées à des peines de prison pour "homosexualité" et "obscénité" après avoir été arrêtées pendant la préparation d'un mariage homosexuel, près d'Abou Dhabi.

Le film n'aurait pas pu, de toutes les façons, passer en Arabie saoudite puisque les cinémas sont interdits dans ce royaume ultra-conservateur.

Mais que les cinéphiles des Emirats se réjouissent. Des copies piratées et intégrales de "Syriana" et de "Brokeback Mountain" sont en vente chez des marchands chinois à Dubaï.

sd/lr/vl/mfd eaf.tmf


Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Apr 17, 2006, 08:41 AM

On s'y attendait...malheureusement :(
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Apr 18, 2006, 05:01 PM
http://www.cyberpresse.ca/article/20060418/CPARTS01/604181313/5686/FRONTPAGE

Le mardi 18 avril 2006

Les films les plus populaires en DVD - Semaine du 10 au 16 avril 2006

Presse Canadienne

Montréal

Voici les films les plus populaires en DVD au Québec, pour la semaine terminée le 16 avril 2006.

Locations de DVD

1) Fun with Dick and Jane
2) The Chronicles of Narnia : The Lion, The Witch and the Wardrobe
3) King Kong
4) Brokeback Mountain
5) An Unfinished Life
6) Memoirs of a Geisha
7) History of Violence
8) Derailed
9) Walk The Line
10) Wolf Creek

Ventes de DVD

1) The Chronicles of Narnia : The Lion, The Witch and the Wardrobe
2) Fun with Dick and Jane
3) King Kong
4) Wolf Creek
5) Chicken Little
6) Brokeback Mountain
7) An Unfinished Life
8) Un Parcours de légende
9) Memoirs of a Geisha
10) The Ten Commandements

 ??? Fun with Dick and Jane

n'importe quoi, ce film est une merde  :-X

Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 18, 2006, 05:07 PM
??? Fun with Dick and Jane

n'importe quoi, ce film est une merde  :-X

jamais entendu parler ! ???
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Apr 18, 2006, 05:13 PM
??? Fun with Dick and Jane

n'importe quoi, ce film est une merde  :-X

jamais entendu parler ! ???

Des cambrioleurs avec Jim Carey!
Title: Re: French reviews
Post by: frances on Apr 19, 2006, 01:20 PM
Le 18 avril 2006 - 08:38

Woody Allen abandonne son projet parisien
Marc Gadoury [AgenceNews]


Woody Allen a décidé d’abandonner le tournage de son prochain film qui devait être filmé à Paris cet été pour tourner un troisième film à Londres rapporte Variety. Ce troisième long-métrage succèdera à «Match Point» et «Scoop» qui ont été tous les deux tournés dans la capitale anglaise.

Le budget du film parisien grimpait rapidement et l’option de tourner un nouveau film à Londres est devenue plus attrayante du point de vue de la production souligne Variety. Pourtant, tout récemment, on annonçait avoir conclu des ententes avec les acteurs américains David Krumholtz et Michelle Williams pour jouer dans le projet parisien de Woody Allen.

Le nouveau projet sera complètement différent du projet parisien, avec une toute nouvelle distribution, mais la même équipe de production soitLetty Aronson, Stephen Tenenbaum et Gareth Wiley.

Allen doit également tourner un film à Barcelone, l’année prochaine, avec une distribution internationale.
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 19, 2006, 01:34 PM
Et Michelle, qu'est ce qu'elle devient ?  ??? ???
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Apr 19, 2006, 02:05 PM
Et Michelle, qu'est ce qu'elle devient ?  ??? ???

elle va tourner avec Woody Allen!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 19, 2006, 02:15 PM
Et Michelle, qu'est ce qu'elle devient ?  ??? ???

elle va tourner avec Woody Allen!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ben si le film est annulé non ! Si... ? Elle reste quand même dans le casting du nouveau film ?
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Apr 19, 2006, 02:36 PM
Et Michelle, qu'est ce qu'elle devient ?  ??? ???

elle va tourner avec Woody Allen!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ben si le film est annulé non ! Si... ? Elle reste quand même dans le casting du nouveau film ?

Mais non...ils vont faire le film a Londres au lieu de Paris...vous ne suivez pas les infos!!!
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Apr 19, 2006, 02:38 PM
oops...j'avais oublier d'ecrire Londres...

Elle va tourner avec Woody Allen a Londres!!!!!!!!

http://www.timesonline.co.uk/article/0,,2-2140634,00.html
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Apr 19, 2006, 02:44 PM
Le nouveau projet sera complètement différent du projet parisien, avec une toute nouvelle distribution, mais la même équipe de production soitLetty Aronson, Stephen Tenenbaum et Gareth Wiley.

Ben je sais pas, moi je lisais l'article c'est tout...
Title: Re: French reviews
Post by: *Froggy* on Apr 19, 2006, 03:38 PM
Le nouveau projet sera complètement différent du projet parisien, avec une toute nouvelle distribution, mais la même équipe de production soitLetty Aronson, Stephen Tenenbaum et Gareth Wiley.

Ben je sais pas, moi je lisais l'article c'est tout...


news to my ears! A suivre alors! Merci
Title: Re: French reviews
Post by: frances on Apr 19, 2006, 06:29 PM
Michelle ne resteras pas dans le casting du nouveau film. Quel dommage!

Source: Variety

New Allen's project will be a completely different one from the Paris plan, with a different cast, but the producing team of Letty Aronson, Stephen Tenenbaum and Gareth Wiley will remain the same
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Apr 25, 2006, 06:56 AM
http://www.cyberpresse.ca/article/20060424/CPARTS01/60424095/5686/FRONTPAGE

Les films les plus populaires en DVD - Semaine du 17 au 23 avril 2006

PC

Montréal


Voici les films les plus populaires en DVD au Québec, pour la semaine terminée le 23 avril 2006.

Locations de DVD

1. Fun with Dick and Jane
2. Hostel
3. An Unfinished Life
4. The Chronicles of Narnia : The Lion, The Witch and the Wardrobe
5. King Kong
6. Brokeback Mountain
7. Memoirs of a Geisha
8. Derailed
9. History of Violence
10. Wolf Creek


Ventes de DVD

1. Hostel
2. The Chronicles of Narnia : The Lion, The Witch and the Wardrobe
3. Fun with Dick and Jane
4. King Kong
5. Wolf Creek
6. Brokeback Mountain
7. Chicken Little
8. Memoirs of a Geisha
9. Un Parcours de légende
10. Crash

Source: Blockbuster
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on May 07, 2006, 01:26 PM
Les films les plus populaires en DVD - Semaine du 1e au 7 mai 2006

PC

Montréal


Voici les films les plus populaires en DVD au Québec, pour la semaine terminée le 7 mai 2006.

Locations de DVD

1.  Aeon Flux
2.  Fun With Dick and Jane
3.  Hostel
4.  Match Point
5.  Tristan & Isolde
6.  An Unfinished Life
7.  Shop Girl
8.  Chronicles of Narnia: The Lion, The Witch and The Wardrobe
9.  Brokeback Mountain
10.  King Kong

Ventes de DVD

1. Hostel
2. The Chronicles of Narnia : The Lion, The Witch and the Wardrobe
3. Fun with Dick and Jane
4. King Kong
5. Wolf Creek
6. Brokeback Mountain
7. Chicken Little
8. Memoirs of a Geisha
9. Un Parcours de légende
10. Crash

Source: Blockbuster
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on May 25, 2006, 08:02 PM
Trouvé dans la Presse ajourd'hui

http://www.cyberpresse.ca/article/20060525/CPARTS01/605250694/1043/CPARTS01

Le jeudi 25 mai 2006

Un film sur Bob Dylan pourrait être tourné à Montréal

Émilie Côté

La Presse

La liste est impressionnante: Heath Ledger, Christian Bale, Richard Gere, Cate Blanchett, Julianne Moore, Michelle Williams, Charlotte Gainsbourg. Ces gros noms du cinéma pourraient venir à Montréal, cet été, pour tourner un film sur Bob Dylan.

Hier, le site Internet Production Weekly a révélé que le tournage du film, intitulé I'm Not There, aurait lieu à Montréal et qu'il débuterait en juillet. Coup de fil au Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal. «Ce n'est pas confirmé», a indiqué le commissaire Daniel Bissonnette. Mais la boîte de production new-yorkaise Killer Films y songe sérieusement. À deux reprises, des représentants sont venus au Québec pour faire du repérage. "Ils sont très intéressés", dit M. Bissonnette.

Il a été impossible de s'entretenir avec la productrice du film, Christine Vachon. Quant à son assistant. Il n'a pas démenti la rumeur, sans la confirmer pour autant. «Cela regarde bien pour Montréal, mais ce n'est pas confirmé», a-t-il dit.

Christine Vachon est une influente productrice du cinéma américain indépendant. Elle est derrière la production de films comme Happiness, Boys Don't Cry, One Hour Photo et The Company. Selon iMdb, I'm Not There est le 42e film qu'elle produit. Le budget est de 17 millions de dollars. À voir la qualité de la distribution, les acteurs ont accepté de jouer pour un cachet réduit. Le projet les enthousiasme, tout comme l'idée de travailler avec Todd Haynes, le réalisateur de Far From Heaven (aussi produit par Christine Vachon).

La narration de I'm Not There sera éclatée. Le film retracera six épisodes de la carrière de Bob Dylan qui, soit dit en passant, célébrait hier son 65e anniversaire. Oubliez les scénarios linéaires de Ray ou de Walk the Line, et un jeu reproduisant avec exactitude les mimiques du musicien. Six acteurs joueront Bob Dylan, chacun incarnant un aspect de sa personnalité. Un peu comme dans la série québécoise François en série.

Au départ, Colin Farrell devait jouer dans I'm Not There, mais il a été remplacé par Heath Ledger. Ce dernier était en nomination au dernier gala des Oscars pour son rôle dans Brokeback Mountain, comme sa compagne, Michelle Williams, qui jouera aussi l'un (ou plutôt l'une) des Bob Dylan. Les quatre autres sont Cate Blanchett, Richard Gere, Christian Bale et Ben Wishaw.

Impressionné par la distribution? La bande sonore s'annonce également prometteuse, avec des collaborations de Jack White, PJ Harvey et Michael Stipe.

I'm Not There n'est pas une superproduction. Il reste que la venue du tournage à Montréal serait une bonne nouvelle pour les artisans québécois de l'industrie du cinéma. Les temps sont durs. Récemment, Montréal a perdu le tournage de Jumper, un film de 100 millions de dollars. L'automne dernier, les producteurs de Night at the Museum (même budget) ont préféré tourner à Vancouver. Et le conflit n'est pas réglé entre l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS) et l'International Alliance of Theatrical and Stage Employees (IATSE). Cette instabilité syndicale nuit à la venue de tournages étrangers.

Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on May 26, 2006, 09:05 PM
Un film sur Bob Dylan pourrait être tourné à Montréal
La liste est impressionnante: Heath Ledger, Christian Bale, Richard Gere, Cate Blanchett, Julianne Moore, Michelle Williams, Charlotte Gainsbourg. Ces gros noms du cinéma pourraient venir à Montréal, cet été, pour tourner un film sur Bob Dylan.

Good for you cham  ;)
Charlotte Gainsbourg too? That's great  :)
Title: Re: French reviews
Post by: Mélanos on Jul 08, 2006, 06:27 AM
http://www.objectif-cinema.com/article.php3?id_article=4178

Un article de fond sur BBM, contestable peut-être, mais passionnant, tant sur le plan de l'analyse du film que de celle de la société. Salut à tous!
Title: Re: French reviews
Post by: frances on Jul 08, 2006, 01:12 PM
http://www.objectif-cinema.com/article.php3?id_article=4178

Un article de fond sur BBM, contestable peut-être, mais passionnant, tant sur le plan de l'analyse du film que de celle de la société. Salut à tous!

Quant à Ang Lee, il donne à voir des symboles tout aussi évocateurs et, de la même manière que la nouvelliste, il les intègre à la narration en tant que signes annonciateurs. Avant et après l’épisode dans les massifs de Brokeback Mountain, Jack regarde Ennis dans son rétroviseur : d’une vision à l’autre, on est passé de l’homme distant à l’homme distancé qui disparaît peu à peu dans le lointain parce qu’il n’avance pas aussi vite que Jack ; symboliquement, Jack est celui qui roule - n’est-ce pas toujours lui qui fait les voyages pour retrouver l’homme aimé ? -, qui progresse et rêve de changement, alors qu’Ennis n’avance lentement que vers le néant pour s’y confondre presque : “ Tout ce que j’ai jamais fait comme voyage, c’est de tourner autour de la cafetière à chercher la poignée ” (p. 70). Voué au statisme ou au mouvement circulaire, Ennis se condamne à la solitude, ce que la composition générale de la nouvelle donne à voir : le récit commence et finit avec lui, la boucle diégétique l’enferme dans le souvenir de Jack, qu’il n’a pas su rendre heureux, et toutes les promesses ne servent plus qu’à entretenir le mouvement de la spirale : “ Jack, je [te] jure... ”.


Passionnant, oui.

Merci bien Mélanos




Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jul 08, 2006, 04:47 PM
Merci les amis, çà faisait longtemps que cette page dormait  ;)
Title: Re: French reviews
Post by: Mélanos on Jul 09, 2006, 01:09 AM
Merci les amis, çà faisait longtemps que cette page dormait  ;)

Alors pour fêter ça (et pour les nuits d'insomnie...) un autre lien, plus personnel (c'est le mien!)

http://melanographe.blogspot.com/

le sujet est sans surprise (BBM!), l'approche est psychanalytique... nobody's business but ours
Title: Re: French reviews
Post by: frances on Jul 09, 2006, 08:09 PM
Merci les amis, çà faisait longtemps que cette page dormait  ;)

Alors pour fêter ça (et pour les nuits d'insomnie...) un autre lien, plus personnel (c'est le mien!)

http://melanographe.blogspot.com/

le sujet est sans surprise (BBM!), l'approche est psychanalytique... nobody's business but ours


Le voyage au Mexique n’a rien d’une partie de plaisir, Jack y est aussi sombre que mutique, il vient accomplir un acte d’homme adulte en s’identifiant au père violeur et destructeur. Dans le film, nous ne le verrons plus jamais sourire, son visage sera désormais barré par une moustache qui signe l’attribut viril enfin revendiqué. Jack s’est trouvé précipité dans une maturité qui l’éloigne d’Ennis, mais qui va le rapprocher de sa famille à Childress.

Très, très interessant. Merci!


Title: Re: French reviews
Post by: Mélanos on Jul 10, 2006, 12:36 AM
Merci à toi, Frances!
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Aug 18, 2006, 01:27 PM
De la part de notre ami Mars

Quote
Je poste ici cette nouvelle qui vous apportera du bonheur, j'en suis sur:

"France (Culture)
Succès du «Secret de Brokeback Mountain» en DVD   

Le DVD Le Secret de Brockeback Mountain, commercialisé depuis le 19 juillet dernier, a été n°1 des ventes pendant trois semaines. D'après l'entreprise Pathé, productrice du DVD, «c'est un vrai succès, on a eu un très bon démarrage sur deux semaines suivi d'une rupture de stocks, ce qui est rare. C'est sans doute grâce à une campagne de communication le plus neutre et grand public possible.» Cette semaine, le film d'Ang Lee est à la neuvième place, derrière Le Pirate des Caraïbes et King Kong. L'édition simple du Secret de Brockeback Mountain a été en tête des ventes d'après le classement des magasins Fnac avec plus de 7.150 exemplaires vendus les deux premières semaines, soutenue par la version Collector vendue à 2.566 exemplaires. Le succès du film en salles a été mondial. Et ne cesse donc de se confirmer. Ang Lee avait obtenu le Lion d'or 2005 à la Mostra de Venise.

par Charlotte Bourgeois"

Moi j'ajoute...vive la France!!  O0

P.S. Je poste le lien du classement: http://www.fnac.com/Label/MeilleuresVentesVideos.asp?NID=2074823&RNID=%2D3&SID=60be564a%2Da382%2D05cd%2D23b4%2Dc96d61ecbccd&Origin=rodin&OrderInSession=0&UID=0c6ac45da%2D4339%2D68ef%2Dc66b%2Dbf6dcdad0259&TTL=190820061152&SearchType=LABELSEARCH&LabelId=2074823&SubjectId=3&bl=HGACven3

Merci Mars   8)
Title: Re: French reviews
Post by: stephan on Aug 18, 2006, 02:55 PM
GRAND merci, Chameau et Mars  <^(
Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Aug 18, 2006, 03:24 PM
De rien Stephan et Cham, je suis aussi heureux que vous à ce sujet!! O0
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jan 27, 2007, 06:02 PM
Je ne m'attendais pas du tout à çà mais il est vrai que Brokeback Mountain est sorti en France en Janvier 2006... alors il est en nomination pour le César (Les Oscars français) du meilleur film étranger.


Meilleur film étranger   
 
 Babel  Alejandro Gonzalez Iñarritu
 
 Little miss Sunshine  Jonathan Dayton, Valérie Faris
 
Le secret de Brokeback Mountain  Ang Lee
 
 The Queen  Stephen Frears
 
 Volver  Pedro Almodovar

http://www.lescesarducinema.com/cesar/nominations2007.html
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Mar 27, 2007, 09:01 PM
J'ai trouvé çà tout à fait par hasard aujourd'hui sur cyberpresse.com

http://www.cyberpresse.ca/article/20070326/CPARTS01/70326115/5708/FRONTPAGE

Le lundi 26 mars 2007

Ang Lee, réalisateur le plus exigeant?
Associated Press
Hong Kong
Tony Leung, couronné meilleur acteur au festival de Cannes pour son interprétation dans In the Mood for Love en 2000, a travaillé avec certains des meilleurs réalisateurs du cinéma asiatique et, pour lui, c'est le Taïwanais Ang Lee qui est le plus exigeant.
Tony Leung a ainsi travaillé avec le Chinois Zhang Yimou sur Hero, avec le Hong-kongais Wong Kar-waï sur plusieurs films et il vient de terminer le tournage d'un thriller réalisé par Ang Lee, Lust, Caution.

Interrogé sur les différences entre les trois réalisateurs, Tony Leung a estimé que «les exigences d'Ang Lee sont les plus strictes».

«Il exige beaucoup de lui-même, il exige donc énormément des acteurs. Il espère qu'on se donne à 200 pour cent. C'est plus dur pour les acteurs quand ils tournent et qu'ils se préparent pour leur rôle», a-t-il confié dans un entretien à l'Associated Press. 

Il a toutefois expliqué que le fait de travailler avec Ang Lee, qui a remporté l'Oscar du meilleur réalisateur pour le western Brokeback Mountain l'an dernier, était une expérience enrichissante.

«Ang Lee vous demande de faire des choses qui sont impossibles», a-t-il souligné. «Mais quand on réalise quelque chose qui ressemble à ce qu'il a demandé, on a la sensation que c'est une très grande réussite.»

Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Mar 30, 2007, 10:24 AM
Peut être est-il très exigent mais on voit les résultats!!  O0
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Apr 16, 2007, 02:23 AM
This is mine, the one I posted on Canoe.

Brillant, sensible, tragique. Du cinéma très intelligent, déjà pour moi un classique du 7e art. Bravo Ang Lee! De cet excellent scénario dont personne ne voulait, il en a tiré un pur bijou. Bravo à toute l'équipe. Les acteurs sont tous excellents (Heat Ledger est miraculeux), la photographie géniale, la trame sonore simple et très belle. Ce film et sa musique me hantent depuis que je l'ai vu. En passant, çà m'a réconcilié avec la musique country... faut le faire! Le jour où je l'ai vu, miracle... la salle était des plus receuillie et silencieuse, c'est bon signe. Enfin, c'est très réducteur de qualifier ce film de "western gay", allez le voir les yeux et le coeur grand ouverts, à mon humble avis, un grand chef d'oeuvre du cinéma de ce 21e siècle. J'irai le revoir.
10/10
28-12-2005   - Pierre   - âge :(36-49)

En surfant sur le forum, j'ai découvert ce superbe thread qui remonte à l'époque où on espérait tous voir ce film magnifique couronné d'un ou plusieurs Oscars.  Hélàs!   Trois fois hélàs !  Il n'a pas récolté ce qu'il méritait par contre, il a permis l'éclosion d'"Ennisjack.com" pour le plus grand bonheur de nous tous.  Bravo à Ethan d'avoir conçu ce merveilleux forum qui a rassemblé autour de lui toutes sortes de gens éloignés les uns des autres mais soudés par une même passion : Brockeback Mountain.  L'idée géniale est d'avoir élargi les sujets de discussions des plus poignants aux plus drôles et de permettre à chacun d'entre nous de s'exprimer librement et d'obtenir en retour un accueil des plus chaleureux.
Je vous aime, Ang Lee, Heat Ledger, Jake Gyllenhaal et surtout vous chers Brokies de partager tant de bons moments avec votre petite abeille.  Merci à toi Pierre et à tous les autres qui me sont devenus si proches.
Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Apr 16, 2007, 09:08 AM
Tellement de belles paroles de la part d'une personne aussi belle que toi.
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Apr 16, 2007, 02:51 PM
Tu finiras par me faire rougir cher Mars avec tes beaux compliments !  En tous cas, merci.  Plus tard, je compte faire d'autres commentaires à propos de ce film phénomène qui nous tient tous tellement à coeur.  :t) :cr) :^^)
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Sep 12, 2007, 04:09 PM
Aussi bien poster çà ici:

(http://i63.photobucket.com/albums/h137/chameau_7/misc/ang.jpg)

Ang Lee, le nouvel enfant prodige de la Mostra

http://www.cyberpresse.ca/article/20070908/CPARTS01/70908020/6969/ACTEST

Rébecca Frasquet Agence France-Presse
Venise

La Mostra a sacré son enfant prodige, le cinéaste taïwanais Ang Lee, en lui décernant son deuxième Lion d'or pour l'élégant thriller érotique Lust, caution, deux ans seulement après avoir primé son singulier western gay Le secret de Brokeback mountain.

«Je voudrais dédier ce prix à Ingmar Bergman (décédé fin juillet, ndlr) que j'ai eu la chance de rencontrer pendant la post-production du film. Il m'a embrassé et je vous transmets ce baiser, car il ne m'était pas destiné, il s'adressait à vous, les gardiens du cinéma», a déclaré Ang Lee, 53 ans.

«Pour moi, vous êtes les sept Samouraïs, merci pour votre aide, c'est un grand honneur» a ajouté Lee, en se tournant vers les sept membres du jury.

Présidé par le Chinois Zhang Yimou et composé de cinéastes - Catherine Breillat, Alejandro Gonzalez Inarritu, Jane Campion... - le jury a distingué ce natif de Taiwan, installé aux États-Unis depuis 1978, deux ans après son Lion d'or pour Le secret de Brokeback mountain, une poignante histoire d'amour impossible entre deux cow-boys, dans la nature sauvage du Wyoming.

C'est donc la troisième année consécutive que la Mostra consacre un cinéaste asiatique, puisque Still life du Chinois Jia Zhangke, une chronique sociale sur fond de construction du barrage des Trois-Gorges avait gagné l'an dernier.

Inspiré par le versant asiatique de la double culture de Lee, Lust, caution (Se jie) relate une histoire d'espionnage et de sexe dans le Shanghai des années 1940, tirée d'une nouvelle éponyme d'Eileen Chang.

Les prix d'interprétation (Coupe Volpi), sont allés à l'Américain Brad Pitt pour The assassination of Jesse James by the coward Robert Ford d'Andrew Dominik, où il joue le bandit Jesse James, ainsi qu'à l'Australienne Cate Blanchett qui incarne avec brio un Bob Dylan androgyne dans I'm not there de Todd Haynes.

Tous deux absents, ils ont fait lire un mot de remerciement à la tribune.

Le film de Haynes a aussi raflé le prix spécial du jury, ex aequo avec La Graine et le mulet, chaleureux portrait d'une famille métissée et fine chronique sociale signée par le franco-tunisien Abdellatif Kechiche.

Chouchou du public et des critiques, le troisième film de Kechiche a en outre gagné le prix Mastroianni de la meilleure révélation, décerné à Hafsia Herzi, 20 ans à peine et très émue.

«Merci, merci beaucoup, merci Abdel de m'avoir donné cette chance, merci à tous», a-t-elle déclaré, riant et pleurant à la fois.

Deux cinéastes chevronnés sont repartis avec des honneurs.

L'Américain Brian De Palma, 67 ans, a remporté le Lion d'argent de la meilleure réalisation pour son film-choc sur la guerre en Irak Redacted, qui relate l'assassinat d'une fillette irakienne par des soldats américains.

«J'ai recherché la vérité sur la guerre en Irak sur Internet (...) et je peux vous dire que les photographies de la fin du film sont très proches de la réalité», a-t-il déclaré.

Venu avec 12» son premier film en neuf ans, le Russe Nikita Mikhalkov, 62 ans, a reçu un Lion d'argent pour l'ensemble d'une oeuvre (Soleil trompeur, Les yeux noirs, Le Barbier de Sibérie...) marquée par la mélancolie, l'ironie et un certain fatalisme dans son évocation d'une «Russie éternelle».

En revanche le Britannique Ken Loach a dû se contenter du prix du meilleur scénario, décerné à Paul Laverty pour «It's a free world», émouvante chronique de l'exploitation économique des immigrés clandestins.

La Mostra, doyenne des festivals de cinéma, a aussi fêté ses 75 ans en décernant un Lion d'or spécial au cinéaste italien Bernardo Bertolucci, âgé de 66 ans, pour l'ensemble de son oeuvre (Dernier tango à Paris, Le Dernier empereur, Little Buddha ...).

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 03, 2008, 10:37 PM
Aussi bien bien poster çà ici aussi:

From Montreal's La Presse

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/2744-Ledger-comme-River.html

Ledger comme River

Marc Cassivi, le mercredi 23 janvier 2008


Le décès de Heath Ledger m’a spontanément rappelé celui d’un autre jeune acteur, River Phoenix. Pas tant parce que leurs morts seraient toutes deux liées à la drogue (Phoenix a succombé à une surdose en 1993) que parce qu’il est facile de tracer des parallèles entre leurs trop courtes carrières.

Heath Ledger, comme River Phoenix, s’est d’abord fait connaître grâce à des rôles de teen idol. Dans 10 Things I Hate About You (1999), remake pour ados d’une pièce de Shakespeare (aux côtés de Julia Stiles), puis dans la comédie romantique A Knight’s Tale (2001). River Phoenix est quant à lui devenu la coqueluche des adolescentes dans les années 80 en jouant les beaux ténébreux, notamment dans A Night In The Life of Jimmy Reardon.

Les deux acteurs ont voulu très tôt se défaire de leur étiquette de sex-symbol, avec des rôles plus risqués dans des films plus audacieux. Ledger grâce à un petit rôle remarqué par la critique dans Monster’s Ball de Marc Forster en 2001 (il incarnait le fils suicidaire de Billy Bob Thornton). Phoenix dans Running on Empty de Sidney Lumet, en 1988, pour lequel il a été sélectionné aux Oscars dans la catégorie du meilleur acteur de soutien.

Ni River Phoenix ni Heath Ledger n’étaient des supervedettes. Leurs carrières ont toutes deux connu leur apogée grâce à des rôles d’homosexuel. Celle de River Phoenix en 1991 avec le personnage de prostitué de My Own Private Idaho de Gus Van Sant (avec Keanu Reeves). Celle de Heath Ledger grâce à son interprétation d’Ennis Del Mar, le cowboy gai épris de Jack Twist (Jake Gyllenhaal), dans Brokeback Mountain d’Ang Lee (2005).

Bien des critiques (j’en suis), après avoir vu Heath Ledger dans ses premiers films hollywoodiens, notamment incarnant le fils de Mel Gibson dans The Patriot, de Roland Emmerich (2000), puis dans The Order ou Ned Kelly (2003), ont mis du temps à reconnaître que l’acteur australien devait sa carrière florissante à son talent d’acteur plutôt qu’à sa mâchoire carrée et son physique de jeune premier.

Il n’aura pas toujours fait les choix les plus judicieux. Le rôle-titre du Casanova de Lasse Hallström n’a rien fait pour dissiper les doutes sur son jeu, ni sa participation aux Brothers Grimm de Terry Gilliam (avec Matt Damon).

Mais Brokeback Mountain, la même année, a fini par convaincre même les plus récalcitrants. Son rôle de cowboy fuyant et tourmenté, interprété avec finesse et retenue, lui a valu une nomination bien méritée pour l’Oscar du meilleur acteur. C’est d’ailleurs sur le plateau de Brokeback Mountain que Ledger a rencontré la mère de sa fille Matilda, l’actrice Michelle Williams, dont il s’était séparé l’an dernier. En 2007, Heath Ledger a trouvé un autre rôle à la mesure de son talent dans l’excellent I’m Not There de Todd Haynes. Il y interprétait Robbie Clarke, acteur macho et père de famille volage au caractère bouillant, l’une des multiples incarnations du chanteur Bob Dylan. Son dernier rôle au cinéma sera vraisemblablement celui du Joker dans le prochain Batman, The Dark Knight, de Christopher Nolan, qui doit prendre l’affiche l’été prochain.

River Phoenix avait 23 ans lorsqu’il s’est effondré devant le bar de Johnny Depp, le célèbre Viper Room, à Los Angeles, il y a 15 ans. Heath Ledger, trouvé nu et sans vie dans un appartement de New York hier après-midi, en avait 28. Le nom de James Dean a souvent été évoqué à la mort du premier. Il le sera sans doute encore à propos du second.

Jeunes idoles du cinéma, à l’aube de leur carrière, dont l’image restera figée dans le regret d’une oeuvre inachevée.

Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Feb 04, 2008, 12:26 PM
Merci cham  :-*  :\'(
Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Feb 04, 2008, 12:30 PM
Oui, merci beaucoup Pierre :t)
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Feb 05, 2008, 07:36 AM
Merci pour cet article Pierre,

Ici en Belgique, la presse parle peu de notre héros  :( mais j'ai trouvé quand même des photos et un article dans un magazine flamand.  J'essayerai de les scanner pour les poster plus tard.  Dans le magazine "Blik" (en Néerlandais) de cette semaine, ils citent ce que Heath a dit à son médecin lors d'une visite peu après la nouvelle année 2008: "Maintenant que je suis papa, je peux mourir...Dans ma fille quelque chose de moi survivra toujours.  Je ne puis finalement plus mourir.  J'ai l'éternité" (J'ai personnellement traduit cela du néerlandais). 

Ils disent aussi que son rôle dans "The Dark Knight" lui avait causé tant de nuits sans sommeil...

A votre service,
Simone
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 10, 2008, 11:54 AM
J'ai hésité a poster ceci mais finalement elle dit des choses percutantes au sujet d'une certaine presse...

Le vendredi 25 janvier 2008
Bye bye mon cowboy

Nathalie Petrowski

La Presse

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/2770-Bye-bye-mon-cowboy.html

Il était beau. Il était jeune. Il avait du sex-appeal. Mais surtout il avait du talent. À 28 ans, avec à peine une dizaine d'années de métier dans le corps, Heath Ledger avait déjà accédé à un niveau de jeu et d'intériorité que des acteurs deux fois plus vieux n'ont jamais atteint. Son avenir était des plus prometteurs et, pourtant, il a pris fin abruptement, mardi.

Ce jour-là, Heath Ledger, le cowboy tourmenté et ombrageux de Brokeback Mountain, est entré dans la même triste légende inventée par James Dean et rejouée en boucle, génération après génération, par une longue liste de jeunes désespérés dont l'ascension fut aussi fulgurante que la chute prématurée.

Sa mort, d'un impossible cocktail de médicaments, a pris tout le monde au dépourvu. Un peu comme si Ledger avait coupé la file et battu à la ligne d'arrivée toutes les causes perdues et célèbres dont on a mille fois rédigé la chronique nécrologique.

Pourtant, avec sa virilité rugueuse mais vulnérable, avec son sourire timide, ses manières tranquilles et discrètes et sa répugnance à nourrir le monstre médiatique, Heath Ledger ne présentait aucun des signes avant-coureurs permettant de croire qu'il était au bord du désespoir, et qu'il allait bientôt en crever.

On ne l'a jamais vu errer en sang et en haillons dans la rue comme Amy Winehouse, ni conduire en état d'ébriété ou tituber jusqu'à la première clinique de désintox. Alors quoi? Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et il est mort paisiblement dans son sommeil comme l'affirmait son père dans un communiqué?

Non évidemment. Depuis sa mort, des rumeurs ont commencé à filtrer, toutes pointant vers un mal de vivre, des tourments intérieurs, une vie privée en lambeaux et des peurs amplifiées par la pression du succès qu'il fuyait dans les paradis artificiels de l'alcool et de l'héroïne.

Peut-être ces rumeurs ne sont-elles que les fabulations d'une presse en mal de sensations. Chose certaine, on ne meurt pas à 28 ans dans un chic loft de SoHo de façon purement accidentelle. On ne voulait peut-être pas mourir, on ne l'avait peut-être pas planifié, mais si on finit par trouver la mort, c'est qu'on la cherchait. Une force nous poussait obstinément vers elle.

Pour tout dire, la mort de Heath Ledger n'a rien de mystérieux. Ce qui l'a tué, dans le fond, ce ne sont pas tant les médicaments, la drogue, l'anxiété, l'insomnie et l'épuisement. Le vrai tueur, c'est la machine qui l'a mené à ce cocktail: la machine qui produit du rêve à la chaîne, mais surtout celle qui fait vendre ce rêve, qu'il l'amplifie, qui le démultiplie, qui le «défuntifise».

La machine qui brouille les frontières entre le rêve et la réalité, entre le public et le privé et qui force les acteurs d'aujourd'hui à jouer 24 heures sur 24, sous le regard de caméras qui n'ont rien à voir avec le cinéma et tout avec la surveillance.

Cette machine-là se déploie aujourd'hui dans toute sa formidable horreur sur le Net, où même pas une heure après que Heath Ledger eut été trouvé sans vie par sa femme de ménage, sa mort était annoncée en exclusivité sur TMZ, le site des vautours et des fossoyeurs de stars.

Depuis mardi soir 18 h 30, sur le même site mais aussi sur tous les autres, on peut voir ad nauseam le vidéo du corps de Ledger, triste paquet enveloppé dans un sac noir qui sort sur une civière au son assourdissant des flashs qui crépitent, alors que la meute médiatique se bouscule et se pousse en criant «Body, Body, Body.» «Combien tu crois qu'on peut faire de fric avec ça?» demande un photographe à son voisin.

Et quand ce n'est pas la vidéo de son cadavre, c'est celui des entrevues perdues et subitement retrouvées où Ledger apparaît confus, agité, où il se trémousse sur sa chaise et se gratte les bras comme un junkie. Cette machine-là, que Ledger avait plus ou moins réussi à contrôler de son vivant, est déchaînée maintenant qu'il est mort.

Dans une entrevue réalisée pendant le tournage de The Patriot, il y a près de 10 ans, Mel Gibson se disait épaté par la force de caractère de son jeune camarade de jeu. «Il a vraiment les pieds sur terre et une maturité que je n'avais jamais à son âge. Je ne suis vraiment pas inquiet pour lui», disait-il.

Mel s'est trompé. Heath Ledger avait peut-être une grande force de caractère, mais elle cachait une extrême vulnérabilité. Son drame, c'est de s'être aventuré dans la machine à fabriquer des stars sans savoir que c'était aussi une machine à broyer la sensibilité.
 
 
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Feb 10, 2008, 12:18 PM
Merci Pierre d'avoir publié cet article...Mais que dire, comment réagir à tout cela  :s)
J'ai lu ici plusieurs autres articles dans le même genre qui tentent d'expliquer les causes de cette fin tragique et prématurée...

Personne n'a le droit de spéculer sur les états d'âme de Heath Ledger, PERSONNE (tu le sais aussi), sauf lui.  Malheureusement, il nous a quittés et n'a plus droit à la parole...Alors, n'écoutons pas les élucubrations de nos journalistes et autres pseudo-analystes qui ne l'ont pas intimmement connu.

J'ai lu (ente-autres articles) que son difficile rôle du Joker l'avait épuisé au point qu'il en avait perdu le sommeil, qu'il passait ses nuits à s'entraîner au rire diabolique de son personnage au point d'en souffrir d'un dédoublement de personnalité...Il avait une conscience professionnelle qui le bouffait...Bon, et alors, on ne sait pas ce qui s'est réellement passé...Pauvre Heath, destin brisé  dit le magazine "Studio" dont je publierai bientôt une copie ici.

 :ghug:  Simone
Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Feb 10, 2008, 12:22 PM
A mon avis, tu a bien fait à le poster et personnellement je t'en remercie Pierre.
Je crois, de ma part, qu'il y a profondément de la vérité en ce qu'il essaie de nous
faire comprendre...une haute sensibilité chiffonnée et broyée par le système des étoiles
hélas pas celles qui brillent dans le ciel car lui c'était une de ces dernières... :-\\
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Feb 10, 2008, 12:33 PM
A mon avis, tu a bien fait à le poster et personnellement je t'en remercie Pierre.
Je crois, de ma part, qu'il y a profondément de la vérité en ce qu'il essaie de nous
faire comprendre...une haute sensibilité chiffonnée et broyée par le système des étoiles
hélas pas celles qui brillent dans le ciel car lui c'était une de ces dernières... :-\\

Une étoile qui brillera ailleurs pour toujours  O0
Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Feb 10, 2008, 12:43 PM
Une étoile qui brillera ailleurs pour toujours  O0


Oui...la mort l'a rendu éternel comme l'amour entre Ennis et Jack.....
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Feb 10, 2008, 12:51 PM

Oui...la mort l'a rendu éternel comme l'amour entre Ennis et Jack.....

Eternel comme certaines amours, éternel tant que quelqu'un pensera à lui et nous somme là pour cela  :ghug:
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 10, 2008, 12:58 PM
Heu, puis je suggérer le chat français les amis ???

Merci!  ^f^
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Feb 10, 2008, 01:01 PM
Heu, puis je suggérer le chat français les amis ???

Merci!  ^f^

 :clap:  Mon grand, on t'y attend  ^f^
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Feb 15, 2008, 02:26 AM
??? :)  :\'(

Surprise!

Source:  Cyberpresse (La Presse, le premier quotidien français d'amérique... et mon journal préféré   :*( )

Page web:  www.cyberpresse.ca

Quels sont les plus beaux films d’amour à voir à deux à l’occasion de la Saint-Valentin (ou lorsque le coeur vous en dira)? Mon cinéma a puisé dans ses souvenirs et vous dresse une liste non exhaustive de ses vingt longs métrages préférés.

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/nouvelles/nouvelle-cinema/3036-Les-plus-beaux-films-drsquoamour.html

1) Brokeback Mountain, 2005, Réalisé par Ang Lee. Avec Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams, Anne Hathaway et Randy Quaid.

L’histoire d'amour déchirante, étalée sur deux décennies, entre deux cow-boys intérieurement égarés qui, pendant 20 ans, ne sauront jamais comment «gérer» leur liaison.

2) City of Angels (La cité des anges), 1998, Réalisé par Brad Silberling. Avec Nicolas Cage, Meg Ryan et Colm Feore.

Un ange fait la rencontre d’une chirurgienne désemparée qui est la seule à voir sa présence. Ils font connaissance et comprennent qu’ils sont faits l’un pour l’autre.

3) Dirty Dancing (Danse lascive), 1987, Réalisé par Emile Ardolino. Avec Jennifer Grey et Patrick Swayze.

En 1963, une jeune fille issue d’une famille riche passe ses vacances d’été avec sa famille où elle fait la connaissance d’un professeur qui l’initiera à la danse et à l’amour.

4) Docteur Zhivago, 1965, Réalisé par David Lean. Avec Omar Sharif, Julie Christie, Geraldine Chaplin et Alec Guinness.

Les tribulations d'un jeune médecin dans le cadre de la révolution russe.

5) Four Weddings and a Funeral (Quatre mariages et un enterrement), 1994, Réalisé par Mike Newell. Avec Hugh Grant, Andie McDowell, Kristin Scott Thomas.

Charles est obnubilé par Carrie, une séduisante Américaine qu'il rencontre régulièrement lors de mariages et à un enterrement.

6) Ghost (Mon fantôme d’amour), 1990, Réalisé par Jerry Zucher. Avec Demi Moore et Patrick Swayze.

Sam et Molly s’aiment passionnément. Mais leur destin bascule lorsque Sam est abattu dans la rue. Il deviendra un fantôme et reprendra contact avec celle qu’il aime.

7) Gone with the Wind (Autant en emporte le vent), 1939, Réalisé par Victor Fleming. Avec Vivian Leigh, Clark Gable et Olivia de Havilland.

Les manoeuvres d'une jeune Sudiste égoïste et ambitieuse dans le cadre de la guerre de Sécession.

8. In the Mood for Love, 1995, Réalisé par Wong Kar-Wai. Avec Maggie Cheung et Tony Leung.

Deux couples emménagent le même jour dans leur nouvel appartement. La femme du premier couple vivra une idylle secrète avec l’homme du second couple.

9) Love Actually (Réellement l’amour), 2003, Réalisé par Richard Curtis. Avec Hugh Grant, Colin Firth, Liam Neeson, Emma Thompson, Keira Knightley, Laura Linney et Alan Rickman.

Plusieurs chassés-croisés amoureux se déroulent en Angleterre à quelques semaines de Noël.

10) Love Story (Une histoire d’amour), 1970, Réalisé par Arthur Hiller. Avec Ali MacGraw et Ryan O’Neal.

Très amoureux, Olivier et Jennifer se marient sans le consentement du père d’Olivier. Privés de l’aide financière du richissime paternel, ils doivent lutter pour payer les frais relatifs à la leucémie d’Olivier.

11) Moulin Rouge, 2001, Réalisé par Baz Lurhmann. Avec Nicole Kidman, Ewan McGregor, John Leguizamo et Jim Broadbent.

L’histoire d'amour entre Christian, un poète anglais sans le sou et Satine, une danseuse de cabaret qui vit la grande vie d'une fille de petite vertu puisqu'elle vend ses charmes aux riches seulement.

12) Nothing Hill, 1999, Réalisé par Roger Michell. Avec Julia Robert et Hugh Grant.

La vie d’un simple libraire change du tout au tout lorsque la célèbre actrice Anna Scott vient acheter un livre à sa librairie et tombe en amour avec lui, pour le meilleur et pour le pire.

13) Out of Africa, 1995, Réalisé par Sydney Pollack. Avec Meryl Streep, Robert Redford et Klaus Maura Brandauer.

En 1913, en Afrique, une riche Danoise, séparée de son mari, se met à cultiver du café et à sympathiser avec un chasseur anglais dont elle tombe amoureuse.

14) Pretty Woman (Une jolie femme), 1990, Réalisé par Gary Marshall. Avec Julia Roberts et Richard Gere.

Un homme d’affaires prospère rencontre par hasard à son hôtel une prostituée qui arpente chaque soir les trottoirs d’Hollywood Boulevard. Même si tout les sépare, ils vivront une semaine haute en émotions.

15) Sleepless in Seattle (La magie du destin), 1993, Réalisé par Nora Ephron. Avec Tom Hanks, Meg Ryan, Bill Pullman et Rosie O’Donnell.

Convaincue qu'il est l'homme de sa vie, une journaliste de Baltimore cherche à rencontrer un veuf de Seattle qu'elle a entendu dans une tribune téléphonique.

16) The Bridges of Madison County (Sur la route de Madison), 1995, Réalisé par Clint Eastwood. Avec Clint Eastwood et Meryl Streep.

Pendant l’absence des siens, uns mère de famille habitant la campagne vit une intense passion amoureuse avec un photographe.

17) The English Patient (Le patient anglais), 1996, Réalisé par Anthony Minghella. Avec Kristin Scott-Thomas, Ralph Fiennes, Juliette Binoche, Willem Dafoe, Colin Firth et Naveen Andrews.

En 1942, une infirmière ébranlée par les horreurs de la guerre soigne un pilote blessé qui se remémore un grand amour récent ayant connu une fin tragique.

18) The Notebook (Les pages de notre amour), 2004, Réalisé par Nick Cassavetes. Avec Gena Rowlands, James Garner, Ryan Gosling et Rachel McAdams.

Un homme âgé s'installe jour après jour près d'une femme âgée qui a perdu la mémoire et lui lit une histoire écrite à la main dans un cahier, celle de l'amour passionné qu'ont vécu un jeune homme et une jeune femme.

19) Titanic, 1997, Réalisé par James Cameron. Avec Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Kathy Bates et Bill Paxton.

Rose s'embarque avec sa famille sur le Titanic pour regagner l'Amérique. Sur le bateau, elle fait la connaissance de Jack, un jeune artiste. Mais le bonheur sera de courte durée, car le bateau, que l’on dit insubmersible, sombrera sur un iceberg.

20) When Harry Met Sally (Quand Harry rencontre Sally), 1989, Réalisé par Rob Reiner. Avec Billy Crystal, Meg Ryan et Carrie Fisher.

Une amitié de longue date entre un homme et une femme est remise en question quand ils vivent ensemble une aventure amoureuse d'un soir.
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Feb 15, 2008, 02:43 PM
 :clap:, belle surprise en effet  ^f^.

J'aurais mis en seconde place : "Sur la route de Madison".
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Apr 08, 2008, 02:15 PM
Pour vous voici un lien qui vous mènera tout droit vers un article de la libre Belgique (journal) sur la carrière de notre regretté Heathcliff Ledger :

http://www.web-libre.org/dossiers/heath-ledger,3982.html
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jul 12, 2008, 12:00 PM
Aussi bien poster çà ici/Better post this here

Le samedi 12 juillet 2008

The Dark Knight: entre Ledger et le Joker

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/entrevues/entrevue/4963-iThe-Dark-Knighti-entre-Ledger-et-le-Joker.html

Sonia Sarfati


La Presse
Beverly Hills

(http://i63.photobucket.com/albums/h137/chameau_7/Ennis2/joker-1.jpg)


Heath Ledger est mort le 22 janvier. Quelques mois auparavant, des photos de lui dans la peau du Joker avaient commencé à circuler, et laissaient présager une performance mémorable. Elle l'est. Il était impossible qu'elle ne soit pas de toutes les rencontres de presse tenues dans les semaines précédant la sortie de The Dark Knight. Ceux qui ont côtoyé l'acteur sur le plateau et le réalisateur qui l'y a dirigé avaient des réponses à donner. Peut-être pas celles que l'on imaginait...


«La chose la plus triste, c'est qu'il ne puisse être là pour vous en parler lui-même.» En disant cela, Gary Oldman - qui, dans The Dark Knight, reprend le rôle du lieutenant James Gordon qu'il campait déjà dans Batman Begins - se fait un peu le porte-parole de tous les artisans du film de Christopher Nolan que La Presse a rencontrés à Beverly Hills en vue de la sortie du long métrage tant attendu.
Heath Ledger, qui a succombé le 22 janvier à une surdose accidentelle de médicaments, était en effet de toutes les rencontres de presse. Et sa disparition tragique n'est pas la seule raison de cet intérêt: l'acteur australien âgé de 28 ans au moment de sa disparition serait encore parmi nous qu'il aurait été le principal sujet des entrevues. Le ton aurait été autre, mais la fascination n'aurait pas été moindre. Quiconque a vu The Dark Knight (c'était le cas des journalistes présents) le confirmera: son interprétation du Joker est de celles qui passent à l'histoire.
Les photos, les affiches et les bandes-annonces donnent un aperçu de cette performance... dont l'impact est multiplié par dix lorsque vue en contexte. Dans le film. Parce qu'au-delà de la performance du comédien, il y a l'écriture du personnage. Les deux donnent froid dans le dos. C'est voulu.
«Pour ce rôle, Heath a cherché et trouvé une «fréquence» et il l'a parfaitement syntonisée, poursuit Gary Oldman. C'est arrivé pour Al Pacino dans Dog Day Afternoon, pour Jack Nicholson dans One Flew Over the Cuckoo's Nest.» «Et quand on voit quelque chose comme ça se produire, c'est... c'est incroyable. Vous savez, sur les plateaux, les gens sont souvent blasés. Ils en ont vu d'autres. Là, toute l'équipe était électrifiée par Heath. Tout le monde voulait voir ce qu'il faisait», ajoute Aaron Eckhart qui, lui, incarne un nouveau venu sur la planète Batman/Nolan, le procureur général Harvey Dent qu'une tragédie - une autre, il y en a plusieurs dans l'histoire de David S. Goyer et Christopher Nolan que ce dernier a scénarisée avec son frère, Jonathan - transforme en Two-Face.
Une scène mémorable met alors en présence les deux acteurs, dans un hôpital. «Un moment extraordinaire, se souvient Aaron Eckhart. Au fil du tournage, nous avions commencé à nous découvrir dans la salle de maquillage, au petit matin, parce que nous ne nous connaissions pas avant. Nous n'avons pas répété cette scène en particulier mais quand il a commencé à faire son truc, j'étais toujours le comédien en face de lui mais aussi, un fan. C'était incroyable de le voir.»
Christian Bale, qui reprend ici le rôle de Bruce Wayne/Batman, a pour sa part été initié au Jocker de Heath Ledger dans une scène percutante (un euphémisme) se déroulant dans une salle d'interrogation: «J'ai vu et senti là l'engagement complet que Heath avait envers le Jocker. Je n'ai jamais vu un personnage aussi anarchique ou qui donne autant la chair de poule que celui-là. C'est un Jocker à saveur Clockwork Orange.»
Un personnage habitant un acteur, quoi. Totalement. Viscéralement. «C'est parce qu'il était un acteur sans peur et charismatique, un type ne faisant rien par vanité, pouvant plonger complètement dans son rôle, capable de prendre des risques - comme il en a pris avec Brokeback Mountain - que j'avais besoin de Heath pour reprendre ce rôle iconique qu'est celui du Joker», raconte le réalisateur Christopher Nolan. Il avait l'acteur en tête avant même que le scénario ne soit écrit.
Ils se sont rencontrés. Ont parlé. Ont partagé leur vision du personnage. Elle était la même. Celle du pire des ennemis. L'incarnation de l'anarchie la plus pure, le porteur du chaos total. Un criminel qui n'a aucun but sinon celui de faire le mal. De fouiller l'âme des autres pour trouver la faille et, à partir de là, y planter son couteau - littéralement et métaphoriquement. «C'était troublant de voir qu'un tel monstre pouvait être créé par une personne aussi gentille», laisse tomber le réalisateur. «Il a fait pour ce film quelque chose de complètement original et quand ça arrive, ça teinte tout le monde autour», assure Maggie Gyllenhaal qui remplace Kathy Holmes dans le rôle de Rachel Dawes.
Mais, comme les autres membres de l'équipe, elle ne croit pas que le Joker ait «contaminé» Heath Ledger. Et Aaron Eckhart de se souvenir du tournage de The Dark Knight comme d'«un plateau où les enfants étaient très présents dans les conversations: Chris est devenu papa pour une troisième fois pendant le tournage, Maggie avait accouché quelques mois plus tôt, Gary a trois fils et Heath nous parlait et nous montrait souvent des photos de sa petite fille.» «Parce qu'il est mort, les gens voudraient une histoire triste, ajoute Gary Oldman. Mais entre les prises, il était lui-même, un garçon formidable qu'il était très facile d'aimer.» The Dark Knight lui est d'ailleurs dédié. Parce que l'acteur a apporté, beaucoup, à ce film. L'homme aussi,
The Dark Knight prend l'affiche le 18 juillet, en anglais et en français (Le chevalier noir)


Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Jul 12, 2008, 12:28 PM

Mais entre les prises, il était lui-même, un garçon formidable qu'il était très facile d'aimer


Je comprends ça tout à fait.
Merci Pierre pour ce post très intéressant.
Title: Re: French reviews
Post by: pierralex on Jul 12, 2008, 05:23 PM
Très bel article, merci cham :^^) :ghug:
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Jul 14, 2008, 12:42 AM
http://www.evous.fr:80/cinema/The-Dark-Knight-succes-annonce-et,821.html

Il mérite un Oscar posthume, celui qu'il aurait du avoir pour son rôle inoubliable dans BBM !
Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Jul 14, 2008, 12:46 AM
Merci d'avoir posté ce très bel article Pierre...Dommage que notre cher Heath ne soit plus là pour lire tous les éloges à son sujet....Et s'il savait combien nous, humbles brokies continuons à le rendre vivant !  :\'(.
 :ghug:
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jul 20, 2008, 07:22 AM
http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/critiques/critique-cinema/5038-iThe-Dark-Knighti--tragedie-superheroique.html

Le jeudi 17 juillet 2008
The Dark Knight : tragédie superhéroïque

(http://i63.photobucket.com/albums/h137/chameau_7/Ennis2/joker-1.jpg)
La performance de Heath Ledger dans le rôle du Joker est exemplaire. L’acteur impose d’emblée la folie du personnage, le trouble qu’il suscite aussi, sans ne jamais verser dans la caricature.

Marc-André Lussier

La Presse

Il y a trois ans, Christopher Nolan a fait renaître la franchise Batman de brillante façon avec Batman Begins. En s’attardant aux sombres origines du héros, l’auteur cinéaste avait fait basculer le genre dans le drame, octroyant à ses personnages une dimension tragique allant bien au-delà de la vision plus simpliste des adaptations  précédentes. Le postulat ayant déjà été bien installé, Nolan explore cet aspect avec encore plus d’acuité dans ce nouvel opus intitulé The Dark Knight (Le chevalier noir en version française).

Le résultat, franchement, impressionne.
Nolan a en effet su allier harmonieusement la notion de grand spectacle à la sophistication d’une véritable démarche d’auteur cinéaste.
Plongeant Gotham City dans une atmosphère très «post 11 septembre» (les vestiges d’un immeuble en ruines ne sont pas sans évoquer Ground Zero), Nolan s’attarde à décrire les jeux de pouvoirs qui s’exercent et se tiraillent entre des personnages qui, tous, devront remettre en question leurs propres valeurs morales.
Le lieutenant Gordon (Gary Oldman), stimulé par le dynamisme dont fait preuve le nouveau procureur Harvey Dent (Aaron Eckhart) dans la lutte contre la criminalité, croit pourtant pouvoir contrôler la situation. Au point où Bruce Wayne (Christian Bale), dont l’alter ego Batman suscite toujours des réactions ambivalentes dans la population, songe même à accrocher sa cape. Cette période d’accalmie pourrait ainsi lui permettre de reconquérir enfin le coeur de Rachel Dawes (Maggie Gyllenhaal prend le relais de Katie Holmes), l’assistante du procureur qui, manque de bol, entretient une liaison sentimentale avec Dent.
Évidemment, les crimes du Joker (Heath Ledger) changeront la donne. Le ton est d’ailleurs donné dès le prologue alors que des complices masqués aident leur chef au visage mutilé à dérober une somme astronomique dans une banque. Le caractère irrationnel et imprévisible du personnage est dès lors établi.

Le Joker emprunte en effet les allures d’un terroriste sans foi ni loi, sans aucune éthique. L’incarnation même de l’être diabolique, doté de cette faculté de confronter ceux qu’il rencontre à leurs propres insécurités, leurs propres failles.
Tout en ne ménageant pas les revirements, le scénario maintient un fil conducteur très cohérent, dans la mesure où chaque personnage est forcément entraîné vers ses propres zones d’ombre. Nolan, qui signe le scénario avec son frère Jonathan (David S. Goyer a participé à l’élaboration du récit), a ainsi eu l’intelligence de ne pas construire son histoire seulement autour de l’inévitable confrontation finale entre deux ennemis. À vrai dire, The Dark Knight est plus un film choral, l’auteur cinéaste prenant bien soin de soigner chacun des personnages. Évidemment, le fameux Joker se trouve ici à l’épicentre d’un séisme dont les effets traumatiques se feront sentir de façon tangible. La performance de Heath Ledger est à cet égard exemplaire. L’acteur impose d’emblée la folie du personnage, le trouble qu’il suscite aussi, sans ne jamais verser dans la caricature. À l’aspect plus clownesque qu’avait donné Jack Nicholson au personnage sous la direction de Tim Burton, Ledger oppose une approche plus tragique, dont l’effet glace le sang. Face à lui, tous les autres acteurs se maintiennent à la même hauteur en prenant le parti de la sobriété. Eckhart est particulièrement solide, tout comme Bale, Oldman, Michael Caine et Maggie Gyllenhaal.
La réussite de The Dark Knight tient aussi dans la maîtrise avec laquelle Chris Nolan mène les scènes d’action (les amateurs seront bien servis), mais également au fait qu’un souci de réalisme les anime.
Les images de synthèse se font discrètes, et les effets spéciaux ne donnent jamais dans la débauche. Ils servent plutôt admirablement le propos.
Un mot, enfin, sur les six scènes tournées en IMAX. Si vous avez l’occasion de voir le film sur un tel écran, n’hésitez pas. Ces séquences s’intègrent en effet magnifiquement dans la projection, et les transitions entre le format «normal» et le format IMAX se font le plus naturellement du monde. Indéniablement, il s’agit d’une valeur ajoutée. Les superbes images de Wally Pfister prennent ainsi une dimension rien de moins que grandiose.
Alors, Oscar ou pas? Compte tenu de la très grande qualité de cette superproduction, des nominations relèvent maintenant de l’ordre du possible. Quant au regretté Ledger, une sélection dans la catégorie de soutien semble maintenant aller de soi.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------
****
THE DARK KNIGHT (V.F.: Le chevalier noir). Drame d’aventures réalisé par Christopher Nolan. Avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal, Michael Caine. 2h32.
Batman s’allie aux autorités afin de combattre un voleur de banque aliéné qui met Gotham City à feu et à sang.

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jul 20, 2008, 07:50 AM
http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1&section=7&article=59392

The Dark Knight
Gotham brûle-t-il?


Le 17 juillet 2008

Kevin Laforest

Voir, Montréal

(http://i63.photobucket.com/albums/h137/chameau_7/Ennis2/45494_5.jpg)

Dans The Dark Knight, de Christopher Nolan, Batman confronte un Joker plus terrifiant que jamais.
 
S'il existe encore des gens qui considèrent que les films de super-héros forment un genre mineur, cette suite à Batman Begins devrait les convaincre une fois pour toutes que ce n'est pas le cas. The Dark Knight est un conte moral ambitieux et complexe, qui multiplie les revirements imprévisibles, ne fait aucun compromis, et évoque autant l'actuelle guerre au terrorisme que la Rome antique aux prises avec les invasions barbares.
Est-il possible de demeurer honorable lorsqu'on fait face à des circonstances hors de tout entendement? Telle est la question au coeur du film et, pour tenter d'y répondre, le scénariste et réalisateur Christopher Nolan a élaboré un récit qui prend la forme d'une partie d'échecs, où les figures-clés seraient le cavalier (ou chevalier) noir, le cavalier blanc et... le fou.
Ainsi, Batman (Christian Bale) fait la rencontre du procureur général Harvey Dent (Aaron Eckhart) qui, lui aussi, tient tête aux criminels de Gotham City, mais en faisant usage de la loi plutôt que de violence. Mais avant que Bruce Wayne ne puisse vraiment considérer l'idée d'accrocher sa cape, le Joker (Heath Ledger) vient changer la donne du tout au tout. N'aspirant ni à la richesse ni au pouvoir, et préconisant des méthodes aussi cruelles qu'inhabituelles, le clown psychopathe veut le chaos, rien d'autre. Batman et Dent devront-ils délaisser leurs principes et se rabaisser au niveau du Joker pour en venir à bout?
Bien que Bale et Eckhart y soient excellents, tout comme Gary Oldman en lieutenant Gordon, Michael Caine en Alfred et Morgan Freeman en Lucius Fox, The Dark Knight est indéniablement dominé par la présence de Heath Ledger, et pas seulement parce que c'est le dernier rôle qu'il a complété de son vivant. Incarnant non pas un Joker cabotin semblant tout droit sorti d'un party hollywoodien comme Jack Nicholson dans le film de 1989, mais un Joker déstabilisant au possible qui a l'air d'avoir passé la dernière année à dormir sous un pont, le défunt acteur australien livre une performance à glacer le sang, destinée au panthéon des méchants les plus mémorables de l'histoire du cinéma.
Pour sa part, Nolan repousse les limites du genre avec ce film qui carbure autant aux idées provocantes qu'à l'adrénaline. Une réussite sur tous les fronts, à voir absolument.
À voir si vous aimez /
Se7en de David Fincher, Cape Fear de Martin Scorsese, The Prestige de Christopher Nolan
   

Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jul 20, 2008, 10:01 AM
HTTP://WWW.CANOE.COM/DIVERTISSEMENT/CINEMA/DOSSIERS/2008/07/10/6123206-JDM.HTML

BATMAN: LE CHEVALIER NOIR

La dernière carte de Heath Ledger

Maxime Demers
Le Journal de Montréal

12-07-2008 | 04h00

(http://i63.photobucket.com/albums/h137/chameau_7/Ennis2/ledger.jpg)
Heath Ledger incarne le Joker dans The Dark Knight (Le Chevalier noir)

Son nom était sur toutes les lèvres et pas seulement parce que son décès tragique confère un caractère mythique à son interprétation du Joker. La vraie raison, c’est que Heath Ledger est la véritable grande vedette de The Dark Knight.
C’est son partenaire de jeu Christian Bale qui a le mieux résumé la situation en cette journée traditionnelle promotionnelle, il y a deux semaines à Los Angeles: «J’aurais tant aimé qu’il soit là aujourd’hui avec nous pour parler du film...» a admis, les yeux baissés, l’interprète de Batman, apparemment encore troublé par le départ subit de Ledger.


Rappelons que The Dark Knight (Le Chevalier noir) passera à l’histoire comme le film dans lequel Heath Ledger aura eu son dernier grand rôle avant sa mort (survenue en janvier dernier à la suite d’une overdose de médicaments). Une performance brillante et troublante qui pourrait, selon beaucoup, lui valoir une nomination aux Oscars l’an prochain.

MACABRE, SOMBRE ET TERRIFIANT

Dans The Dark Knight, Ledger campe donc un Joker cent fois plus macabre, sombre et terrifiant que celui joué par Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton (en 1989). Avec son maquillage déformé, sa démarche lancinante et son comportement ultra-violent et imprévisible, le Joker de Ledger nous glace le sang et nous fait frissonner à chacune de ses présences.
«Ce film est, en quelque sorte, une célébration de son talent», illustre Christian Bale, qui avait déjà côtoyé Ledger sur le plateau de tournage de I’m Not There (dans lequel ils campent tous les deux Bob Dylan à différentes périodes de sa vie).
«Je savais dès le début que Heath voulait offrir un portrait très différent du Joker, mais personne n’aurait pu imaginer qu’il livrerait une performance aussi mémorable, a-t-il ajouté. Son Joker en est un carrément iconique. Il a complètement réinventé le personnage en lui apportant un côté punk-anarchiste- Orange Mécanique terrifiant. Il est tellement bon que ça pourrait causer des problèmes pour la suite. Je vois mal en effet comment Christopher Nolan pourrait trouver un méchant aussi bon dans pour le troisième film...»
C’est Ledger lui-même qui a approché le réalisateur Christopher Nolan pour lui proposer de jouer le Joker. Le nom de l’acteur de Brokeback Mountain ne figurait pas sur la courte liste de candidats potentiels de Nolan.

«Lors de ma première rencontre avec lui, il est arrivé avec énormément d’idées sur comment ce personnage parlait, comment il bougeait, se déplaçait, relate le cinéaste. Il s’était très bien préparé. C’est dans ce premier meeting que j’ai eu avec lui que j’ai su que j’avais mon Joker.
«Dès le départ, Heath voulait faire balancer le côté iconique avec le côté humain du personnage. Il ne voulait pas l’humaniser, mais il voulait montrer le côté humain derrière son aspect démoniaque et terrifiant. Et c’est ce qui fait, je crois, en bout de ligne, la force de son interprétation.»

ÉLECTRIFIANT

Sur le plateau de The Dark Knight, Ledger a impressionné ses pairs par son sérieux, sa concentration et son intensité.
«Tout le long du tournage, il a gardé le Joker très près de lui, raconte Aaron Eckart. Il électrisait le plateau et gardait continuellement le personnage en vie en restant concentré et en se parlant à luimême. Tout le monde le regardait faire et était fasciné par sa façon de travailler. Il était imprévisible comme acteur.»
«Le premier jour que j’ai travaillé avec lui sur le plateau, j’ai su qu’il y avait quelque chose de spécial dans sa performance», a indiqué pour sa part Oldman.
«Parfois, les acteurs s’investissent tellement dans leur personnage qu’ils mettent le doigt sur ce truc spécial qui leur permet de livrer une performance inoubliable. C’était le cas, par exemple, de Jack Nicholson dans Vol au-dessus d’un nid de coucou et de Robert De Niro dans Raging Bull. Et je crois que le Joker sera la même chose dans la carrière de Heath.»

DRÔLE ET JOYEUX

Enfin, pour ceux qui croyaient que son personnage du Joker l’avait tourmenté au point de devenir dépressif, sachez que tous gardent le souvenir d’un jeune homme drôle et joyeux.
«Il était bon pour trouver la réalité derrière un personnage, mais aussitôt que la caméra s’éteignait, c’était un gars très simple, de bonne humeur, pas torturé du tout», précise Christopher Nolan.
«Le vrai Heath était loin du Joker. Ça prouvait d’ailleurs à quel point il était un bon acteur, capable de jouer si bien un personnage si différent de lui.»




Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jul 20, 2008, 10:50 AM
Vous trouverez sur ce lien la critique de Marc-André Lussier en vidéo:

http://moncinema.cyberpresse.ca/bandes-annonces/visionner/798-Le-chevalier-noir.html
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Jul 20, 2008, 05:13 PM
http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/cinema/2008/07/17/001-batman-critique.asp

Le nouveau Batman

The Dark Knight: noir

Une critique de Michel Coulombe
Radio-Canada


Noir. Le mot résume bien le tout dernier film de Chistopher Nolan.

Les derniers mots qu'on y prononce sont d'ailleurs « Chevalier noir ». Batman.

Le sombre super héros s'entête à faire le bien dans un monde de plus en plus chaotique.

(http://i63.photobucket.com/albums/h137/chameau_7/misc/batpod.jpg)

À ses risques et périls...

Dans ce film, d'une durée de 142 minutes, Batman affronte un redoutable adversaire dont on avait annoncé l'apparition à la fin de l'épisode précédent. Le Joker.

Clown psychopathe...

Un psychopathe au visage peint qui n'a rien d'un clown. À lui seul, il terrifie les chefs de la mafia de Gotham, le double de Chicago. C'est dire. De plus, il paraît bien décidé à mettre Batman hors service.

D'ailleurs, il tuera sauvagement tant et aussi longtemps que l'homme chauve-souris n'aura pas laissé tomber le masque. Tant qu'il n'aura pas montré son visage. Sauver des vies? Révéler son identité? Batman doit choisir.

Dilemme.

Batman Begins marquait la renaissance de Batman. Sa réapparition au grand écran sous un nouveau visage. Celui de Christian Bale. Impressionnant.

...travail d'acteur

Le deuxième épisode de la série est, lui, complètement dominé par Heath Ledger. Feu Heath Ledger.

L'acteur compose un Joker à l'opposé de celui qu'a interprété Jack Nicholson, il y a une vingtaine d'années.

Ce Joker nouvelle manière est un homme blessé. Un fou furieux. Un tueur imprévisible.

Un criminel sans pouvoir apparent qui n'en demeure pas moins très inquiétant.

La preuve, c'est qu'il paraît encore plus terrifiant lorsqu'on le met derrière les barreaux...



(http://i63.photobucket.com/albums/h137/chameau_7/Ennis2/joker-1.jpg)
Heath Ledger joue le Joker

Du travail d'acteur comme on n'en voit pas tous les jours.

Le pouvoir de la volonté

Dans The Dark Knight, le politique, la finance et le crime organisé sont intimement liés. Indissociables constituantes d'une ville à deux doigts du chaos. La violence s'y conjugue au quotidien.

Pourtant, il y a beaucoup plus à voir que tous ces meurtres. Ou même que le pouvoir de l'argent que l'on brûle par millions pour bien affirmer que le véritable pouvoir se trouve ailleurs.

Ce qui importe, c'est d'imposer sa volonté. Sans quoi il faut savoir faire des choix. Même lorsqu'ils paraissent impossibles. Des choix qui font surgir de nombreuses questions. Qui est-on? Que veut-on? Que priorise-t-on? Quelle idée se fait-on de la justice? Qui accepte-t-on de perdre? Puisqu'il faut s'y résoudre.

Attention! films tordus...

Si les films de super héros ressemblaient tous à ceux, tordus, de Christopher Nolan, le genre serait beaucoup mieux fréquenté. En contrepartie, les habitués de salles obscures, bien qu'admiratifs et scotchés à leur siège, feraient d'excellents candidats à la paranoïa! Petites natures s'abstenir.

Batman begins est un excellent film. The Dark Knight, un film encore meilleur.

On attend la suite



Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Jul 21, 2008, 06:57 AM
Merci pour tous ces articles Pierre ; que d'éloges !  Quel bel héritage il nous a laissé  <^(.

Un article paru dans "Le Monde", voici le lien :

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-36263924,0.html
Title: Re: French reviews
Post by: chameau on Dec 29, 2009, 09:30 PM
C'est le temps de l'année où lon fait des listes et c'est aussi le temps de la fin d'une décennie ou on regarde les dernières dix années.

Marc André Lussier du quotidien Montréalais La Presse, est mon critique préféré.  J'ai toujours partagé ses goûts et dégoûts...   Alors pour moi, pas de surprise. :)

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/10371-une-sacree-belle-decennie.html (http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/10371-une-sacree-belle-decennie.html)

Une sacrée belle décennie

Choisir 10 films parmi les quelques milliers visionnés en 10 ans? Vous voulez rire? Mais puisque vous insistez, allons-y. On révise nos notes, on ressort toutes nos listes. On pense à ces oeuvres phares que nous ne nous lassons jamais de revoir. On retient des titres, on en élimine d'autres. C'est souvent déchirant. Et on accouche finalement de cette liste. Du coup, l'envie de revoir tous ces films se manifeste. Là, tout de suite. Quoi qu'on en dise, nous avons eu droit à une sacrée belle décennie de cinéma.

1. Brokeback Mountain d'Ang Lee (2005)   :clap:

C'est le film que tout le monde appelait le «film de cow-boys gais». Quand on l'a enfin vu, nous nous sommes pourtant tous rendu compte à quel point cette histoire déchirante dépassait de loin la simple dimension sexuelle. Ang Lee a réussi - c'est un rare tour de force - à enrichir la nouvelle d'Annie Proulx en y ajoutant une dimension mythique, laquelle donne au récit un caractère encore plus émouvant. Le regretté Heath Ledger et Jake Gyllenhaal sont inoubliables dans ce qui reste le plus beau film d'amour de la décennie.

2. La mala educacion de Pedro Almodovar (2004)

J'aurais pu choisir Parle avec elle, auquel notre regretté collègue Luc Perreault avait accordé un 5 étoiles. J'aurais tout aussi bien pu choisir Volver, Almodovar ayant traversé cette décennie avec une grâce infinie. Mon choix s'est pourtant fixé sur La mauvaise éducation car ce film représente la part plus sombre, plus écorchée du cinéma d'Almodovar, entremêlant cette fois les thèmes de la religion et de la pédophilie. Maîtrise du récit, images somptueuses, interprétation inspirée de Gael Garcia Bernal dans le rôle d'un jeune homme qui se sert de sa séduction comme d'une arme fatale. Ce film est peut-être moins «aimable» que les autres, mais il n'en est pas moins remarquable.

3. Amores Perros d'Alejandro Gonzalez Iñarritu (2001)

Dès la première scène d'Amours chiennes, le cinéaste mexicain imposait d'emblée son style. Ancrant d'entrée de jeu son cinéma dans les années 2000, Alejandro Gonzalez Iñarritu a fait basculer le cinéma latino-américain dans la modernité. Divisé en trois chapitres, Amores Perros relate les parcours d'individus dont les destins n'auraient pas dû se croiser. Reprenant plus tard la formule du film choral dans 21 Grams et Babel, Iñarritu a construit l'une des oeuvres les plus emblématiques de cette décennie.

4. In the Mood for Love de Wong Kar-waï (2001)

Du cinéma en état de grâce. À ce jour, In the Mood for Love demeure l'oeuvre phare du cinéaste hongkongais Wong Kar-waï. Une esthétique parfaite encadre une histoire d'amour feutrée, magnifiquement incarnée par Maggie Cheung et Tony Leung Chiu waï. Un motif musical inoubliable (Shigeru Umebayashi), des atmosphères diffuses et nuancées, des images magnifiquement composées. Le plus «beau» film des 10 dernières années.

5. La graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche (2008)

L'approche sans esbroufe du cinéaste, et sa façon de traquer les instants de vérité en allant jusqu'au bout des scènes qu'il met en place, peut parfois aiguiser la patience de certains spectateurs. C'est pourtant dans cette insistance que le cinéma de Kechiche se révèle aussi riche sur le plan humain. À travers le parcours d'un vieil immigrant de la «première génération», le cinéaste dresse un portrait de société d'une justesse incroyable. Avec La faute à Voltaire et L'esquive, Kechiche a assurément marqué le cinéma des années 2000.

6. Le fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet (2001)

Au début de la décennie, nous avons tous craqué pour Amélie, ce petit bout de bonne femme de Montmartre qui, issue d'un milieu où la vie est si difficile que même les poissons rouges s'extirpent eux-mêmes de leur bocal pour se suicider, décide un jour de se faire marchande de bonheur pour son entourage. Parsemé de bouffées de tendresse, marqué par des traits de mise en scène aussi inventifs qu'étonnants, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain est un concentré de bonheur sur pellicule. Audrey Tautou a magnifiquement incarné cette fable des temps modernes.

7. Dancer in the Dark de Lars Von Trier (2000)

Von Trier ne serait probablement pas d'accord. Il préférerait assurément voir Dogville dans cette liste. Ou même Antichrist. À chaque visionnement, Dancer in the Dark me bouleverse pourtant toujours autant. Ce mélodrame, dans lequel une jeune ouvrière perdant la vue met toute son énergie pour trouver l'argent nécessaire afin de payer à son fils une intervention chirurgicale, est ponctué d'envolées mémorables. Comme il l'avait fait dans Breaking the Waves, Von Trier pousse l'émotion jusque dans ses derniers retranchements. La musique de Björk fait le reste.

8. La vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck (2007)

Dix-huit ans après la chute du mur de Berlin, Florian Henckel von Donnersmarck a proposé un film remarquable, dont l'intrigue est campée en Allemagne de l'Est en 1984, à une époque où personne ne pouvait encore deviner que la guerre froide tirait à sa fin. À travers l'histoire d'un dramaturge célébré par les autorités communistes, mais qui fait néanmoins l'objet d'une surveillance serrée, le réalisateur allemand brosse un portrait de société fascinant. Qui convainc évidemment par sa grande rigueur sur le plan politique, mais aussi, surtout, par son extrême délicatesse sur le plan psychologique. Das Leben der Anderen est une oeuvre majeure, collée à un chapitre sombre de l'histoire du XXe siècle.

9. Elephant de Gus Van Sant (2003)

Une journée dans la vie d'une école secondaire ordinaire américaine. Il ne s'y passe rien, en apparence. Patiemment, Gus Van Sant promène sa caméra sur tous ces petits détails qui construisent un quotidien. Des jeunes sans histoire, comme il en existe des milliers, des millions. De vrais ados. Qui jouent leur propre rôle. Deux d'entre eux s'enferment dans leur bulle. Dont ils ne sortiront jamais. Librement inspiré par la tuerie de l'école Columbine, Elephant évoque brillamment cet «éléphant dans le salon» qu'est le problème du désoeuvrement et de la violence chez les jeunes. On fut longtemps hanté par les visages de ces ouailles sacrifiées. Van Sant n'a pas volé sa Palme d'or au Festival de Cannes.

10. Bowling for Columbine de Michael Moore (2002)

Qu'on soit d'accord avec sa démarche ou pas, Michael Moore a sans contredit marqué le cinéma des années 2000. À l'instar d'Elephant, le documentaire Bowling for Columbine fut aussi inspiré par les événements tragiques survenus à l'école du Colorado. Dans ce film, Moore montre par l'absurde comment on entretient aux États-Unis une culture de la violence en instaurant un climat de paranoïa perpétuel. Le trublion brosse un portrait implacable de la société américaine, de la logique terrifiante qui l'anime, de ses modes de fonctionnement. Sa cible: la prolifération des armes dans les foyers. Les questions posées, bien que n'appelant pas de réponses, sont d'une effroyable pertinence. Moore a profondément influencé la forme du documentaire.

Pour joindre notre journaliste: mlussier@lapresse.ca


Title: Re: French reviews
Post by: titabeille on Jan 08, 2010, 02:26 PM
 O0 Merci Pierre pour cet article d'André Lussier, très bien écrit et fort judicieux  ^f^
Title: Re: French reviews
Post by: Mars on Jan 10, 2010, 03:42 AM

Une sacrée belle décennie

Choisir 10 films parmi les quelques milliers visionnés en 10 ans? Vous voulez rire? Mais puisque vous insistez, allons-y. On révise nos notes, on ressort toutes nos listes. On pense à ces oeuvres phares que nous ne nous lassons jamais de revoir. On retient des titres, on en élimine d'autres. C'est souvent déchirant. Et on accouche finalement de cette liste. Du coup, l'envie de revoir tous ces films se manifeste. Là, tout de suite. Quoi qu'on en dise, nous avons eu droit à une sacrée belle décennie de cinéma.

1. Brokeback Mountain d'Ang Lee (2005)   :clap:


Je retiens surtout ce titre!! O0